Éditorial : Sonko ou le syndrome de Calimero


Les geignards sont exténuants et affligeants. Leurs objurgations et jérémiades finissent par mettre à nu leur imposture. Le syndrome de Calimero désigne les sempiternels pleurards qui se plaignent de tout et passent leurs journées à voir partout du noir. Ils se victimisent, pleurnichent, jouent la comédie. Et cette manipulation fonctionne bien au point que l’on oublie les vraies victimes. Ils sont dans la paranoïa haut de gamme, ont l’art de retourner les situations pour que ce soient eux que l’on prenne en pitié.

La manipulation est en symbiose avec l’esprit du machiavélisme : tous les moyens sont bons, y compris l’instrumentalisation des personnes, des idées et des groupes dans un but qui ne leur est pas forcément dévoilé, mais toujours en lien avec la conquête et l’exercice du pouvoir. Il y a en permanence une volonté de manipuler ceux qui peuvent vous aider de même que les adversaires, soit pour les rallier soit pour les discréditer. Car la manipulation, inhérente à la vie politique, fonctionne en général par rapport à un troisième acteur : l’opinion publique. 

Dans la nuit du 23 au 24 janvier, le siège de Pastef Yoff a été attaqué. Rien n’a été épargné, tout est à l’envers. Des débris de verre tapissent le carrelage, des chaises cassées, le téléviseur écran plat fixé dans la salle de réunion trouée, des ordinateurs, des ventilateurs et des tables presqu’en morceaux. C’est là le décor des locaux de Pastef, sis à Yoff et saccagés par des individus encagoulés et armés de coupe-coupe. Selon le planton de la permanence de Pastef à Yoff, les nervis à la solde du maire de Yoff ont déclaré : « Nous voulons que vous déménagiez votre siège. Ici c’est le fief de Abdoulaye Diouf Sarr ». Ce qui ouvre la brèche des accusations contre le responsable apériste de Yoff par ailleurs ministre de la Santé.

Ce que dément Diouf Sarr. Selon lui, « le parti de Ousmane Sonko, Pastef/Les Patriotes, cherche à se victimiser ». Il ajoute au micro de Iradio : « J’aimerais leur dire que c’est tout à fait absurde parce que Yoff est un village qui a une très grande culture politique, mais qui est très pacifique et où il y a une grande cohabitation avec beaucoup de sièges de parti politique. Abdoul Mbaye (Act), nous sommes côte à côte. Nous avons toujours ouvert notre siège sur la même rue avec mon ami et frère Khalifa Sall. On n’a jamais eu ce genre de problèmes. Si maintenant Sonko vient utiliser cette stratégie du buzz, je suis vraiment désolé. Il est important de lui demander de grandir rapidement et de sortir de cette stratégie qui consiste à chercher toujours à créer chaque fois une histoire invraisemblable pour attirer l’attention ».

Ainsi la problématique de la manipulation est posée. Il est symptomatique que l’attaque contre la permanence du Pastef intervient au moment où une interview-bombe contre le chef des Patriotes devait paraitre dans un journal de la place. Tout laisse à penser qu’il s’agit là d’une simple manipulation politique et d’une nouvelle manœuvre de diversion visant à faire oublier les accusations portées le chef des patriotes.

La quasi-concomitance de l’attaque de la permanence Yoff et la publication d’une interview où Mamour Dialllo, durement accusé par Sonko sur l’affaire des 94 milliards francs CFA, réplique au leader de Pastef. Pour les responsables de l’APR, c’est une manière cauteleuse pour Sonko de faire le buzz aux fins de divertir les Sénégalais et détourner leur visage sur ce dont il est accusé à son tour. Aujourd’hui dans l’analyse de la survenue des événements, les gens de l’APR soulignent l’incohérence dans le déroulement des faits et l’interrogatoire produit par le vigile de service. Les manipulateurs ont une coquille de Calimero en acier trempé. Le syndrome de Calimero désigne les sempiternels pleurards qui se plaignent de tout et passent leurs journées à voir partout du noir. Ils se victimisent, pleurnichent, jouent la comédie. Et cette manipulation fonctionne bien au point que l’on oublie les vraies victimes. Ils sont dans la paranoïa haut de gamme, ont l’art de retourner les situations pour que ce soient eux que l’on prenne en pitié. C’est le triomphe de la manipulation. Cette manipulation, le professeur d’histoire contemporaine, Jean Garrigues, dit qu’« elle est en symbiose avec l’esprit du machiavélisme : tous les moyens sont bons pour arriver aux fins, y compris l’instrumentalisation des personnes, des idées et des groupes dans un but qui ne leur est pas forcément dévoilé, mais toujours en lien avec la conquête et l’exercice du pouvoir. Il y a en permanence une volonté de manipuler ceux qui peuvent vous aider de même que les adversaires, soit pour les rallier soit pour les discréditer. Car la manipulation, inhérente à la vie politique, fonctionne en général par rapport à un troisième acteur : l’opinion publique. » 

Sonko semble être atteint de cette pathologie apitoyante de la manipulation, du narcissisme et du nombrilisme. En carence de vraies raisons de tirer la sonnette d’alarme, Pastef s’autorise de plus en plus à prendre ses rêves et ses cauchemars pour des réalités, au point d’évoquer les prétendues violences de nervis stipendiés par le patron des cadres de Bennoo Bokk Yaakaar. Aujourd’hui, s’il est avéré que cette attaque factice est une machination ourdie par des gens même de Pastef, les conséquences seraient désastreuses sur l’image de Sonko qui prétend jouer au Saint immaculé du landerneau politique sénégalais.

Quelque attaque que le Pastef ait subi cette nuit du 23 au 24 janvier, il relève de l’affabulation de les imputer ex-abrupto et sur simple présomption à un quelconque groupe politique. Ainsi les bébés politiques que sont les Patriotes devraient arrêter de se prendre pour les pachydermes du monde politique.

Gawlo.net (Madior SALLA)

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