LE BUZZ VA – T-IL « TUER » L’INFO ?

LE BUZZ VA – T-IL « TUER » L’INFO ?

Prêcher le faux pour avoir le vrai. Cela consiste à avoir ou faire le Buzz ! Autant dire mentir. Et la plus grosse erreur est de penser que tout est l’œuvre du journaliste. Il y a bien un… exécuteur qui est souvent un politicien ou une de ces célébrités en mal de popularité qui va après crier sur tous les toits être victime de fausses rumeurs alors que c’est lui-même qui est à l’origine de ce buzz avec la complicité du journaliste. Celui –ci, tout en ayant la certitude qu’il divulgue  une fausse information, vous dira en être conscient avec l’argument décapant que c’est exécuteur qui veut un buzz. Bref, celui qui lui  fait faire ces basses œuvres, voudrait qu’on parle de lui et que cela soit en bien ou en mal. L’effet recherché et qu’il soit au centre d’une rumeur afin d’attirer l’attention sur lui. Ce procédé  fait malheureusement le lit de la presse sénégalaise exposée à un mauvais voyeurisme. Les règles qui régissent le métier  ainsi bafouées pour la recherche du prétendu scoop qui se révèle pour la plupart être un canular. La vérification, les recoupements avant que l’information ne soit divulguée, sont devenus un luxe pour des journalistes qui ne s’embarrassent plus de toutes ces  préoccupations devenues un frein pour leur métier. Du coup, on met chaque jour à rude épreuve leur crédibilité. Ils sont devenus pour une bonne partie de la population, des vendeurs de chimères. Et quand c’est la population qui doute des informations de la presse, on peut dire que le métier en a pris un sacré coup. Tout cela à cause de ce « Buzz » qui a réussi à tuer la vraie information. On doute de tout ce que pourrait écrire le journaliste qui ne dit plus la vérité et tente de tromper l’opinion. C’est en tout cas, l’idée que se font beaucoup de personnes sur ce métier, jadis connu pour sa noblesse et le respect que l’on avait de ses acteurs.

Bien entendu, ce phénomène n’est pas propre à notre pays. Il fait partout des victimes. Aux États-Unis, l’expression est devenue chère à Donald Trump pour qui il s’agit  d’un «  fake news ». En France, la commission d’enrichissement de la langue française a réussi à traduire le terme «  fake news »par le néologisme «  infox », forgé à partir des mots « information » et «  intoxication ». Le terme étant défini comme une information « mensongère ou délibérément biaisée » servant par exemple «  à défavoriser un parti politique, à entacher la réputation d’une personnalité ou à contrer une vérité scientifique établie ». Au Sénégal, ça tend à tuer la véritable  information, dès lors que l’on en use et abuse.

Ils doivent avoir mal et se retourner dans leurs tombes ou bondir continuellement de leurs fauteuils de retraités, ces précurseurs de la presse post indépendance dont la viatique était « d’informer juste et vrai ». Nous avons nommé Bara Diouf, Gabriel Jacques Gomis, Moctar Kébé, Babacar Diack, Aly Kheury Ndaw, Abdou Salam Kane AZAK, Pathé Dièye Fall, Sammy Lucien Chaupin, Serigne Aly Cissé entre autres. Sans oublier la génération d’après qui a tenu à maintenir haut le flambeau tels Alioune Dramé, Malal Ndiaye , Babacar Touré, Babacar Diagne, El Bachir Sow, Mass Diack et tant d’autres.

 

 

 

 

 

Gawlo.net (M. D.)

 

 

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