Mali : au moins 95 personnes tuées dans l’attaque d’un village dogon dans le centre du pays


Au moins 95 habitants du village dogon de Sobane-Kou, dans le centre du Mali, ont été tués dans la nuit de dimanche à lundi par des hommes armés, ont indiqué un élu local et une source sécuritaire.

« Nous avons pour le moment 95 civils tués, les corps sont calcinés, nous continuons de chercher des corps », a déclaré sous le couvert de l’anonymat un élu de la commune de Koundou, située dans le cercle de Koro, où se situe ce village de quelque 300 habitants.

« Selon les civils, ce sont des hommes armés qui sont venus tirer, piller et brûler. C’est vraiment la désolation », a ajouté lundi 10 juin cette source.

« C’est un village dogon qui a été quasiment rasé », a pour sa part indiqué une source sécuritaire malienne se trouvant sur place, confirmant un bilan provisoire de 95 tués.

« C’est un choc, une tragédie »

L’association de chasseurs dogons Dan Nan Ambassagou « a constaté avec beaucoup d’indignation l’attaque barbare et ignoble commise sur le village de Sobane », et « condamne avec la dernière énergie cet acte terroriste et génocidaire intolérable ».

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« C’est un choc, une tragédie » qui se produit « alors qu’on discute du renouvellement du mandat », a pour sa part déclaré depuis le siège des Nations unies à New York le chef de la Mission de l’ONU au Mali (Minusma), Mahamat Saleh Annadif, en regrettant que l’État malien ne soit pas assez présent dans le centre pour empêcher les affrontements interethniques.

Une réunion sur les pays contributeurs de troupes à la Minusma est prévue mercredi aux Nations unies, et le Conseil de sécurité doit se prononcer le 27 juin sur le mandat de cette force. Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, recommande qu’elle ne soit pas réduite, malgré les positions antagonistes des États-Unis.

Conflits intercommunautaires

Depuis 2015, les violences se sont propagées du nord au centre du pays, voire parfois au sud. Elles se concentrent surtout dans le centre et se mêlent très souvent à des conflits intercommunautaires.

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Ces flambées de violence ont culminé le 23 mars avec le massacre, à Ogossagou, près de la frontière burkinabè, de quelque 160 villageois peuls par des membres présumés de groupes de chasseurs dogons.

Au lendemain de cette tuerie, le gouvernement malien avait prononcé la dissolution de « Dan Nan Ambassagou ». Le groupe avait démenti toute implication dans la tuerie, mais son chef militaire, Youssouf Toloba, avait rejeté cette dissolution et refusé de « déposer les armes ».

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