L’urgence d’un dialogue politique

L’urgence d’un dialogue politique

L’idée que rien de grave ne pourrait nous arriver pour la simple raison que des saints sont enterrés dans ce pays de tradition d’accueil ne peut prospérer éternellement. Dans d’autres pays où reposent des prophètes, c’est le cataclysme. Le Sénégal court vers des lendemains post- électoraux  plein d’incertitudes, déjà que le pouvoir et l’opposition ne parviennent pas à s’entendre sur le fichier électoral. D’ailleurs, ils ne s’entendent sur rien du tout. Un grand recul pour un pays qui a connu trois alternances pacifiques. Tout ceci résulte de l’absence d’un dialogue sincère et qui n’a jamais eu lieu, malgré la bonne volonté du Président Macky Sall qui a toujours appelé son opposition autour d’une table. Et plutôt  que de dialoguer, on bande les muscles des deux côtés. Ceci à quelques mois de la présidentielle. Signes avant-coureurs de germes de contestations. Surtout que le candidat du parti de l’opposition le plus significatif risque de ne pas autoriser à participer à cette élection. Les portes de la prison de Rebeus pouvant lui servir comme point d’accueil au cas où il débarquerait à Dakar. Sur ce point, le pouvoir a déjà plié le cas Karim Wade. Celui de Khalifa Sall reste également incertain, son dossier étant pendant devant la Justice. Lors de son discours de clôture de la cérémonie officielle du Gamou, le Khalife général des Tidianes, Serigne Babacar Sy Mansour, avait mis les différents candidats à la Présidentielle devant leur responsabilité à préserver la paix en évitant de verser de l’huile sur le feu et en se respectant mutuellement. Si le chef religieux s’est autorisé un tel appel, c’est parce que face à l’absence de dialogue des acteurs politiques, la paix sociale pourrait être compromise. Et comme l’a dit, le Khalife général, personne n’échappera au feu si ce pays brûle. Plus que jamais et à quelques semaines de la présidentielle, il urge du côté du pouvoir comme celui de l’opposition, de faire des concessions, pour une présidentielle apaisée. Après trois alternances pacifiques, ce serait un grand recul démocratique si le pays connaitrait des troubles post-électoraux. Et sans faire dans la divinisation, on peut dire que tout concourt à des élections fortement contestées. A moins qu’un sursaut national se produise des deux côtés.

 

 

 

 

Gawlo.net (M. D.)

Categories: A LA UNE, MANSOUR POST

About Author