LA SITUATION SE DÉGRADE AU PDS


Le bras de fer se poursuit au Parti Démocratique Sénégalais (Pds) où désormais deux camps se sont formés, d’un côté les dirigeants et de l’autre les contestataires. Et toutes les tentatives de médiation amorcées jusque-là ont accouché d’une souris, avec à la clef une radicalisation de part et d’autre entre les «Karimistes» et les frondeurs.

Oumar Sarr et Cie ferontface à la presse demain, vendredi. Taxés de frondeurs, ils vont à coup sûr éclairer l’opinion sur les raisons qui les ont poussés à adopter une telle posture depuis la nomination du nouveau secrétariat national. Qualifiés également de «boudeurs» par certains Karimistes, Oumar Sarr et son camp disent être déçus par les nouvelles orientations du parti. Ils déclineront à coup sûr leur feuille de route pour combattre ce qu’ils considèrent comme une forfaiture. A en croire une source proche du maire de Dagana, ils (Ndlr ; frondeurs) attendaient un «Ndeup» collectif pour évaluer la dernière élection présidentielle, faire le bilan de la non participation du Pds au scrutin et tirer des conclusions. «Karim disait que s’il ne revenait pas participer au scrutin présidentiel qu’on le traite de lâche. Et finalement, personne ne l’a vu.

Donc, il aurait été plus sage de faire le bilan de tout ceci avant de procéder à des réformes», se désole notre interlocuteur qui a préféré garder l’anonymat. Toujours selon lui, avant une quel-conque restructuration du parti, il fallait d’abord établir un bilan exhaustif de tous les combats politiques menés jusque-là par le Parti Démocratique Sénégalais. «Mais rien de tout ça n’a été fait et ils veulent se lever du jour au lendemain pour nommer un nouveau secrétariat national», déplore-t-il. Pour Oumar Sarr et Cie, c’est Karim Wade le principal problème au PDS. «Nous nous sommes rendus compte qu’il a fait perdre le PDS en 2009 à Dakar lors des élections locales. C’est également à cause de lui et du projet de dévolution monarchique que le Président Abdoulaye Wade a perdu le pouvoir en 2012. Enfin, avec son absence, notre parti n’a pas participé à la présidentielle de 2019. Ettout ça devrait être évalué avant toute réforme», confesse notre informateur.

MEDIATION RATEE D’ AIDARA SYLLA

Toutefois, il ne demeure pas moins que de bonnes volontés, parmi lesquelles l’ancien député libéral Alioune Aidara Sylla, ont tenté en vain de rapprocher les deux parties. Et selon notre source, Aidara Sylla reconnu très proche du patriarche libéral et de Karim Wade n’a pu les concilier avec Oumar Sarr et Cie vu que de part et d’autre les différentes parties se sont radicalisées dans leurs positions. Mais, malgré les hostilités entre frères libéraux et la contestation du nouveau Se crétariat national, Oumar Sarr et Cie soutiennent qu’ils vont rester au PDS où ils comptent mener le combat jusqu’à obtenir satisfaction. Ils disent également que de nombreuses fédérations de la formation «Bleu jaune» ont adhéré à leur cause et rejoint la dynamique.

Pour l’heure, Karimistes et frondeurs se livrent un combat médiatique sans merci. Karim Wade et Oumar Sarr se mènent aussi une guerre par procuration en envoyant leurs lieutenants sur les plateaux de télévision de radio pour essayer de gagner la bataille de l’opinion. En plus de la décision des dissidents de rédiger des lettres pour renoncer aux postes qui leur sont dévolus par Me Abdoulaye Wade dans le nouveau secrétariat national, c’est AbdoulayeNguer Ba, un des fidèles d’Oumar Sarr qui est le plus en vue dans les médias. Pendant ce temps, dans le camp de Karim Wade, c’est Bachir Diawara et Lamine Ba qui sont envoyés au charbon pour défendre leur leader etjustifier la nomination d’un nouveau Secrétariat national. Ces derniers jouent ainsi les préliminaires en attendant certainement le coup de fouet du maitre.


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