PROFIL – DEMBA TRAORÉ, PROCUREUR DE LA RÉPUBLIQUE TGI DE TAMBA : “Un homme du sérail aux faits d’arme élogieux”


A 53 ans, Demba Traoré, Procureur de Tambacounda, est un magistrat rompu à la tache qui a son actif, plusieurs affaires criminelles résolues avec brio.

Il a le droit chevillé au corps. Chez Demba Traoré, plus connu sous le diminutif de “Tra”, le Droit coule dans les veines comme le sang qui irrigue son corps. D’ailleurs, à l’évocation de son nom, deux termes reviennent : éloquence et pertinence. Deux qualités qui font que beaucoup de ses pairs redoutent d’avoir affaire à lui lors de leurs audiences au tribunal correctionnel de Tambacounda. Comme le confirme cet avocat joint au téléphone qui témoigne, sous le sceau de l’anonymat : “J’aurais préféré avoir un de ses substituts en face, car lui, il dissèque tous les points de droit”. Pur produit du Centre de formation judiciaire (Cfi), le magistrat Demba Traoré est de la promotion 1999, année à laquelle il quitte ce centre pour la vie active. Jeune magistrat, Demba Traoré est affecté à Tamba, ou il occupe le poste de Substitue du procureur local. Le natif de la commune de Tuabou (département de Bakel) en 1966, va faire ses preuves et franchir, dès janvier 2006, un palier. Dans le courant du mois de janvier de cette année, Tra, comme l’appellent affectueusement ses proches et collègues, quitte le temple de Thémis de la capitale orientale et pose ses baluchons à Guédiawaye. Après un passage relativement court dans la banlieue dakaroise, le jeune magistrat du parquet est amené à vivre une nouvelle aventure. Il atterrit cette fois, dans la capitale du Saloum, comme Premier substitut à Kaolack et reste en fonction jusqu’en novembre 2011. Sa carrière déjà riche en expériences le conduit à nouveau dans la capitale orientale, auréolé de la nomination de Procureur de la République. Une charge qu’il va mener avec rigueur et magnanimité, avec comme unique guide, l’application qu’il va consolider au cours de ses réquisitoires dans différents audiences au tribunal correctionnel, au grand dam de certains avocats qui choisissent de renvoyer leur dossier, en le voyant siéger. “Lorsque j’ai un dossier qui n’est pas étoffé. Je demande aussitôt son renvoi pour une autre parquetier et je ne suis pas le seul”, confie au téléphone, un avocat qui garde l’anonymat. Un témoignage conforté par les faits d’arme du Procureur Traoré qui s’est illustré dans des affaires sensibles ou qui ont défrayé la chronique, entre 20011 et 2018, dans la partie orientale du pays. Au nombre de ces dossiers figurent le meurtre de Kécouta Sidibé, tué en 2012 à Kédougoun l’épisode des affrontements meurtriers entre Maliens et Burkinabés au village aurifère de Diyabougou en 2013, ponctué par une dizaine de morts l’agression en 2018, du sous-préfet de Boygheul, la mutinerie de la Mac de Tamba, sanctionnée par deux morts, une meurtre du jeune Mamadou Sagna par des douaniers à Khossanto (Kédougou). Il y a aussi l’affaire du Coordonnateur régional de “And Dolel Khalifa Sall”, poursuivi pour détournement de mineure suivi de grossesse, les incidents meurtriers entre éléments de la sécurité du Pur et militants de Benno bokk yaakaar, lors de la dernière présidentielle, ponctués par deux morts et dernièrement, le meurtre de Bineta Camara qui consterne tout le Sénégal. Autant de dossiers sensibles diligentes avec maestria par le parquet de Tamba, sous la houlette du Procureur Demba Traoré. Tous ces dossiers ont abouti à des condamnations.

Gawlo.net (Avec L’Obs)

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