COUP DE PILON PAR MADIOR SALLA : Et si Boun Abdallah était un AS de la Com politique?


Au soir du 24 février 2019, Boun Abdallah Dionne, le coordonnateur de la grande coalition “Benno Bokk Yakaar”, envoyait un “Coup Ko” à l’opposition. Celle-ci ne s’en relèvera pas de sitôt car, étourdie par un “Ko debout” dont elle ne s’attendait guère. Elle n’a pu reprendre les esprits que quelques instants plus tard avant de ruer sur les brancards. L’heure n’était plus à l’euphorie d’après les belles victoires de Touba, Thiès ou Ziguinchor, mais plutôt de se soustraire aux méfaits du “Ko debout”. En quoi faisant ? En courant chercher les calculettes pour parer au plus pressé : rectifier Boun Abdallah, par ailleurs Premier ministre du gouvernement de Macky Sall.

Exit, la demande pressante de Sonko aux jeunes d’aller prendre la bastille de Léopold Sédar Senghor. 48H passées à la calculette qui permit au régime de Macky Sall de reprendre du souffle et mieux maitriser la situation.

Dionne pouvait ainsi lever les bras vers le ciel et crier “Eurêka” !!!

La question que nous nous posons est de savoir si, Boun Abdallah Dionne avait fait, dans son riche parcours, de la communication politique.

Communication politique avez-vous dit ?

Le respect du principe démocratique, et une considération sincère pour ses interlocuteurs, sont l’aune à laquelle évolue moralement toute communication politique. Cependant, on s’aperçoit que l’on retrouve les techniques et finalités de la propagande dans la plupart des initiatives des pouvoirs pour informer et communiquer. Détentrices du pouvoir, les institutions détiennent surtout le pouvoir de dire, d’édicter autant de mentir ou passer sous silence. L’on dit que le discours des États ne peut que rarement être exempté d’une visée machiavélique. Car l’enjeu de la communication politique sera toujours le pouvoir, celui que l’on veut conserver, celui que l’on veut conquérir, voire celui que l’on veut …détruire. On ne peut éternellement régner par la force et comme l’enseignait Rousseau : “Le plus fort n’est jamais assez fort pour être toujours le maître”.

La conquête et la maîtrise du pouvoir passent aussi par le ralliement des esprits. Et invariablement, “la fin justifiera les moyens” dans la logique de cette communication ayant le pouvoir pour principe d’action et finalité.

Le libre arbitre consenti aux individus par le suffrage universel ne fait que rendre plus crucial la manière de s’adresser aux citoyens ou électeurs. “On ne peut pas régner innocemment” confessait Saint Just, dans un discours resté célèbre. Nous y ajoutons que “L’homme politique ne communique innocemment non plus, en amont comme en aval de sa conquête du pouvoir”. Celui-ci s’efforcera donc d’infléchir des esprits, et il tentera de soumettre ses citoyens à un avis, auquel rien ne les prédisposait à prévoir. Comme l’on a l’habitude de le dire, la communication politique se caractérise par son pragmatisme, sa capacité d’adaptation et son machiavélisme.

Pragmatiques, le discours et l’action de Dionne l’ont été. Car ils visaient un but : persuader et convaincre au-delà de l’effet prisme. Exercer une influence sur l’auditoire est toujours la finalité concrète en com politique.

” Goebbels affirmait : “Nous ne parlons pas pour dire quelque chose, mais pour obtenir, un certain effet”

Effet, avez-vous dit ? Oui ! Car depuis que le coordonnateur du directoire Bby a lancé son pavée dans la mare, tout le monde s’est mis à la calculette, même Idy, au lieu d’aller envahir le Palais comme avait conseillé aux jeunes, le leader de Pastef.

La communication politique doit faire face, de nos jours, à une désillusion généralisée. Les discours des hommes politiques se voudraient sincères, mais ils sont reçus avec scepticisme. N’ayons pas peur des mots, un homme politique qui s’exprime pour persuader son auditoire et l’amener à penser comme lui, dit-on, se livre à une action de propagande, qu’il l’admette ou non.

Gawlo.net (Madior SALLA)

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