HUMANISME

HUMANISME
Tout le monde le sait, tout le monde en parle, mais les autorités semblent fermer les yeux et se boucher les oreilles. D’ailleurs, elles ne veulent souffrir d’aucune contestation. Ce dont nos prisons surpeuplées manquent le plus, c’est d’humanisme. Ça, c’est une denrée rare dans ces citadelles du silence où l’homme devient l’ennemi de l’homme. Et où c’est le règne de l’humain dans sa bestialité. Des agneaux qui entrent en prison pour en ressortir transformés en loups, ça ne sort plus de l’œuvre d’un romancier. Mais c’est la nature de nos prisons. La réalité y fait une concurrence déloyale à la fiction. L’histoire de Cheikh Diop, du nom de l’homme qui s’est immolé par le feu, peut arriver à n’importe quel citoyen de ce pays où même dans nos hôpitaux, des praticiens se f… de la notion d’humanisme. Des hommes qui entrent à Rebeuss avec deux bras ou deux jambes, deux yeux et en ressortent amputés, handicapés à vie ou borgnes voire aveugles pour défaut de soin, ce n’est plus de la littérature. C’est la face hideuse des lieux de privation de liberté au Sénégal. On y devient des monstres, si on n’a pas foi en Dieu. Nos prisons ne sont plus faites pour des humains. Bien sûr, cela concerne les voleurs de poulets, les fils de pauvres, mais pas les politiciens dont l’autorité craint qu’ils ne quittent ces lieux les pieds devant. Il nous faut humaniser ces lieux. Le plus difficile après un long séjour en prison au Sénégal, c’est de reconstruire une vie. D’autres voient la leur bousillée par des gens que toute humanité a déserté et qui règnent en maitres dans ce monde carcéral. Le défunt Cheikh Diop a été victime de ces affreux, hélas.
Gawlo.net : Kaccor Bi (Le Témoin)
Categories: CHRONIQUE
Tags: HUMANISME

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