CÉLÉBRATION DU 4 AVRIL : Retour sur la première célébration de la fête de l’indépendance au Sénégal


Indépendant en 1960, le Sénégal a célébré sa première à l’accession à la souveraineté nationale en 1961, en présence des autorités telles que Gaston Monnerville, président du Sénat français, Félix Houphouet-Boigny, le vice-président américain, Lyndon Johnson, entre autres. Au total, 82 délégations venues de 72 pays avaient fait le déplacement pour assister à cette première fête d’indépendance du Sénégal.
 L’accession à l’indépendance du Sénégal s’est faite, selon un processus moins linéaire que celui de la plupart de ses voisins Ouest-africains. De fait, la création d’un État fédéral avec le Soudan voisin (actuel Mali) avait été mise en chantier, à partir de 1958-1959 (voir la Fédération du Mali : un projet politique original), mais elle s’était soldée par un échec, en aout 1960. Le Sénégal proclame indépendance, le 20 aout 1960, dissociant, désormais son destin de celui du Soudan (voir la crise politique au sein de la Fédération du Mali). Les festivités conjointes, qui auraient du avoir lieu le 17 janvier 1961, sont donc annulées. Chacun des deux pays programmes ses propres cérémonies, selon un calendrier distinct et les autorités sénégalaises choisissent de célébrer l’accession à l’indépendance le 4 avril 1961- date anniversaire de la signature des accords aboutissant à la reconnaissance de l’indépendance de la Fédération du Mali. C’est à cette date, en effet, que Mivhel Debré, Premier ministre français, Modibo Keita, président de la Fédération et Mamadou Dia, vice-président, avaient conclu les Accords de transfert des compétences de la Communauté à la République sénégalaise, d’une part, et à la République soudanaise, d’autre part. C’est dans ce contexte particulier, et selon ce calendrier paradoxal, que sont organisées les réjouissances du 4 avril 1961 à Dakar. Senghor, président de la jeune République , y apparait comme l’homme fort aux cotés de Mamadou Dia (vis-à-vis de qui, pourtant, il commence à exprimer de premières divergences). Les dignitaires francais se sont pressés à Dakar, pour honorer le poète-président. On aperçoit, ainsi, dans la tribune officielle, André Maltaux, ministre de la Culture, et Gaston Monnerville, président du Sénat francais, aux cotés de divers Chefs d’État Ouest-africains, à l’exemple de Félix Houphouet-Boigny. Le vice-président américain, Lyndon Johson, fait, également partie des hôtes de marque. Au total, 82 délégations venues de 72 pays ont été reçues en grande pompe. La place de l’indépendance est, officiellement, baptisée à cette occasion. Offices religieux, manifestations sportives et populaires se succèdent, ainsi que des réceptions officielles. On assiste, toute la journée, à des défilés des troupes, des Saint-cyriens, des enfants des écoles, des mères de familles, des anciens combattants, des dignitaires musulmans (notamment mourides), des employés municipaux, des ouvriers métallurgistes, des athlètes, des agriculteurs, etc. C’est toute la société sénégalaise, qui est mise en scène dans une chorégraphie bien rodée. Le partie du président, l’Ups (Union progressiste sénégalaise), a œuvré se fasse, à grande échelle. Très réussie, la fête de l’Indépendance sénégalaise se caractérise, donc, par u_n faste tout particulier et par la dimension internationale que les autorités, Léopold Sédar Senghor, en tête, ont voulu lui donner “dans un décor global pensé par le pouvoir”. A cet égard, et malgré le caractère paradoxal de la date retenue, la fête du 4 avril 1961 constitue un moment de cristallisation nationale de première importance.

Gawlo.net (SourceA)

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