TENSIONS PRÉÉLECTORALES : De grâce, ne brûlez pas ce pays !


Comme lors de la présidentielle de 2012, la tension préélectorale est à son paroxysme et la psychose gagne de plus en plus certains Sénégalais. Il s’y ajoute que le pouvoir et l’opposition promettent, à travers des discours aussi incendiaires les uns que les autres, d’en découdre. Sans parler des arrestations tous azimuts, à l’instar des proches de Khalifa Sall, et du recrutement en série de gros bras qui constituent un cocktail explosif. Des faits qui n’augurent rien de bon pour ce pays qui nous appartient tous. Nous y passerons tous en cas de tensions, surtout que certains n’ont les yeux que sur nos ressources  pétrolières et gazières. Prudence !

A moins d’un mois de la présidentielle de février  2019, la paix sociale se trouve ainsi menacée et compromise. De part et d’autre, on assiste à des déclarations guerrières, chacun promettant à l’autre l’enfer. Pour un pays qui a déjà connu deux alternances pacifiques, on aurait pu se passer de ces extrémités, si on avait fait valoir un dialogue sérieux. Mais c’est comme si personne ne voulait écouter son vis à vis. Sept ans sans se parler, cela laisse bien entendu des cicatrices qui se concrétisent par des déclarations va – t- en- guerre. Avec le vote du système de parrainage au forcing et sans débat, des candidats ont subi les lourdeurs de son application avant d’être définitivement recalés de la course à la présidentielle de février 2019. Les candidatures de l’ancien maire de la capitale révoqué Khalifa Sall et de  Karim Wade du PDS, la principale formation politique du pays, rejetées, le ton est monté d’un cran avec des arrestations de militants tous azimuts. Au niveau des états-majors des candidats Khalifa Sall et Karim Wade, on assiste  à des déclarations incendiaires comme celle de l’avocat et ancien ministre  de la Justice, Me Amadou Sall qui déclare péremptoire qu’il n’ y aura pas d’élection. Alors que le collectif des 25 candidats à la candidature de l’élection présidentielle disqualifie Macky Sall de l’élection présidentielle du 24 février prochain et appelle le peuple à la résistance tout en annonçant une journée nationale d’actions. Du côté du pouvoir, c’est le ministre du Tourisme, Mame Mbaye Niang qui fait monter les enchères et se dit prêt  à répondre aux provocations de l’opposition tout en annonçant avoir recruté de gros bras. Sur une vidéo qui circule, on voit une masse de malabars qui se font tristement appelés « Les marrons du feu » (sic). Preuve du manque de culture générale de celui qui est derrière ces nervis que l’on voit ailleurs  dans une autre  vidéo, exerçant des exactions sur de pauvres populations qui ne voulaient que manifester leur mécontentement par le port de brassages rouges. Bref, tous les ingrédients sont en place pour brûler  le pays malgré les appels au calme des chefs religieux notamment ceux de l’église catholique. Le Forum du Justiciable vient également de rappeler à l’ordre ceux qui veulent jouer aux pyromanes. Cette structure de la société  civile se dit soucieuse de la consolidation de la démocratie, de l’État de droit ainsi que la stabilité du pays. Et face aux appels à l’insurrection, elle appelle leurs auteurs au calme par rapport à leurs déclarations, d’une gravité extrême tendant à invalider la candidature de Macky Sall et à saboter sa campagne électorale. Aux jeux   du Forum du Justiciable, ceci  constitue une incitation à la violence et une menace des principes démocratiques dégagés par la constitution. Il nous faut savoir que la vie ne s’arrêtera pas  le 24 février  prochain. Elle poursuivra son cours. Mais notre avenir pourrait être compromis par rapport à ce que nous ferons de la paix sociale. Nous devons enlever de notre subconscient les images de 2012 avec une ville en feu, des chaines de télévisions occidentales braquées sur nous et prêtes à jouer aux voyeurs pour nous voir nous entretuer. Sept ans après cet épisode, ce serait un grand recul pour tous ceux qui ont combattu pour  un État de droit. Il faut également savoir que le Sénégal de 2012 est  différent de celui de 2019. Avec nos ressources pétrolières et gazières, nous devons être plus prudents pour ne pas voir ses ressources nous passer sous le nez au profit des autres. Il est encore temps de nous parler pour des élections transparentes et apaisées. Il y va de l’avenir de ce pays et du  devenir de nos enfants.

Gawlo.net (Madior SALLA)

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