MAME BOUH KOUNTA, UN HOMME DE DIEU INCONTESTABLE ! : Né un dimanche, intronisé khalife un dimanche, rappelé à Dieu un dimanche

MAME BOUH KOUNTA, UN HOMME DE DIEU INCONTESTABLE !  : Né un dimanche, intronisé khalife un dimanche, rappelé à Dieu un dimanche
La Ummah islamique, le peuple sénégalais en général et la communauté Qadiriyya en particulier sont dans la consternation avec le rappel à dieu, tôt dans la matinée de ce dimanche 4 novembre 2018, du khalife général de Ndiassane, El Hadj Mame Bouh Mamadou Kounta. c’est dans une clinique de rufisque que l’illustre cheikh est retourné à son seigneur avant que son corps ne soit transféré à l’hôpital principal. ce au moment où presque tous ses enfants se trouvaient en Algérie, pour prendre part à un Forum international dont leur désormais défunt cher père était le parrain. c’est compte tenu de son état de santé défaillant que l’illustre disparu avait fini par se retrancher depuis quelque temps dans sa maison sise à rufisque. il sera inhumé ce lundi matin 5 novembre dans la capitale spirituelle de la Qadiriyya, suivant le vœu de ses enfants qui ont vite fait de regagner le pays. déjà, les fidèles convergent de partout pour rallier la cité religieuse de Mame où ils pourront accompagner le sixième khalife général des Qadr à sa dernière demeure et se recueillir sur son mausolée mais aussi renouveler leur allégeance au nouveau Khalife. Né un jour de dimanche, l’illustre disparu a été intronisé au khalifat le dimanche 29 avril 2006 à l’âge de 80 ans et rappelé à dieu ce dimanche 4 novembre 2018, à l’âge de 93 ans.
prières, louanges dédiées au prophète Mouhammad (psl), lecture du saint coran, recueillement sur les mausolées des vénérés cheikhs rythment déjà la capitale spirituelle de la Qadiriyya. Ndiassane-la-pieuse, sanctuaire de l’islam fondé entre 1883 et 1884 par cheikh Bouh Kounta, a déjà fait le plein avec le rappel à dieu du Khalife Mame Bouh Mamdou Kounta, l’infatigable soldat de la famille de cheikh Bouh seyyidi Mouhammad-al Bachir Kounta. depuis que la triste nouvelle est tombée hier matin, les fidèles convergent de partout vers Ndiassane, capitale des Qadr sénégalais. Les résidents se préparent déjà à ac- cueillir des hôtes venus non seulement prendre part à l’inhumation de leur guide mais aussi réaffirmer leur allégeance à la famille de cheikh Bouh Kounta et, plus précisé- ment, au nouveau khalife. des fidèles qui devront revenir à Ndiassane dans les prochaines semaines, pour les besoins du traditionnel « gamou » cette fois-ci.

Qui était El Hadj Mame Bouh Mamadou Kounta ?
Le défunt khalife, El Hadj Mame Bouh Kounta, grand maître du soufisme, premier petit-fils à occuper ce poste, était le fils aîné du 3ème Khalife serigne Mamadou Kounta. il de- vint le premier petit-fils à diriger la « tarikha » (confrérie) avec son intronisation au rang de khalife le 29 avril 2006. il était le fils d’El Hadj Mamadou, le troisième khalife, et a vécu et travaillé à Kamatane. il a beaucoup voyagé au Mali et a aussi fréquenté d’autres pays ouest-africains pour faire des affaires. ce conformément à la tradition qui consiste à éloigner les candidats à la succession de Ndiassane afin de pré- venir des conflits entre frères et de les encourager à être autonomes et indépendants. cette règle avait été instaurée du temps du premier khalife. elle a, par ailleurs, permis un rapprochement entre les membres
de la famille Kounta et leurs disciples. ce qui fait que tous les villages où les khalifes ont vécu du temps de sidi Lamine jusqu’à présent regroupent d’importantes communautés de disciples. El Hadj Mame Bouh Kounta, âgé de 80 ans lors de son intronisation, s’était attelé à rendre visite à tous les chefs de ces communautés malgré son âge avancé. avec l’aide de son fils aîné, Mohammed Kounta, professeur d’éducation à l’université cheikh Anta Diop de Dakar, il s’était fixé un ambitieux programme. il envisageait non seulement de faire construire une école coranique moderne (daara) qui sera ouverte à tout musulman et dispensera aux élèves des connaissances pratiques mais aussi de créer une école secondaire à Ndiassane pour faciliter l’instruction des filles. par ailleurs, il projetait d’achever la  construction d’une grande mosquée.
Mame Bouh Mamadou Kounta n’a jamais cessé de demander que la route latéritique qui mène à Ndanck fondé en 1883 par cheikh Bounama Kounta, l’ancêtre des al Kountiyou, soit bitumée, surtout que ce village n’est distant de la commune de Ngaye Mékhé que de 7 kilomètres. il souhaitait aussi que les villages maures de santhie Bouna, Gouye Yett, entre autres, puissent bénéficier du programme de modernisation des cités religieuses. il avait toujours érigé en priorité la reconstruction de la maison du Khalife à Ndiassane, « Keur Mack Mome », dont les travaux avaient été mal entrepris. c’est ainsi qu’il avait demandé la démolition de l’infrastructure, ce qui avait été fait. sans oublier cet autre projet qui lui était cher, la grande tente qui jouxte la mosquée destinée à accueillir les cérémonies religieuses. Le khalife général des Khadres avait invité le chef de l’État à venir inaugurer, en février dernier, la maison du khalife qui porte désormais le nom du fondateur Mame Bouh Mouhamed Kounta. il s’était félicité du fait que le village de Ndiassane a changé de visage avec l’avènement du chef de l’État Macky sall. pour la mosquée, il avait exprimé le désir de voir le minaret surélevé pour être visible de loin sur la route nationale, notamment par les voyageurs en par- tance pour saint-Louis ou revenant de cette ville. Mame Bouh Kounta a toujours manifesté tout son plaisir de recevoir à Ndiassane le président Macky Sall qui, disait-il, a « respecté tous les engagements pris en faveur de la communauté al kountiyou ». et de toujours souligner : « Vous êtes un homme discipliné. Vous avez la capacité de gérer le pays. Vous êtes véridique. un président élu peut faire autrement mais vous respectez votre parole et vos engagements. Vous avez honoré tous les foyers religieux. Nous ne cessons de prier pour vous pour que vous puissiez conduire le Sénégal sur les rails de l’émergence ».

Étant le plus âgé des petits-fils, Mame Bouh Mamadou Kounta dirigeait de main de maitre le Khalifat des « akhlou kountiyou » du séné- gal, de l’Afrique et de la diaspora. a la disparation, en 1803, de son grand-père, fondateur de la cité religieuse, Mame Bounama Kounta, initiateur du Gamou de Ndiassane, c’est cheikhal Bécaye Kounta, qui héritera du khalifat, qu’il dirigera pendant 15 années. il est remplacé par cheikh sidy Lamine Kounta, dont le règne durera 44 ans. selon le défunt Khalife, ce fut ensuite au tour de son propre père de présider aux destinées de la communauté khadrya pendant deux ans et demi, avant de passer le témoin à serigne Sidy Yakhiya Kounta, qui restera 11 ans et 6 mois au Khalifat. après lui, la charge est revenue à Baye Bouh Kounta, le dernier fils de Mame Bounama Kounta, qui a dirigé la tarikha durant 15 années, avant de passer le flambeau au plus âgé des petits-fils de Mame Bounama Kounta.

Un ambitieux programme de modernisation de la cité religieuse dans son ambitieux programme
de modernisation des cités religieuses, le président de la république accorde une attention particulière à la capitale spirituelle de la Qadiriyya dont les habitants ré- clament une très grande mosquée comme les autres cités religieuses. aussi, en plus d’une Grande mosquée Khadriya digne de ce nom, de l’esplanade des Mosquées exécutés par l’age-route, Ndiassane a besoin d’une résidence, aujourd’hui redimensionné, du Khalife : « Keur Mag », un vieux projet du président abdoulaye Wade d’un coût de 800 millions FcFa. une résidence qui va régler le problème d’hébergement du village de Ndiassane et va abriter une radio, une télévision, une mai- son de la presse, une bibliothèque, des appartements pour l’héberge- ment des familles religieuses comme des délégations officielles, surtout des invités de la ville sainte. Le « daara » moderne de Ndiassane construit à hauteur 288 millions FcFa figure en bonne place dans les doléances de la famille Kounta qui en réclame l’ouverture. La cité religieuse ambitionne surtout de changer de visage avec la construction d’une infrastructure moderne pour abriter le marché international « malien » qui, chaque année, durant le « gamou », fait un chiffre d’affaire de 1,5milliard FcFa. elle a aussi l’ambition de réhabiliter ses marigots pour en faire un lac artificiel.

Gawlo.net (Témoin)
Categories: PORTRAIT
Tags: Boukounta, Mame

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