ALIOU SALL SANCTIONNE… A qui le tour?


Le chef de l’État, dos au mur, pourrait être tenté de sacrifier une autre personne citée dans le scandale Petro-Tim pour calmer les ardeurs de l’opposition et de la société civile.
Le président de la République s’est finalement résolu à sanctionner son frère en l’éjectant de son poste de Directeur général de la Caisse de dépôts et consignations (Cdc). Aliou Sall sanctionné, à qui donc le tour? Une question bien légitime, puisque le lâchage du frère n’a pas calmé les ardeurs de l’opinion et de l’opposition. D’ailleurs, le mouvement Aar Li Nu Bokk, qui regroupe l’opposition et la société civile, réclame plus. Ce mouvement qui tient le bon bout, veut que d’autres personnes impliquées soient traduites en justice. Ainsi, si la pression ne retombe pas, le chef de l’État, dos au mur, pourrait être tenté de se faire violence et de sacrifier une autre personne mouillée dans ce que la Convention pour le renaissance démocratique (Cdr) qualifie comme le plus gros scandale financier et politique du 21ème siècle. Et dans ce cas, tous les regards seraient tournés vers l’actuel ministre Aly Ngouille Ndiaye qui fut à l’époque ministre de l’Énergie.
En conférence de presse, le 11 juin dernier, les leaders du Mouvement Tekki, le Parti de l’émergence citoyenne, la République des valeurs, l’Act, la Ld-Debout et Taxaw Temm, regroupés autour du Crd estimaient qu’il y a matière à ouvrir une enquête pour «haute trahison» en particulier contre Aly Ngouille Ndiaye et Mahammad Boune Abdallah Dionne concernant ce scandale, mêlant «faux, corruption et trahison» ayant permis la mise à disposition des ressources naturelles d’un pays parmi les plus pauvres de la planète entre les mains d’un «groupe de voyous nationaux et internationaux».
En février 2018, au lendemain du procès dit « de la caisse d’avance de la mairie de Dakar», Abdoul Mbaye, qui fut Premier ministre au moment des faits, a écrit au procureur de la République pour que des enquêtes soient diligentées. Car selon lui, les deux décrets à l’origine de l’attribution par l’Etat du Sénégal de permis de recherche et d’exploitation d’hydrocarbures liquides et gazeux à une société dénommée Petro-Tim Ltd ont été «signés en violation de la loi portant code pétrolier du Sénégal» du fait «d’inexactitudes d’une extrême gravité». «Petro-Tim Ltd ne pouvait pas respecter les critères fixés par la loi sénégalaise, laquelle exige des bénéficiaires de permis de recherche une expérience avérée dans la recherche et la prospection, tel que le stipule l’article 8 de la Loi 98-05 du 8 janvier 1998 portant Code Pétrolier», expliquait-il avant de chiffrer à des milliards de francs Cfa les montants perdus par le Sénégal du fait de l’attribution de ces permis à des tiers en violation de la loi, attribution qui fut suivie de leur cession avec renoncement à des droits de préemption sans aucune compensation.
D’autre part, en sacrifiant son ministre de l’Intérieur très impopulaire aux yeux de l’opposition, le président de la République contenterait l’opposition sur le plan politique. Car, ce dernier, dont l’opposition réclamait son exclusion du processus électoral, est considéré comme l’homme «des basses besognes» et l’artisan du «hold up électoral» du 24 février dernier. «Aly Ngouille Ndiaye déclare vouloir élire dès le 1er tour son candidat de Président, en fournissant à ses partisans les cartes de manière discriminatoire pour leur permettre d’accomplir le vote, peu importe que les autres Sénégalais disposent de leur carte. Ce comportement est indigne d’un ministre de la République, il s’agit d’une forfaiture et doit donc être traitée comme telle: une démission de son poste de ministre et une suite à donner à cette affaire», disaient les leaders de l’opposition.

Gawlo.net (Avec WalfQuotidien)

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