CINÉMA


Dakar a abrité du 24 au 30 juin un atelier d’écriture cinématographique avec six réalisateurs africains dans le cadre du projet panafricain de développement et de coopération sud-sud “Seetoo”, a appris l’APS lundi des organisateurs. Les jeunes cinéastes sélectionnés ont échangé pendant sept jours, au Lac Rose, à quarante kilomètres de Dakar, avec des mentors comme Mama Keïta, Joe Gaï Ramaka, Jihan El Tahri, Hicham Falah et Ikbal Zalila, pour enrichir leur projet de film fiction ou documentaire. Il s’agit de la malienne Hawa Aliou Ndiaye avec “Aïda”, du burkinabé Boubacar Sangaré avec “Djelia”, du Tunisien Oubeyd Ayari avec “L’aurore Boréale”, du Nigérien Bawa Kadadé Rida avec “Une ville en mutation”, du Marocain Mohamed Akram Nemmassi avec “Boom Boom Sonata” et du Sénégalais Pape Bouname Lopy avec “Le Mouton de Sada”.
Le Sénégalais Pape Bouname Lopy dit sortir de cette résidence avec “une version beaucoup plus aboutie” de son projet initial. Ce long métrage fiction raconte l’histoire du jeune Sada devenu ami avec le mouton choisi par son père pour le sacrifice de la Tabaski. Un “problème sociétal plus que religieux” que veut développer le réalisateur. “Grâce aux échanges, j’ai les idées claires maintenant. Par exemple, le père de Sada sera le personnage principal et non Sada qui était ma première option”, a expliqué Lopy. Il en est de même pour la malienne Hawa Aliou Ndiaye dont le film “Aïda” est un portrait d’une étudiante qui lutte pour le redressement de l’éducation au Mali.
 Selon elle, les échanges vont lui permettre d’améliorer son projet, “d’y réfléchir plus”, notamment les caractéristiques de l’actrice principale peint jusque-là comme une héroïne sans défaut. Pour sa part, le Tunisien Oubeyd Ayari trouve en ce projet sud-sud, une opportunité d’avoir une “certaine liberté” pour traiter de sujets qui l’intéressent sans pour autant essayer de faire quelque chose qui puisse plaire à quelqu’un. Son film “L’aurore Boréale” traite de l’histoire d’un jeune venant du sud et qui rêve de rejoindre le nord par la mer pour aller voir un spectacle. Le projet “Seetoo” a été initié en 2018 par le Centre national de la cinématographie et de l’image animée (CNCI) de la Tunisie en partenariat avec ses homologues des centres de cinéma et instituts similaires, a rappelé Abdoul Aziz Cissé, secrétaire permanent du Fonds de promotion de l’industrie cinématographique (FOPICA). Il regroupe six pays africains, la Tunisie, le Sénégal, le Burkina Faso, le Mali (CNCM) et le Niger. “Des pays comme la Côte d’Ivoire, le Rwanda, manifestent leur intérêt à adhérer au projet. Les éditions à venir seront plus globales”, a dit Cissé. Selon lui, l’idée est de mutualiser les ressources entre pays africains afin d’arriver à faire des choses plus intéressantes en matière de cinéma. Le projet “Seetoo” est financé à vitesse variable par les pays concernés.
Ce premier atelier d’écriture cinématographique organisé à Dakar est entièrement pris en charge par le Sénégal à l’exception des billets d’avion des participants et du paiement des mentors garantis par un financement obtenu par le projet. Le deuxième atelier prévu du 7 au 20 octobre en Tunisie sera pris en charge par le pays organisateur. Il en sera de même pour l’étape marocaine au mois de décembre, selon Abdoul Aziz Cissé.

Previous PROBLÈME DE COACHING
Next AUGMENTATION DES PRIX: Wade dénonce des «mesures qui consacrent la faillite de la gestion de Macky Sall»