Exploitation du Pétrole et du Gaz sénégalais : La problématique du contenu local à la loupe des experts

Exploitation du Pétrole et du Gaz sénégalais : La problématique du contenu local à la loupe des experts

La valorisation du contenu local au Sénégal. C’est autour de ce thème que le groupe « Avenir Communication » a convié hier, dans un hôtel de la place, experts, membres du gouvernement, journalistes entre autres pour dis- cuter des opportunités qu’offre la découverte du pétrole et du gaz aux acteurs économiques locaux. Ils ont indiqué la voie à suivre…

La découverte de pétrole et du gaz dans notre pays devrait ouvrir des opportunités à nos compatriotes notamment en matière d’emplois, de savoirs sans compter une connexion à l’économie mondiale. Cela doit ce- pendant passer par la formation et le transfert de technologies au profit des entreprises et des travailleurs locaux. Autrement dit, la valorisation du contenu local lié à l’exploitation de ces hydrocarbures. Ces compétences techniques, qui correspondent aux exigences du marché mondial d’aujourd’hui, devraient permettre aux travailleurs d’élargir leurs horizons et d’atténuer le risque de chômage. Ces questions de contenu local et d’autres étaient à l’ordre du jour d’une conférence organisée hier par le groupe « Avenir Communication ». Devant un parterre d’invités composé essentiellement d’experts, du Premier ministre, de membres du gouvernement, de journalistes entre autres, le président du groupe « Avenir Communication », Madiambal Diagne a soutenu que ce secteur nouveau, peut être connu par des experts sénégalais qui ont travaillé dans ce secteur, dans de grandes compagnies ou bien qui ont étudié dans de grandes universités, mais pas par le commun des Sénégalais « qui n’a pas encore une idée claire de cette opportunité, c‘est-à-dire que la découverte des hydrocarbures dans notre pays peut changer favorablement le visage mais aussi le devenir de ce pays. Nous estimons que, dans le secteur des hydrocarbures, chacun à sa petite idée. On sait déjà ce qu’il faut faire. On sait déjà ce qu’il faut éviter de faire. » Poursuivant, l’ancien président des éditeurs de presse rappelle que « des erreurs ont été commises dans de nombreux pays, des succès ont aussi été obtenus dans de nombreux pays mais nous pensons qu’il est important que nous cherchions à nous inspirer des expériences à succès. Et le Sénégal a les ressources humaines, a les compétences, a la volonté politique pour s’inspirer de ce qui se fait de mieux en matière d’hydrocarbures dans les autres pays. Nous, au « Quotidien », n’avons pas la science exacte. Nous voulons seulement susciter le débat. Nous voulons seulement faire parler des acteurs qui sont des experts en ce domaine », explique l’initiateur de ce 3ème débat du « Quotidien ». Expert en négociation de contrats pétroliers, M. Nzu Ayoube a expliqué que le développement du contenu local doit se faire dès aujourd’hui. Selon lui, on ne doit pas attendre que le pétrole et le gaz soient extraits des puits pour se préparer à cela.

« Il faut en effet encourager la formation afin de pouvoir prendre en considération tout le processus c’est-à-dire de la prospection à la distribution », conseille M. Ayoube. Pour sa part, le directeur général de la Société africaine de raffinage (Sar) est d’avis qu’il ne faut pas que la compétence nationale prenne le pas sur la compétitivité. Selon Serigne Mboup, nous avons actuellement tout mais que c’est la pro-activité et la capacité d’adaptation de « nos jeunes et de nos hommes d’affaires mais aussi des acteurs économiques dans leur globalité qui doivent se manifester afin que les effets attendus se ressentent plus largement possible ». « Et je pense que le Sénégal est sur le bon chemin », a indiqué l’ancien président du conseil d’administration de la Sar.

Mahammad Boun Abadallah Dionne : « Rien ne se fera uniquement par la loi, il faut connaître le secteur »

Ce forum sur la valorisation du contenu local dans le secteur des hydrocarbures au Sénégal revêt, selon Mahammad Boun Abdallah Dionne, un plan stratégique dans la phase de développement des importantes découvertes de pétrole et de gaz de classe mondiale réalisées par notre pays et aussi en zone frontalière « avec le pays frère qu’est la Mauritanie ». D’après, le Premier ministre, le contenu local ne désigne rien d’autre que l’ensemble des retombées économiques et des projets d’hydrocarbures et notre processus de développement sur le milieu social. « L’exploitation des futures ressources pétrolières et gazières devrait contribuer, à travers une politique volontariste et inclusive du contenu local, à la création d’emplois directs et indirects tout en favorisant le développement des entreprises sénégalaises particulièrement les Pme et Pmi sur toute la chaîne de valeur pétrolière et parapétrolière ».

A l’en croire toujours, deux mesures pourront être étudiées notamment l’obligation pour les titulaires de contrat pétrolier de choisir leur sous-traitance en priorité parmi les entre- prises sénégalaises chaque fois que cela possible et que des entreprises de droit sénégalais et dont le personnel technique d’encadrement sera constitué d’au moins 60 % de Sénégalais, par exemple, répondent à la satisfaction des besoins de l’activité pétrolière et gazière. La seconde mesure, c’est le versement de contribution à la formation professionnelle. Toutefois, a précisé le Premier ministre, rien ne se fera uniquement par la loi. « La loi donne un cadre légal et réglementaire. Mais il faut également connaître le secteur. Si vous disposez que toutes les entreprises pétrolières doivent respecter les 60 % alors que votre pays n’est pas prêt, il y aura forcément problème. Parce que vous ne pourrez pas remplir cette obligation légale », a expliqué le Premier ministre. Mahammad Dionne estime donc que des études de benchmarking doivent être faites pour dé- finir des facteurs clés de succès et s’inspirer des meilleures pratiques pour préparer nos Pme et Pmi aux attentes de l’industrie pétrolière et gazière avec des stratégies efficaces à mettre en œuvre « comme c’est le cas au Brésil qui capte aujourd’hui plus de 60 % du contenu local là où la moyenne en Afrique tourne autour de 20%. » Dans tous les cas, a-t-il estimé, « pour capter les importantes ressources dépensées dans l’industrie pétrolière et gazière, il nous faudra attaquer la question de la formation et des compétences nationales mais aussi de l’employabilité aux différents niveaux de la chaîne à travers des programmes de renforcement de capacités et de transfert de technologies, de savoir-faire et une formation permanente aux métiers du pétrole et du gaz ». Fort heureusement, a conclu le Premier ministre, « cette problématique sera résolue avec la vision du président de la République Macky Sall qui a décidé de créer l’Institut national du pétrole et du gaz. Aussi nos Pme et Pmi doivent être, à travers un système de préqualification aux standards des normes de qualité pour renforcer leurs capacités et satis- faire tous les besoins exprimés en termes d’approvisionnement au niveau du secteur pétrolier et gazier. »

Gawlo.net : Bassirou Dieng (Le Témoin)

Categories: A LA UNE, ACTUALITÉS
Tags: Dionne, PM

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