PROFIL : MAKHTAR CISSÉ, FAISCEAU D’INDICES D’UN “DAUPHIN IDÉAL”


Le président de la République, Macky Sall, a profité de la rencontre pour rendre un vibrant hommage au ministre des Énergies et du Pétrole, Mouhamadou Makhtar Cissé. “Je tiens à féliciter Makhtar Cissé pour l’excellent travail qu’il accomplit, en si peu de temps, depuis qu’il a été nommé à la tête de ce département ministériel du Pétrole et Énergies”, a lancé le chef de l’Etat à l’endroit de son ministre du pétrole. Des lauriers que d’aucuns peuvent juger anecdotiques, mais qui viennent se greffer sur parcours professionnel d’un homme dont la compétence fait l’unanimité au sein de la classe politique et de l’opinion publique. Ce qui fait de lui le dauphin idéal du Président Macky Sall, même on cite d’autres prétendants beaucoup plus médiatiques et dont les ambitions sont à peine voilées. “Je sais qu’il apprend vite, trop vite même. Bientôt il va égaler les techniciens et les ingénieurs”, a soutenu le président de la République, pour marquer sa satisfaction à l’endroit de son ministre des Énergies et Pétrole. Ce que Macky Sall a peut-être, sciemment, oublié de dire, c’est que s’il continue sur cette dynamique , il pourrait être plébiscité comme son dauphin idéal. Et manifestement beaucoup d’indices plaident à sa faveur. D’abord Mouhamadou Makhtar Cissé a un parcours académique qui mérite respect. Ancien enfant de troupe, Mouhamadou Makhtar Cissé a décroché son baccalauréat à l’École Prytanée militaire de Saint-Louis. Diplômé en droit des affaires à l’Université Cheikh Anta Diop, il devient avocat. Mais son aventure en tant que membre du bureau est de courte durée, puisqu’il intègre l’École Nationale d’Administration (ENA) d’où il sort major de sa promotion. Devenu inspecteur des douanes, il gravit tous les échelons de corps avant d’être promu, en 2010, Directeur Général des Douanes. Il occupe ce poste pendant 3 ans. Sous sa houlette, la Douane sénégalaise reçoit le Prix des Nations Unies pour le service public en 2012. Insatiable de savoir et bourré d’ambitions dans sa progression professionnelle, il intègre entretemps l’Inspection Générale d’État (IGE) par concours à l’issue duquel il est sortie duquel il est sorti major. Le natif de Dagana sert pendant 8 ans à la Présidence de la République. À la deuxième alternance politique survenue au Sénégal, il est nommé ministre du Budget avant d’occuper le poste de Directeur Général de la Senelec dans un contexte où l’entreprise se trouvait dans une impasse. Mais un an plus tard, la société fait 30 milliards Fcfa de bénéfices. Sous son impulsion, les capacités nationales de production ont atteint 1130 MW contre 573 en 2012. En plus de cela, il avait élaboré le plan “Yessal” dont l’objectif est de réduire de 8% la part des produits pétroliers dans le mix énergétique national. Sous son règne, les coupures de courant ont beaucoup diminué.


MINISTRE DU PÉTROLE : UN TREMPLIN

Réélu président de la République dans un contexte marqué par des protestation de divers ordres, Macky Sall avait besoin d’un homme à la fois rompu à la tache et mois sulfureux pour gérer ce quinquennat qui risque d’être le Cheval de l’opposition. Et cet homme ne pouvait être personne  d’autre que Mouhamadou Makhtar Cissé. Nommé à ce poste hautement stratégique pour l’avenir du pays dans un contexte difficile marqué par les révélations de la BBC  qui éclabousse le régime, l’augmentation du prix du carburant et une probable hausse du prix de l’électricité, Makhtar Cissé a aussi l’occasion rêvée, comme à la Senelec, de tisser davantage sa toile. Il pourra montrer à tout le monde, après avoir remis la Senelec sur les rails et géré de manière transparente la transition énergétique, qu’il a l’étoffe pour devenir le cinquième président du Sénégal. D’autant qu’en supprimant le poste de Premier ministre, le Président Macky Sall met son dauphinat dans une sorte d’appel d’offre. Même si la représentativité politique et le lobbying joueront un rôle considérable dans son choix, il faut dire l’avènement d’une classe politique jeune, compétente et imbue de probité exigera du chef de l’État de prendre un homme qui ne traine pas des casseroles en plus d’être consensuel.Sans en donner l’impression, le ministre des Énergies poursuit sa fulgurante progression professionnelle et politique. En intégrant le Secrétariat Exécutif National (SEN) de l’APR, organe suprême du parti, il ne va, visiblement, pas cracher sur l’idée de succéder un jour au président de la République. Surtout  que pour être membre du SEN, il est obligé de démissionner de l’IGE en vertu de la loi n°2011-14 du 8 juillet 2011 qui lui interdit d’appartenir à un parti politique? En attendant, une chose est sure au moins : Il a la confiance du Président Macky Sall.

Gawlo.net (Avec L’As)

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