Équilibres


Portrait of a boy with the flag of Senegal painted on his face.

Les Sunugaaliens ne sont pas fondamentalement différents des autres Africains. Et si le pays a pu préserver une certaine stabilité, demeurant un sanctuaire démocratique où nulle guerre ethnique, nul coup d’État militaire, nulle insurrection populaire généralisée n’est survenue depuis l’indépendance en 1960, c’est parce qu’il dispose de régulateurs sociaux. Mais aussi parce que ses dirigeants, à l’instar de Léopold Sédar Senghor, premier chef de l’État, ont su jusque-là entretenir les équilibres, entre les régions, les ethnies, les religions ou les confréries. Malheureusement, aujourd’hui, l’État, lieu de la neutralité par excellence, prend des colorations qui ne sont pas uniquement partisanes, mais frisent l’inclusion patronymique, pour ne pas dire ethniciste. La conséquence est une réaction épidermique, constatée par tous, à travers le vote lors de cette présidentielle. L’ethnie et la confrérie, voilà les deux mâchoires qui pourraient prendre en tenaille les Sunugaaliens, diluant à jamais ce cousinage à plaisanterie qui fait le ciment de la nation. Alors, de grâce, ne faussons pas les équilibres et bridons à jamais tous les «fous» qui hantent nos hameaux.

Gawlo.net: “Waa Ji” (Les Échos)

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