Hommage à l’éminent Professeur Samir Amin et au fonctionnaire exceptionnel Bruno Diatta

Hommage à l’éminent Professeur Samir Amin et au fonctionnaire exceptionnel Bruno Diatta

Dans la vie d’une Nation, il y a des hommes qui de par leur conviction, leur engagement et combat contribuent de façon indélébile à l’évolution des idées et des hommes, par conséquent au progrès humain.
Il en est ainsi entre autres, de l’éminent intellectuel organique Samir Amir et de l’exceptionnel fonctionnaire qu’est Bruno Diatta.
Le professeur Sami Amin a apporté à n’en pas douter une contribution décisive à la lutte pour l’émancipation politique, économique et intellectuelle du Sud en général et de l’Afrique en particulier.
A cet effet, l’homme a mené un combat avec détermination dans le sens de la déconstruction du discours conventionnel sur le développement de l’Afrique et des pays du Sud. Aux économistes atteints de cécité, il a démontré que le capitalisme est un seul système existant dans les pays développés et sous-développés. Il a pris part à toutes les batailles menées au cours du demi-siècle d’après-guerre par les pays et peuples du Sud pour leur émancipation politique, économique, sociale et intellectuelle.
En ce qui concerne le diplomate Bruno Diatta, s’il y a un fonctionnaire qui a le plus intériorisé le système de représentation de l’administration, tant du point de vue du processus d’imprégnation, de la production, de l’inculcation et de la reproduction, c’est bien lui. L‘homme, maîtrisant les produits idéologiques de l’Administration tels que la notion de service public, le sens de l’État en tant que symbole et fétiche servait la collectivité avec un total désintéressement personnel. Il était porteur d’une mission sacrée, parce que la fonction qu’il exerçait est un véritable sacerdoce qui justifie le respect, la considération et la vénération des administrés. Il s’est toujours voulu entièrement assujetti et aliéné à sa fonction. L‘autorité qu’il détenait par la grâce de l’État n’était nullement une faveur, une sinécure, un privilège, mais un devoir, un office, une charge infiniment lourde et pesante qu’il a accepté d’assurer pour le plus grand bien de la collectivité.
Comme l’écrit Jacques Chevallier dans son ouvrage «Discours et idéologie» : «L‘Administration ne contient que des appelés, des nommés, des serviteurs ayant la vocation du service public et détachés de toute autre préoccupation.» Bruno Diatta appartenait à cette race de fonctionnaires.
Ne connaissant que son devoir, il était là pour servir la collectivité, en accomplissant les tâches les plus difficiles, les plus pénibles mais qui le rendaient digne de la gratitude de l’Administration et de l’amour des administrés. L’autorité sociale par essence de tout fonctionnaire, repose sur l’État. Ce faisant, Bruno avait cette conscience aiguë et permanente de la relation qui l’unissait à cette réalité juridique et institutionnelle qu’est l’État. Bruno a toujours servi un maitre et un seul : L’État. Ce qui l’a conduit à affirmer hautement son indépendance, sa neutralité et son impartialité.
Quant au professeur Amin, au-delà de sa lutte contre l’injustice, la domination étrangère, il a élaboré une théorie originale du développement, basée sur les concepts de Centre/Périphérie. Il a eu toujours foi dans le progrès, refusant l’ordre établi tout en luttant contre les inégalités, donnant ainsi le primat du collectif sur l’individu.
Le fonctionnaire Bruno Diatta de par sa posture, a rendu d’éminents services à la collectivité, avec loyauté, abnégation et professionnalisme. Au regard de leur apport significatif dans le progrès humain, l’intellectuel Antonio Gramsci et le fonctionnaire Jean Jaurès ne mourront jamais, par conséquent ils serviront pour l’éternité de modèles pour la jeunesse.

Kossoro CISSOKHO
Docteur en droit public
Spécialiste en administration publique

Categories: OPINION
Tags: hommage

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