PAPE OUSMANE BA OU OUSMANE SOPRANO : Dans l’univers du concepteur avisé de la marque de vêtement « Ligron »

PAPE OUSMANE BA OU OUSMANE SOPRANO : Dans l’univers du concepteur avisé de la marque de vêtement « Ligron »
On l’a vu dans la rue, sur les réseaux sociaux… La marque de vêtement « Ligron » fait fureur et les coupes s’échangent de téléphone à téléphone. Derrière ce sucés, il y a Pape Ousmane Ba. A seulement 25 ans, ce jeune garçon a réussi à imposer sa marque de vêtement, tout seul. Et malgré les contraintes qu’implique cet investissement, il est prêt à tout donner.
Quelque 20 minutes après notre coup de fil, il débarque à la Rédaction centrale. A sa descente, Pape Ousmane Ba, plus connu sous le nom d’Ousmane Soprano, casquette visée sur la tête, il porte un ensemble pull griffé « Ligron ». Vu de près, sa silhouette frêle dégage une certaine timidité. Mais ce n’est qu’une façade, le jeune homme a constamment le sourire aux lèvres. Ce n’est pas entonnant, puisque Pape Ousmane Ba fait partie du cercle des « développeurs d’esthétique décontractée », mais chic, avec sa marque de vêtement « Ligron ». Né à Dakar et amateur d’art urbain, Ousmane Soprano a des rêves plein la tête. A seulement 25 ans, il est le créateur de la marque de vêtement « Ligron ». « Ligron » ou « Ligre » est un mal, le croisement naturel entre un lion et une tigresse.
« Ligron » lancé en 2017 avec un budget de 25 000 FCfa
C’est d’ailleurs cet animal qui l’a inspiré dans son choix. « Pendant mon enfance, je passais des heures à lire des bandes dessinées de Disney comme « Super Picsou géant. J’en avais une valise pleine. C’est là-bas que j’ai découvert cet animal et aussitôt il m’a fasciné », sourire aux lèvres. Après un parcours scolaire et son bac en poche, in intégré une école d’infographie ,et de vidéographie. En juillet 2017, Ousmane décide de créer une marque de vêtements dont il rêvait depuis. Ce projet « Ligron », il l’a lancé avec un budget de 25 000 francs CFA. A l’époque la marque était beaucoup plus spécialisée dans le domaine du « street wear » (habillement de la rue, T-shirt, pulls, casquettes, polo…)
La marque spécialisée dans le « street wear »
Malgré la difficulté de poursuivre ses études et de gérer son entreprise, Ousmane est boosté par sa passion. Il n’a attendu ni l’État ni les moyens. Au début, il a commencé à confectionner quelques t-shirts qu’il fait porter à ses amis pour les prendre en photos pour ensuite les publier dans les réseaux sociaux. Et ce fut le déclic ! Des commandes foisonnent de partout. Et le jeune garçon a compris qu’il devait changer sa démarche. Ainsi, il a décidé de se lancer comme toute marque naissante dans la méthode crowdfunding (financement participatif).
D’abord, c’est pour tester le marché, connaître les besoins, les goûts et les choix. Le test réussi, Ousmane décroche des commandes d’ici et d’ailleurs, payées le plus souvent à l’avance. Aujourd’hui ces produits font fureur su_r les réseaux sociaux et ces commandes s’étendent sur tous les continents.
Ces T-shirt « Ligron » varient entre 4000 francs CFA et 6000 francs CFA la pièce, le pull »Ligron » est entre 6000 francs CFA et 7000 francs CFA, le polo « Ligron » entre 7000 francs CFA et 12000 francs CFA la pièce. La chemise africaine, quant à elle, s’écoule à 10 000 francs CFA. Et l’ensemble africaine varie entre 25 000 francs CFA et 40 000v francs CFA, selon le modèle et la qualité du tissu. Actuellement, il arrive à écouler plus de 150 articles dans le mois.
150 articles vendus par mois
« J’ai pu adapter mon premier stock à partir des précommandes. J’ai beaucoup vendu en Noir et Blanc. En effet, la crowfunding m’a permis d’éviter beaucoup de risques », narre Ousmane Soprano.
Les vêtements « Ligron » en marche, Ousmane ne s’arrête pas en si bon chemin. Début août 2017, il décide de se lancer dans l’évènementiel avec sa marque « Ligron events », en collaboration avec un autre groupe dénommé « Team puissance ». Aujourd’hui, hormis le Sénégal, il évolue dans l’industrie musicale gambienne, avec des concerts, des sorties, des soirées…
« J’aime beaucoup ce que je fais et je souffre des sacrifices que cela suppose. Tous ces articles, je les confectionne dans ma propre chambre », dit-il. Il encourage d’ailleurs vivement les jeunes de son âge à entreprendre. Malgré tout, il faut être prêt à tout donner pour son projet et en faire priorité.
Et comment fait-on quand on n’a pas d’expérience, quand on est pas millionnaire, pour créer une ligne de vêtements de qualité, et tenter sa chance dans ce milieu très fermé et élitiste? Ousmane livre sa méthode : « Je suis genre à penser qu’on peut réaliser ses rêves si on est animé de courage et d’abnégation et une foi inébranlable. Parce que dans ce pays, on peut facilement se décourager. Pour moi le meilleur métier, c’est sa passion »
« Dans ce pays, on peut facilement se décourager »
Aussi, Ousmane est un philanthrope avisé. Sa marque organise fréquemment des opérations de collecte de vêtements pour des pouponnières. Il est aussi dans la collecte de dons pour les enfants atteints du cancer à l’hôpital Le Dantec. Parce que pour ce jeune homme »Ligron, c’est beaucoup plus qu’une marque, c’est une philosophie de vie ».
Avant de quitter nos locaux, le jeune nous a confié sa dernière surprise. Au-delà d’une formation en infographie et en vidéographie, le jeune a intégré une école de cinéma. « J’ai écrit un film, on a fait le casting, mais les moyens ne suivent pas encore », a-t-il lâché, le sourire aux lèvres.
Gawlo.net (Vox populi)
Categories: CULTURE
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