Sénégal : Un pays de grande insécurité

Sénégal : Un pays de grande insécurité
Au Sénégal, l’insécurité fait partie des plus grands maux du moment. Chaque jour avec son lot de victimes. Les derniers actes en date commis à Keur Massar et à Yeumbeul relance la question de l’insécurité et les mesures que l’État doit prendre pour l’endiguer.
A Dakar et plus particulièrement dans sa banlieue, il ne se passe pas un jour sans meurtre, vol à main armée ou agression de rue. Dans la main courante des commissariats et postes de police, dans celle des brigades de gendarmerie, le constat est le même. Les plaintes qui ont trait à l’insécurité s’accumulent et font légion. A Yeumbeul par exemple, dans la lointaine banlieue où le ratio force de l’ordre/population est d’un élément pour 30.000 habitants, trois crapuleux meurtres s’y sont produits en l’espace de trois mois. Le premier a opposé deux adolescents dont l’un a tué l’autre pour des brouilles. Toujours à Yeumbeul, à la veille de la Tabaski, une bagarre ayant opposé deux gosses de 15 et 16 ans autour d’une pièce de 250 frs, s’est soldée par la mort de l’un d’entre eux. Toujours dans ce quartier, le dernier crime commis en date est l’œuvre d’un garçon de 14 ans qui a tué son voisin de 15 hivernages autour d’un babyfoot. (Les babyfoots incitent les enfants à miser de l’argent).
Lot de crimes
Habitant de Yeumbeul, Babacar Mbaye Ngaraf reconnaît la recrudescence des meurtres et ajoute qu’ils ne sont en réalité que «la face visible d’un fléau qui sévit partout dans la banlieue». Avec sa casquette de conseiller municipal, d’éducateur et responsable politique, Ngaraf informe que des cas d’agressions, de vols à mains armées se font de jour comme de nuit dans la banlieue, qui quotidiennement, s’enfonce dans un spirale insécuritaire indescriptible.
Mais si le président de l’Alliance Sauver le Sénégal pointe du doigt l’éducation des enfants, il indexe en même temps l’État qu’il considère comme principal responsable du climat d’insécurité. «L’État a la responsabilité entière pour ne pas dire exclusive sur ce qui se passe», fait remarquer Ngaraf, qui se réjouit des enquêtes qui sont ouvertes et des arrestations des auteurs d’actes criminels. «Au-delà, l’État doit être prévenant en dotant d’assez de moyens matériels et humains l’Agence de la sécurité de proximité et la police de proximité. Au lieu de mettre des milliards dans l’achat de véhicules anti-émeute, l’État pouvait investir cet argent au niveau des polices de proximité qui ont été implantées un peu partout mais sans moyens, usant parfois de véhicule poussif pour intervenir. En attendant, les auteurs de vols avec violence qui ont repris du service, les meurtriers en divagation, continuent de dicter leur loi aux honnêtes citoyens. S’ils ne poignardent pas, ils dépouillent les populations de leurs biens.  Souvent des femmes sont violentées et violées comme c’est le cas avec Mariama Sagna. Les indociles sont brutalisés ou simplement délestés d’un bras, d’une jambe, d’une oreille ou d’un œil, selon l’humeur des malfrats. Au fil du temps, les agresseurs semblent se rendre vulnérables face à la riposte des forces de sécurité. De nos jours, les malfaiteurs ont développé de nouvelles formes d’attaque: le vol avec usage de véhicule ou de moto et le car-jacking qui sont devenus monnaie courante à Dakar et dans sa banlieue.
Gawlo.net : Ndiogou Cissé (Tribune)

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