Sacrilège !

Sacrilège !

Le Premier ministre, que je sache, était venu solliciter des prières auprès du Khalife Général, auprès de son guide spirituel. Par conséquent, nul ne devait lui manquer de respect. C’est mettre mal à l’aise que de perpétrer de telles attitudes. La cour d’un Khalife est sacrée. »

Il est vrai qu’en démocratie, cette liberté de huer est permise mais il faut tout de même souligner que dans la cour du khalife, certains comportements indélicats visent plutôt le guide spirituel que son hôte. En conspuant le Premier ministre, coordonnateur du pôle programme du candidat de Bennoo, les talibés houspilleurs ont manqué de considération au premier représentant de Serigne Touba sur terre. Ils ont commis un sacrilège. Le talibé mouride est réputé respectueux de son marabout et ce respect doit être dévolu à ses hôtes quelle que soit la couleur de leur parti politique. Cette indiscipline commence à être récurrente chez les talibés mourides réputés respectueux et dévoués à leur marabout. On se souvient des talibés de Serigne Saliou Touré de Thiès qui ont molesté voire lapidé l’émissaire du khalife de Touba venu éteindre le feu de la dissension entre les mourides de ladite localité. Le khalife furax avait fait une sortie pour flétrir ces comportements indignes d’un bon mouride. La résipiscence des fautifs avait calmé la colère califale. Dans ce lot d’indiscipline, on peut noter celle de ces « baye-fall » qui avaient bravé l’interdit du saint homme consistant à enterrer tout mort dans le premier cimetière archicomble. Il a fallu les excuses publiques du khalife des « baye-fall » pour apaiser la tension du Khalife. Aujourd’hui des militants de Rewmi ont défié le khalife dans sa cour. En dehors de la motivation de leurs huées, c’est l’image du mouridisme considéré comme une doctrine où prévalent l’ordre, la discipline et l’obéissance qui est écornée, éclaboussée.

Mais si les talibés rewmistes sont indexés comme étant les principaux auteurs de cet acte d’indiscipline, il ne faut pas exclure la responsabilité des services de renseignements de l’Etat. Ces derniers étant réputés être les performants de l’Afrique, il serait inadmissible que le chef du gouvernement soit pris impuissamment à partie par des hurluberlus déchainés sans qu’ils aient pu prévenir de telles exactions. Comment se fait-il que ces services de renseignement ne puissent pas prévoir la furia voire la déferlante des inconditionnels du Rewmiste en chef contre le chef du gouvernement ? Ce qui montre qu’il y a des failles dans le renseignement de l’Etat qu’il urge de corriger.

Gawlo.net (Madior SALLA)

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