CHANGEMENT DE POSITION DANS L’AFFAIRE ALIOU SALL : Le ministre de la Justice refuse de s’expliquer


Il ne faut surtout pas s’attendre à avoir des explications sur la nouvelle position du ministre de la Justice concernant l’affaire Aliou Sall et sa décision de demander au procureur de la République d’ouvrir une enquête. Il risque de vous laisser en plan. Les journalistes qui l’ont essayé, hier, à l’occasion de l’atelier sur la recherche de preuves sur le terrorisme, l’ont appris à leurs dépens. Interpellé sur son retournement de veste, Me Malick Sall a simplement signifié à ses interlocuteurs qu’il n’était pas question de rétropédalage.


Même s’il avait déclaré que l’État ne s’impliquerait pas dans l’affaire des 10 milliards à cause de son caractère privé, le ministre de la Justice a vite changé de démarche, en demandant au procureur de s’en saisir. Ce retournement de situation a étonné plus d’un. Venu présider un atelier sur les preuves dans les dossiers liés au terrorisme, Me Malick Sall a été interpellé sur son changement de posture par rapport à cette affaire. Visiblement très irrité à cause de la question, le ministre de la Justice s’est voulu bref. Il a seulement voulu lâcher : «il n’y a pas de rétropédalage. Et vous savez très bien pourquoi le procureur a été saisi», avant de quitter les lieux, suivi de ses collaborateurs.
Tout de même, face aux difficultés de toutes sortes que rencontrent les enquêteurs et autres auxiliaires de la justice dans le cadre de leur travail, Mor Ndiaye, le directeur adjoint des Affaires criminelles et des Grâces, s’est voulu rassurant quant au respect de la vie privée des citoyens lors de ces recherches de preuves liées au terrorisme.
En effet, 17 pays africains se sont donné rendez-vous à Dakar, ce 25 juin, pour les besoins d’un séminaire sur la recherche de preuves liées au terrorisme. A en croire le directeur adjoint des Affaires criminelles et des Grâces, les droits des citoyens ne seront nullement bafoués. «C’est pour échanger avec 17 pays de l’Afrique de l’Ouest, mais aussi des délégations de pays invités d’Afrique Centrale. Il s’agira de discuter des preuves liées au terrorisme, en l’occurrence celles qui ont trait au numérique, les preuves médico-légales et les testaments», a laissé entendre Mor Ndiaye. 
Selon ce dernier, les droits des citoyens ne seront nullement bafoués parce que c’est des techniciens du droit qui suivront le protocole de la collecte des preuves. M. Ndiaye d’assurer qu’il s’agit de renforcement de capacités. «Nous ne le souhaitons pas du tout, mais nous devons nous préparer à avoir la technologie nécessaire pour, lorsque la situation se présentera, que nous puissions la gérer sereinement», ajoute-t-il.

Gawlo.net (Avec Les Échos)

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