ENTRETIEN CROISES DE MAHMOUD SALEH, DIRECTEUR DE CABINET POLITIQUE DU PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE ET ALIOUNE FALL, CONSEILLER DU VICE-PRÉSIDENT DE LA FONDATION SERVIR LE SÉNÉGAL : Le laboratoire politique du Président Macky Sall décrypte la Présidentielle

ENTRETIEN CROISES DE MAHMOUD SALEH, DIRECTEUR DE CABINET POLITIQUE DU PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE ET ALIOUNE FALL, CONSEILLER DU VICE-PRÉSIDENT DE LA FONDATION SERVIR LE SÉNÉGAL : Le laboratoire politique du Président Macky Sall décrypte la Présidentielle

Ils font partie du cercle restreint du Président Sall, deux personnalités dont les sorties sont toujours attendues en raison de la profondeur de leurs idées, de la pertinence de leur raisonnement et de la lucidité avec laquelle ils analysent les faits. Eléments incontournables du laboratoire politique du président de l’Alliance pour la République (Apr), ils sont nantis de la prérogative d’indiquer la température qui prévaut au sein du camp présidentiel. Dans ces entretiens croisés accordés à l’Observateur, le directeur de cabinet politique et le conseiller politique du chef de l’Etat évoquent les performances du candidat Sall à la Présidentielle, font la leçon à l’opposition et se projette déjà sur le prochain quinquennat du président de la République.MAHMOUD SALEH: «Macky Sall a été sanctionné positivement par le pays qui l’encourage à poursuivre sa politique»
Les résultats de l’élection présidentielle du 24 février dernier seront publiés demain (aujourd’hui: Ndlr), mais il y a déjà des velléités de contestation par l’opposition…Il n’y a pas des velléités, mais des contestations tout simplement qui ont commencé depuis le soir du scrutin, en rendant publique une évaluation erronée fondée sur des procès-verbaux (Pv) fictifs, qui n’ont aucune réalité. Tout le monde sait que le processus électoral est clair et précis, chacun des candidats a un représentant dans chaque burreau de vote et un mandataire dans chaque centre de vote qui rassemble tous les Pv. Lesdits Pv sont ensuite centralisés au niveau communal et départemental, en présence de tous les mandataires départementaux de tous les candidats, et c’est ce qui remonte ensuite à la Commission nationale de recensement  des votes. Donc c’est sécurisé, il n’y a aucune faille dans le système électoral à ce niveau. Il est compréhensible que l’opposition cherche à être conséquente avec elle-même, parce que depuis le début du processus, elle a cherché à créer des éléments de contentieux électoral.
Comment?
Depuis le moment où il y a eu des concertations entre l’administration et les différents acteurs sur le fichier électoral, une partie de l’opposition avait boycotté. Depuis lors, ils (certains opposants: Ndlr) posent des actes pouvant conduire à un contentieux après les élections. Donc, on comprend qu’ils soient toujours dans cette logique, et la forme que revêt la contestation maintenant, c’est la publication des résultats. Mais, il est établi que le candidat Macky Sall a largement gagné ces élections.
C’est votre conviction, mais est-ce que l’opposition ne s’est pas fait une conviction également à partir des Pv qu’elle a reçus?
Il ne peut y avoir une multiplicité de Pv, les Pv réels sont ceux qui portent la signature des différents représentants des candidats dans les différents bureaux de vote.
Mais ces Pv ne sont pas encore publiés…
Oui, mais ils sont entre les mains des différentes Commissions départementales qui les ont validés et publiés dans tous les 45 départements du pays.
Justement, l’opposition était représentée dans ces commissions, est-ce que ce n’est pas à la suite de la compilation de ces Pv qu’elle est arrivée à ce résultat de 47% pour Macky Sall?Mais si un Pv fait l’objet d’une observations, par une représentant de candidat, qui le rend caduc, il est retiré du décompte départemental, on n’en tient pas compte. Les Pv décomptés sont ceux qui ont été dûment validés par tous les représentants des candidats dans les bureaux de vote. Ce sont donc des éléments objectifs que personne ne peut contester.
Est-ce que ce n’est pas vous qui avez faussé le jeu dès le début, quand le Premier ministre est sorti, le soir de l’élection, pour déclarer un taux de 57%, alors que les Pv n’étaient pas encore compilés?
Le Premier ministre a évoqué des tendances fortes, et il n’a pas parlé ce jour, en tant que Premier ministre, il est membre du Directoire de campagne du candidat Macky Sall, et à ce titre, il a donné l’appréciation au vu des tendances fortes qui se dessinaient. Nous avons une organisation, une remontée d’informations et une cellule qui analyse au fur et à mesure, ces informations. Donc normalement avec l’organisation du processus électoral sénégalais, à 22 heures, on devait être fixés sur les résultats. Donc le Premier ministre, en tant que membre du Directoire de campagne du candidat Macky Sall, s’est prononcé sur les bases des  fournies par la cellule chargée de collecter et de centraliser les élections et des tendances publiées par la presse. Donc c’est un faux débat de dire que le Premier ministre ne devait pas annoncer des résultats, il a fait une appréciation politique des tendances, et il a attendu minuit pour le faire.
Et pourquoi vous ne reconnaissez pas à l’opposition le droit d’apprécier politiquement ces résultats, comme vous l’avez fait?
On ne leur dénie pas ce droit, mais on estime que les bases matérielles sur lesquelles elle se fonde pour avancer des chiffres sont fausses. C’est ça le problème. Pour en revenir à la victoire de Macky Sall, si on rapporte ce qui a été obtenu en suffrages au premier tour, c’est 2 500 000 voix en sa faveur, contre 1 909 000 au deuxième tour de 2012, la différence tourne autour de 600 000 voix, Macky Sall a été sanctionné positivement par le pays qui l’encourage à poursuivre sa politique, c’est ce qu’il faut retenir. Et aller dans le sens de l’apaisement, de la consolidation de l’unité et de cohésion de notre Nation, afin qu’elle ne soit pas perturbée par des ambitions crypto-personnelles. La Nation s’est déterminée, respectons ses choix.
Vous parlez de victoire, mais vous avez aussi des défaites dans certaines zones, et vous n’avez pas eu la majorité dans beaucoup de départements que vous avez gagnés, quelle lecture en faites-vous?
Cette question est secondaire du point de vue de la nature de cette élection, elle aurait été d’actualité, si on était dans des élections législatives, mais ce n’est pas le cas. On est dans une Présidentielle, et la demande qui peut être logique, c’est à qui a été destinée la majorité des suffrages exprimés par la population. Et c’est Macky Sall qui est bénéficiaire, aidons-le à continuer à faire ce qu’il a entamé pour le pays, dans un Sénégal apaisé et solidaire.
N’est-ce pas lui qui doit poser les premiers jalons pour cela, en s’ouvrant à l’opposition et en instaurant un dialogue constructif?
Oui, mais laissons-le tirer le bilan de ce scrutin et bien décrypter le message des électeurs sénégalais. Dans tous les cas, nous ne sommes pas hostiles à une telle perspective.On a constaté qu’il y a une percée remarquable d’Ousmane Sonko qui est le chantre de l’anti-système, n’est-ce pas un désaveu pour la classe politique?
Mais, c’est tout à l’honneur du peuple sénégalais qui a exprimé sa diversité. Il y a une sociologie de la population qui est segmentée, donc on peut aisément comprendre qu’une faction du peuple soit portée vers le discours de mon jeune frère Ousmane Sonko. Cela ne fait que consolider la démocratie et renforcer la légitimité du Président Sall. Ç’aurait été dommage qu’il y ait des scores à la Soviétique au niveau national, mais la configuration électorale a prouvé la solidité de la démocratie. Et il faut tout faire pour la préserver.La principale leçon de cette élection, c’est la lourde défaite que vous avez eue à Touba, avez-vous une explication à cela?
Il n’y a pas d’explication a priori, parce qu’il n’y a pas d’impact national des résultats de Touba. Et à ce stade, ce qui nous préoccupe, c’est l’expression du suffrage à l’échelle du pays. Il peut y avoir des raisons spécifiques qui puissent décrypter ces résultats, mais on a le temps d’apprécier, de voir les origines et d’apporter les correctifs, si nécessaires.N’est-ce pas gênant ou frustrant de ne jamais gagner à Touba, une ville si symbolique qui représente beaucoup?
Tout est symbolique à Touba, et à Touba, on a progressé de 67 000 voix, on a doublé les résultats que nous avions obtenus aux dernières élections législatives. En vérité, dans ces localités où nous n’avons pas obtenu la majorité des suffrages, nous avons progressé de manière significative, et c’est grâce au cursus personnel du Président Macky Sall. Mais tous les autres territoires mourides ont été acquis, comme Touba Ndorong à Kaolack que nous n’avions jamais gagné. Donc je pense qu’il n’est pas correctement établi_ que le vote mouride est hostile à Macky Sall, il y a des parcelles du territoire mouride qui ne nous sont pas favorables, tout comme il y a des parcelles du territoire national qui ne le sont pas.En analysant les résultats qui ne sont pas encore officiels, on se rend compte qu’il y a une cartographie quelque peu confrérique ou régionaliste des résultats, est-ce que cela ne fait pas peur?
Non, mais il y a l’histoire du pays qui en partie déteint sur le vote. Il faut comprendre que dans certaines localités du pays, il y a encore des revendications identitaires assez marquées qui peuvent en partie expliquer un comportement électoral. Mais il est prématuré de tirer toutes les conséquences du scrutin, donnons-nous le temps de bien analyser et comprendre les choses pour voir ce qui peut expliquer tel ou tel comportement électoral dans telle ou telle localité.
Vous dites que Macky Sall a gagné, mais la société civile, notamment Birahim Seck, estime que c’est une élection à deux tours.
Birahim Seck est un citoyen sénégalais comme moi.
Mais qui représente la société civile…
C’est quoi la société civile? Il serait bien de configurer la société civile. Je respecte beaucoup Birahim Seck, mais il n’a pas autorité à indiquer la voie au pays. La société civile est tellement fragmentée qu’on ne sait plus qui parle en son nom. Nous discutons avec des segments de la société civile, et ils ne sont pas dans la même position que Birahim Seck. Il peut dire ce qu’il veut, c’est son droit le plus absolu, mais encore une fois, respectons le pays et ses populations, et écoutons les voix autorisées.Ne craignez-vous pas des lendemains troubles après la proclamation des résultats, vu de la détermination de l’opposition?
Nous faisons confiance à la maturité du peuple sénégalais qui le manifeste depuis longtemps.

ALIOUNE FALL «Je mets en doute la bonne foi de tous ceux qui se sont insurgés contre la sortie de Mahammad Dionne»
Alioune Fall, on vous a senti fortement dans la campagne électorale dans la région de Kaolack. Quel bilan tirez-vous de ce scrutin?
J’étais impliqué dans la campagne pas seulement dans la région de Kaolack, mais aussi celle de Kaffrine et même un peu dans celle de Fatick. Je suis intervenu dans tout le Sine-Saloum naturel, parce que c’est mon terroir, j’y ai mon ancrage social et je considère que cet univers est l’un des plus grands bénéficiaire du 1er mandat de grande qualité du Président Macky Sall. C’est pour cette raison que je me suis fait un devoir de sensibiliser tous ceux à qui je pouvais parler sur la nécessité de lui accorder ce 2nd mandat. Aujourd’hui, le bilan que j’en tire est essentiellement un bilan de satisfaction. Les Sénégalais ont démontré une fois de plus leur maturité démocratique et leur sens des responsabilités. Le scrutin s’est déroulé dans de bonnes conditions, comme l’ont reconnu toutes les missions d’observation et le peuple a procédé à un choix libre et lucide.
Pensez-vous que votre candidat, Macky Sall, passera au premier tour, conformément à l’objectif que vous vous étiez fixé?
Cet objectif est atteint, il n’y a plus de doute là-dessus. Je pense que les résultats sur l’ensemble du territoire national sont désormais disponibles entre les mains des différents acteurs impliqués dans cette élection, et il en ressort clairement que le Président Macky Sall est réélu avec une confortable majorité.
Votre camp est justement accusé de se précipiter pour donner des résultats, à la place des instances républicaines habilitées. Dès le soir du 24 février, c’est le Premier ministre qui a donné le ton en annonçant la réélection de votre candidat avec un score de 57%. Est-ce que cela ne pose pas problème?
Moi je mets en doute la bonne foi de tous ceux qui se sont insurgés contre la sortie de Mahammad Dionne que je considère, dans le cas qui nous concerne, non comme le Premier ministre, mais comme l’un des responsables de la campagne du candidat Macky Sall. Cette précision faite, je ne peux pas m’outrer de constater que ceux qui s’agitent autour de cette déclaration s’obstinent à fermer les yeux et à se boucher les oreilles sur l’acte qui l’a suscitée, car Dionne n’a fait que réagir pour anéantir la contrevérité. Le soir du 24 février, quelques heures après la fermeture des bureaux de vote, deux candidats ont organisé nuitamment une conférence de presse pour déclarer que les résultats issus des opérations de dépouillement établissaient clairement qu’un 2nd tour était inévitable. Au moment où cette déclaration était faite, à notre niveau, nous avions déjà centralisé et exploité suffisamment de résultats remontés par nos représentants dans les bureaux de vote, pour avoir une vision très précise du choix populaire issu des urnes, mais nous nous étions abstenus de faire la moindre déclaration publique. Mais à partir du moment où nos adversaires s’étaient prononcés publiquement et dans les formes, dans un sens non conforme à la réalité, notre responsabilité était interpellée. Si nous avions laissé cette contrevérité sans réponse, nous l’aurions validée. Et plus tard, lorsque les résultats réels seraient diffusés, les allégations de fraude et de manipulation auraient trouvé de la légitimité dans notre silence face aux fausses allégations des premières heures. Les gens auraient prétendu qu’on aura manipulé les résultats entre les bureaux de vote et la Commission de recensement, et on nous aurait surtout fait remarquer que le soir du scrutin, lorsque nos adversaires ont annoncé le caractère incontournable d’un 2nd tour, nous n’avions pas réagi, car nous savions clairement que c’était vrai. Par conséquent, tout résultat qui n’introduisait pas ce 2nd tour était irrecevable. Voilà ce qui se serait passé, si Mahammad Dionne, en tant que responsable de la campagne du candidat Macky Sall, n’avait pas réagi à temps réel pour démasquer l’imposture. Et si c’était à refaire, on le referait sans hésiter.
Donc vous rejetez les critiques suscitées par cette déclaration du Premier ministre?
Non seulement je les rejette, parce que les considérant non fondées, mais je vais aller plus loin. L’on a l’habitude d’accuser les hommes politiques de vouloir brûler le pays. A mon avis, les pyromanes les plus vicieux ne sont pas à chercher dans l’univers politique considéré comme tel, mais dans certains milieux réputés non partisans. Certains de ces gens qui se veulent neutres et qui revendiquent un rôle de régulateurs ne sont pas toujours dans des postures conséquentes. Lorsque les 2 candidats dont j’ai parlé plus haut ont fait leur sortie prématurée, court-circuitant toutes les procédures républicaines, pour annoncer un 2nd tour incontournable, on n’a pas entendu ces régulateurs élever la voix pour les rappeler à l’ordre. Plus grave encore, lorsque ces mêmes candidats ont attaqué frontalement les médias qui diffusaient les résultats certifiés issus des bureaux de vote et qui ne corroboraient pas leurs allégations, allant jusqu’à appeler leurs militants à aller s’en prendre à ces médias, on n’a pas senti la réaction de ces acteurs non partisans qui se distinguent pourtant traditionnellement dans la défense de la liberté de presse. Cette posture de complaisance voire de connivence est inadmissible et disqualifie ces gens du rôle qu’ils prétendent jouer. Ils ont choisi de fermer pudiquement les yeux sur ces actes intolérables pour se concentrer sur la réaction que ces actes ont provoquée. Ce faisant, ils confortent les autres dans leur déni de la démocratie et des valeurs républicaines et les encouragent dans toutes formes de dérives. D’ailleurs, n’a-t-on pas vu des jeunes partisans de ces candidats suivre les consignes à la lettre, en allant assaillir les locaux de la Rts et en brûlant des journaux dont le seul tort est de publier la vérité, sans qu’aucune voix ne s’élève pour condamner une telle ignominie?
Vous semblez incriminer la société civile…
Je n’ai pas utilisé la notion de société civile, parce qu’elle est très générale et renferme une réalité plus large que le champ dans lequel on a tendance à la restreindre. Ainsi, les acteurs dont je parle, même s’ils se réclament de la société civile, ne sont pas quantitativement représentatifs de cet univers dans lequel ils constituent une minorité. Il s’agit donc de ne pas indexer tout un univers pour les pratiques de quelques individualités. Mais je confirme bien que dans cet univers, il y a des segments qui sont très actifs et se font beaucoup entendre sur les questions politiques et électorales, dont la neutralité est plus que contestable. Rappelez-vous, quelques jours avant le scrutin, un leader politique agissant pour le compte d’un de ces candidats qui réclament aujourd’hui un 2nd tour a diffusé des chiffres qu’il présentait comme des résultats d’un sondage donnant son candidat vainqueur dès le premier tour avec une confortable majorité. Avez-vous enregistré une seule réaction de condamnation de cet acte qui violait clairement la loi sur les sondages politiques? Pourtant, nous avions aussi nos sondages qui disaient autre chose, mais il ne nous est jamais venu à l’idée de les publier car si on le faisait, on se serait mis hors la loi, et on se serait aussi exposé clairement à l’ire de tous ces gens qui se prétendent les gardiens des règles du jeu démocratique et qui ne semblent regarder que d’un seul côté. Aujourd’hui même, j’ai vu sur un site d’informations un tableau présenté comme étant la compilation des résultats dans l’ensemble des départements du Sénégal, attribuant à Macky Sall 46,68% de suffrages suivi d’Idrissa Seck à qui on donne 27,68%. On est toujours dans l’obsession d’un 2nd tour sur lequel on avait tout misé et qui a manqué au rendez-vous. Les données de ce tableau sont radicalement fausses et tous les acteurs du scrutin du 24 février le savent. Si je considère par exemple, le département de Nioro du Rip où j’ai voté et où j’ai suivi le vote jusqu’au bout, avant de recevoir le lendemain, des mains de mon jeune frère, Mamadou Lamine Dieng, qui dirigeait notre comité électoral, une copie officielle des résultats issue de la commission de recensement des votes, signée des représentants de tous les candidats entre autres, le candidat Macky Sall a obtenu 72 463 voix représentant 78,56% des 92 238 suffrages valablement exprimés. Il est suivi d’Ousmane Sonko qui a obtenu 9 825 voix représentant 10,65%. Idrissa Seck vient en 3ème position, avec 7 180 voix équivalent à 7,78% des suffrages. Ces chiffres ne peuvent faire l’objet de la moindre contestation et aucun représentant d’un quelconque candidat ne les a contestés en commission. En toute indécence pourtant, le tableau endossé et publié aujourd’hui par le camp d’un candidat attribue à Macky Sall 53 461 voix, place Idrissa Seck en 2nd position, avec 26 180 voix, et en 3ème position, il met Ousmane Sonko avec 10 419 voix. C’est ainsi qu’ils comptent obtenir un 2nd tour? En produisant sans vergogne du faux aisément démontable, pour manipuler l’opinion? Ceux qui sont réputés n’être avec aucun candidat et qui disposent des résultats authentiques issus des bureaux de vote et des instances de centralisation de ces résultats, ne devraient-ils pas dénoncer ces pratiques malsaines et rappeler à l’ordre les auteurs? En se taisant, ils se font complices de manœuvres qui ne sauraient prospérer, sans porter un grave préjudice à notre pays et notre peuple. J’ai eu l’occasion de le dire ailleurs, le jeu démocratique sénégalais est fortement pollué par les ressentiments et les antagonismes de personnes. C’est moins l’action de Macky Sall que sa personne qui est visée. On est libre de ne pas l’aimer et conséquemment de ne pas l’inviter à sa table. Mais quand cette phobie incite certains à soutenir l’imposture et la contrevérité, juste dans l’espoir de mettre Macky Sall en difficulté, cela pose problème et fait planer une grave menace sur la paix et la stabilité de ce pays. Aujourd’hui, trois jours après le scrutin, tous ceux qui étaient impliqués dans les opérations électorales ont la possibilité de contater la réalité issue des urnes. Mais comme cette réalité anéantit des rêves qui ne tenaient pas compte de la souveraineté du peuple, on ne veut pas la voir. On préfère entretenir le flou pour légitimer ultérieurement la contestation. Quelqu’un qui se déclare non partisan ne doit pas jouer ce rôle.Parmi les faits marquants de cette élection, il y a la défaite, une fois de plus, de votre camp et de votre candidat à Touba. Quel commentaire faites-vous?
Je n’ai pas de commentaire particulier sur ce fait. Nous sommes en démocratie et nous ne visons pas l’unanimité, mais la majorité. Cela implique que certains seront avec nous, d’autres contre nous. Notre objectif est que ceux qui sont avec nous soient suffisamment plus nombreux pour consacrer notre victoire. L’électorat de Touba n’est pas et n’a jamais été avec nous depuis 2012. Traditionnellement, c’était un électorat du Pds et de son chef. Pour cette élection dans laquelle ce camp n’était pas engagé, il s’est déporté sur un autre candidat qui s’opposait au nôtre. On a donc été battu là-bas, mais on a gagné ailleurs et à l’arrivée, nous avons gagné l’élection, comme nous gagnons toutes les élections depuis 2012 en perdant régulièrement Touba. C’est ainsi que fonctionne la démocratie. Pour moi, le fait marquant de cette élection, qui mérite vraiment réflexion, c’est plutôt la montée du courant populiste d’extrême droite. Ce phénomène constitue aujourd’hui la hantise des grandes démocraties occidentales et le scrutin du 24 février révèle clairement qu’il est aussi présent et monte en puissance chez nous. J’espère que lorsque la passion des confrontations se dissipera, les spécialistes se pencheront sur la problématique pour tenter d’apporter notre contribution à la réaction face à un défi qui menace à l’échelle mondiale les fondements du modèle de démocratie libérale dont nous avons tant vanté les mérites.

Gawlo.net (avec L’Observateur)

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