OUSMANE TANIOR DIENG : Parcours d’un homme qui n’a connu que l’Etat et le Parti socialiste


Ousmane Tanor Dieng n’est plus. Le président du Haut Conseil des collectivités territoriales est décédé hier matin à Bordeaux. Le Sénégal a perdu un de ses plus illustres fils, l’Etat un grand serviteur et le Parti socialiste un leader toujours resté ferme sur ses principes. Retour sur plus de 40 ans de vie publique et politique d’un homme dont la trajectoire se confond avec celle de l’Etat et du Ps.
43 ans au service de l’Etat ! C’est le long et riche parcours d’Ousmane Tanor Dieng, diplômé de L’École nationale d’administration (Enam devenue Ena) et de l’École supérieure des travaux publics (Estp), qui a intégré la fonction publique en 1976, d’abord comme conseiller chargé des affaires internationales au ministère des Affaires étrangères (1976-78), ensuite, comme conseiller diplomatique auprès du Président Léopold Sédar Senghor (1978-81) et du Président Abdou Diouf (1981-88). Le Président Diouf avec qui il connaitra les sommets, entre 1988 et 1993, quand il a été nommé successivement directeur de Cabinet du chef de l’Etat, ministre-directeur de Cabinet du Président et ministre d’État, ministre des Services et des Affaires présidentiels.

Retour aux affaires sous Macky Sall, comme 3èmepersonnalité de l’Etat
Ayant quitté les fonctions étatiques après la perte du pouvoir et la première alternance démocratique au Sénégal, portée par Me Wade, Tanor est revenu aux affaires à la faveur de la seconde alternance, portée par le Président Macky Sall, dont il a été l’un des plus grand soutiens. Avec Macky Sall, il était devenu la 3èmepersonnalité de l’Etat, après sa nomination à la tête du Haut Conseil des collectivités territoriales. Ayant longtemps cheminé à la présidence de la République, Tanor Dieng a aussi connu l’Assemblée nationale. A la perte du pouvoir, en tant que député, il a dirigé le  groupe parlementaire Ps sous le régime de Wade.
Défini comme un véritable homme D’État, un homme attaché à ses principes et loyal, même ses adversaires politiques les plus chevronnés lui reconnaissent ces qualités et son dévouement au service de l’Etat. Cet État qu’il a servi jusqu’à sa mort (comme président du Hcct). 

Une ascension politique fulgurante et le poste de premier secrétaire du Ps sur un plateau d’argent
Au plan politique, Ousmane Tanor Dieng occupait le poste de premier secrétaire (secrétaire général) du Parti socialiste depuis mars 1996, à l’issue du fameux congrès sans débat, qui avait précipité les départs de Niasse, Djibo Kâ…. La même année, en septembre, il est élu vice-président de l’Internationale socialiste et président du comité Afrique de l’instance internationale, dont il a été auparavant membre du comité éthique. Une ascension fulgurante si l’on sait que c’est en 1988 seulement qu’il a intégré le Bureau politique du parti. Et au niveau local, c’est un an (1995) avant son accession à la tête du Ps qu’il a été élu à la tête de la coordination départementale de Mbour, de l’union des coordinations de Mbour et de l’union régionale de Thiès.

2 tentatives vaines de reconquête du pouvoir
Comme secrétaire général du Parti socialiste, le défi d’Ousmane Tanor Dieng, passé dans l’opposition en 2000, était de faire revenir le Ps au pouvoir. D’où sa candidature à la présidentielle de février 2007. Présenté comme l’un des plus sérieux challengeurs du Président Wade qui avait en vain essayé de le rallier à sa majorité, il n’a pu obtenir que 13,56% des voix. A la présidentielle de 2012, il se présente à nouveau, mais encore sans succès. Il fait d’ailleurs moins qu’en 2007, avec 11,3 % des voix. Disqualifié au second tour, il prend fait et cause pour le candidat Macky Sall, qui sera finalement vainqueur face à Abdoulaye Wade. Depuis lors, contre vents et marrées, il chemine aux côtés du Président Sall, au sein de la coalition présidentielle Benno Bokk Yakaar, dont le Partir socialiste constitue, avec L’Apr et l’Afp, l’un des trois piliers.

Un appel prémonitoire aux retrouvailles socialistes
Très contesté ces dernières années au sein du Ps, il laisse un parti miné par des querelles internes qui l’ont déjà fortement affaibli. En effet, plusieurs ténors sont partis, à l’image d’Aïssata Tall Sall, Khalifa Sall, qui ont emporté avec eux des pans entiers du Ps. Et l’affaire de la caisse d’avance de la mairie de Dakar qui vaut à Khalifa Sall d’être emprisonné, ne l’a pas laissé indemne, car beaucoup de partisans de l’ancien maire de Dakar l’associent au «complot» contre leur leader. D’ailleurs, dans sa dernière sortie comme secrétaire général du Ps, en mars dernier, contre toute attente, comme par prémonition, Tanor avait appelé aux retrouvailles de la famille socialiste et avait tendu la main à ceux qui étaient partis ou exclus et qui sentaient le besoin de revenir dans la maison socialiste. C’est d’ailleurs en ce sens qu’il avait arrondi les angles avec Bamba Fall, l’un des lieutenants de Khalifa Sall. Mais la formation du nouveau gouvernement a plongé encore plus le Ps dans la tourmente. Son choix de la reconduction des ministres Aminata Mbengue Ndiaye et Serigne Mbaye Thiam a été contesté par plusieurs responsables, dont l’ancien porte-parole adjoint, Me Moussa Bocar Thiam, qui a tout bonnement démissionné du parti. 

Gawlo.net (Avec Les Échos)

Previous Mimi reporte
Next Les mises en garde de Imam Abdallah Sall