Bamba et Malick : Qui sommes-nous pour semer la discorde entre ces frères? (Par Cherif Abdoul Aziz Touré)


Je doute de l’intelligence de mon peuple qui est prêt à se faire la guerre pour des histoires de confréries, alors que les enjeux sont ailleurs. Au moment où le système de domination qui avait poussé nos saints à élaborer une résistance stratégique, fondée sur les préceptes de l’Islam, est plus que jamais déterminé à semer la zizanie dans notre pays, certains “disciples” eux, se livrent à des querelles de borne fontaine.

Au moment où la France et ses complices (nos élites politiques corrompus) nous mettent en garde sur les dangers de la menace terroriste qu’ils sont d’ailleurs les seuls à flairer la présence, nous on pense à opposer les hommes de Dieu qui ont œuvré toute leur vie durant pour l’unicité de Dieu, l’unité de la Ummah et la stabilité politique de notre pays. Au moment où les capitalistes ne rêvent que de pipelines sous nos cieux suite à la découverte de réserves pétrolières dans notre sous-sol, nous piètres musulmans on se dispute la palme du meilleur tidiane et celle de l’excellent mouride prêt à mourir pour son Serigne.

Au moment où l’islam est attaqué de toutes parts par des ennemis malicieux et outillés dans leur mission sacrée aux allures d’une croisade des temps modernes, nous on pense à instaurer un culte autour de nos saints pour qui Allah et son Prophète Muhammad PSL ont toujours été les autorités suprêmes.
Le summum du paradoxe dans cette histoire de “mourides” vs “tidianes” c’est que les protagonistes ont mangé la pomme de la certitude. En effet, la remise en cause n’existe plus pour les musulmans de chez nous.

Chacun est tellement sûr de détenir la vérité qu’il voit le diable, le mal, l’enfer en son frère musulman juste parce que ce dernier n’a pas prêté allégeance au même Serigne que lui. Pourtant, il y a tellement de détails dans leurs comportements qui ne cadrent pas avec les principes de la voie mouride ou de la tidjania dont l’islam demeure le dénominateur commun.
Au vu de ce qui précède, je n’ai aucun espoir quant à la capacité de mon peuple à relever les défis de son temps. Car au moment où les ennemis sont au sein de nos rangs, nous nous trompons encore et toujours de combat, de cause.

Quant aux médias qui cristallisent cette rancune entre les disciples des confréries, sachez que la quête d’audience n’en vaut pas la peine et le jour où la situation aura dégénéré, vous et vos familles n’en sortirez pas indemnes.
Aux chers héritiers de nos hommes de Dieu, sachez que votre mission est délicate et critique. Votre salut dépend de votre capacité à suivre le chemin balisé par vos illustres prédécesseurs comme Mame Abdou Aziz Sy Dabakh et Serigne Saliou Mbacké qui ont toujours œuvré pour l’unité des musulmans qui forment un seul et unique corps.


Que Dieu bénisse le Sénégal !

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