Poursuite de son compagnonnage avec Macky Sall : Tanor, face à son destin

Poursuite de son compagnonnage avec Macky Sall : Tanor, face à son destin

Plus d’un an après l’exclusion de Khalifa Sall et ses proches, Ousmane Tanor Dieng convoque le Bureau politique de son Parti. Cette messe du Parti se tient moins d’un mois après la réélection du Président Macky Sall à la tête du pays et, au moment où les calculs politiques des nouveaux alliés sont une priorité pour le patron de la coalition Benno Bokk Yakaar (BBY). Comme Moustapha Niasse, Ousmane Tanor Dieng avait tué les ambitions de son parti au bénéfice de Macky Sall. Un Bureau politique à quitte ou double !
La poursuite du compagnonnage dans la coalition présidentielle “Benno Bokk Yakaar” (BBY) et l’absence de candidat pour le Parti historique auront été les principaux soubresauts, qui ont secoué l’une des plus vieilles formations politiques du Sénégal. En l’occurrence, le Parti socialiste.Le compagnonnage avec l’Alliance pour la République, Parti au pouvoir, a tenu, pendant le Septennat, au point de faire étouffer toute velléité d’ambition présidentielle. Depuis la création du BDS en 1948, en passant par l’UPS jusqu’au P.S actuel, jamais cette formation n’a été absente à un rendez-vous de l’histoire. Maintenant que la messe est dite, en fait, que le Président Macky Sall ait réussi à entretenir une Coalition aux airs d’armée mexicaine, malgré un coût politique décrié dans ses propres rangs, l’heure de vérité semble, effectivement, sonner pour les barons de la politique sénégalaise. Durant la nouvelle conquête du Pouvoir en Février 2019, le patron de l’Apr a réussi à diversifier ses compagnons, faisant même appel aux libéraux qui l’avaient jeté aux orties, en 2008. Autre fait majeur : les principales figures du Parti socialiste défenestrés lors du Bureau politique de janvier 2018, ont été des artisans de la victoire au premier tour de Macky Sall. Exit Khalifa Sall, Bamba Fall, Aïssata Tall Sall, Barthélémy Diaz…, la Grande Dame ne fait plus l’effet d’attraction de ses années de jeunesse. La Coalition hétéroclite “BBY” a tenu ferme, malgré les coups de boutoirs des adversaires politiques ou de membres qui ont décidé de quitter le navire. Ces deux donnes conjuguées ont beaucoup influé sur le score de la Coalition, qui, en l’espace de sept ans, a perdu près de 7% de son électorat.Une évidence qui doit pousser le patron de la Coalition à refaire une revue des troupes, dans laquelle certains devront prendre du repos et d’autres viendront en force, pour continuer de booster la machine. L’apport des “bannis” de la Maison du Parti sera, à coup sûr, l’une des principales pommes de discorde entre le président, nouvellement élu et ses plus fidèles souteneurs, Moustapha Niasse et Ousmane Tanor Dieng, pour ne pas les citer. Si l’Afp du président de l’Assemblée nationale a, déjà, décidé d’avoir un candidat, en 2024, histoire de garder intact l’électorat encore acquis à son leader et de faire monter les enchères, il en sera de même pour le Parti socialiste qui chercherait à sortir de cette agonie. Khalifa Sall, Aïssa Tall Sall… ont réussi de loin à montrer les insuffisances du Parti qui les a exclus, en conservant leurs différents bastions, malgré des fortunes diverses. Une mobilisation tardive du Secrétaire général des socialistes, qui, aujourd’hui, semble plus dans une logique de “Yobaléma” que dans une logique de reconquête du pouvoir. Ce silence, dû certainement aux strapontins et autres avantages, a scindé le Ps en deux blocs et, si l’on ne fait pas attention, risque de signer l’acte de mort de la formation créée par Feu Léopold Sédar Senghor.Acculé dans son soutien aveugle à Macky Sall par des militants du Parti socialiste (Ps), le président du Haut Conseil des Collectivités Territoriales (HCCT) s’est réfugié derrière l’ancien chef de l’État, Abdou Diouf, qui lui aurait demandé de toujours avoir des relations huilées avec le nouvel homme du pays. “Ma relation avec le président Abdou Diouf date de très longtemps et nous avons toujours entretenu d’excellents rapports.Un jour, il m’a confié d’ailleurs, que le Président Macky Sall est un grand travailleur. Et il m’a dit qu’il souhaiterait que nous entretenions des relations très huilées”, confiait-il, à la veille du Maouloud.Que nenni, nous confie un ancien directeur de Cabinet d’Abdou Diouf à la Francophonie. «Contrairement à ses allégations, Abdou Diouf n’a jamais demandé à Ousmane Tanor Dieng de soutenir Macky Sall. De sources sûres, les deux anciens barons du Parti socialiste ne se sont pas vus, depuis deux ans», glisse notre interlocuteur.
Agonie du Parti socialiste et mort du Socialisme, au Sénégal
Le prétexte Diouf ne faisant plus effet du fait de plusieurs situations qui ont fini par édifier les socialistes, comme «l’oubli» fait par Abdou Diouf lors du deuxième mariage de sa fille Yacine, auquel seuls Doudou Wade et Aminata Mbengue Ndiaye étaient conviés. Ce sédatif, sorti par baguette magique pour tenter de calmer la base, n’a pas produit les effets escomptés. De nombreux militants se sont radicalisés et continuent de se braquer contre la direction de leur Parti qui veut les livrer pieds et mains liés au chef de l’Alliance pour la République (Apr).
Le Ps à l’agonie, difficile de faire plus clair, même si l’aspect éminemment rigolo des réunions suivies de claquements de portes fait oublier la situation catastrophique du Parti socialiste.
C’est sans le moindre pincement au cœur qu’on a appris le départ de certains, mais le cas de l’ex-maire de Dakar qui s’y est pourtant encarté au tout début de sa jeunesse, alors que l’actuel Secrétaire général était encore en phase active de recherche de base, passe difficilement, au détour des confidences. Alors qu’on n’entendait plus aucun éléphant socialiste, depuis des lustres, c’est, donc, à l’occasion de ce départ largement médiatisé, qu’on se rappelle que ce parti ne fut pas toujours cette coquille vide gérée par des tierces-couteaux et autres pièces rapportées. Il existe, au Sénégal, un Parti dont le but est, tout à fait officiellement, de socialiser les moyens de production et d’échange pour transformer la société capitaliste en société collectiviste. Et, bien qu’en pleine agonie, ce Parti peut, légitimement, prétendre avoir atteint son but, en revenant aux idéaux de sa naissance.

Gawlo.net (SourceA)

Categories: A LA UNE, POLITIQUE
Tags: Macky, …Tanor

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