Mamadou Diop Decroix, leader AJ/PADS, membre du FRN : «Accepter qu’on piétine ces libertés, c’est trahir la mémoire des gens qui se sont sacrifiés»

Mamadou Diop Decroix, leader AJ/PADS, membre du FRN : «Accepter qu’on piétine ces libertés, c’est trahir la mémoire des gens qui se sont sacrifiés»
La Constitution et la Loi nous donnent la possibilité, la liberté et le pouvoir de manifester. Et cette Constitution et la Loi sont au dessus d’un arrêté signé par un ministre. Le maintien de cet arrêté est l’expression d’une volonté politique de restreindre la liberté publique reconnue par la Constitution et la Loi. Nous n’allons jamais accepter cela parce qu’il y a des gens qui se sont sacrifiés pour que l’on puisse bénéficier de ces libertés aujourd’hui. Accepter qu’on piétine ces libertés aujourd’hui, c’est trahir la mémoire de tous ceux qui se sont sacrifiés pour nous . Maintenant, combien de temps notre combat va prendre, je ne le sais pas. Par contre, je suis sûr et certain que nous gagnerons. Les forces d’arrière garde perdront la partie. L’opposition a pris mille et une initiatives qui ont été toutes rejetées par la justice. Mais, nous continuerons à saisir la justice parce que nous avons besoin de ces décisions de justice. Car, ce qui est important ce n’est pas ce que la justice dit. Le régime de l’apartheid avait sa constitution, son Assemblée et sa justice. Hitler pareil. Alors que nous ici, on n’a pas les lois d’Hitler mais des Lois qui reconnaissent les libertés des gens mais qu’un régime cherche à confisquer».
 
Thierno Bocoum, leader de Agir : «Que dire de la manifestation des jeunes de l’Apr devant les grilles du Palais»
 
«Le pouvoir en place est le premier a violé l’arrêté Ousmane Ngom parce qu’il y a eu énormément des manifestations de ses partisans dans le périmètre visé par l’interdiction de l’arrêté sans que personne ne soit inquiétée. Tout le monde se rappelle encore de cette manifestation des jeunes de l’Apr, favorables au jeune frère du Président Macky Sall, Aliou Sall devant les grilles du Palais de la République pour crier leur courroux en violation totale de l’interdiction de manifester sur ce site. Ensuite, dans la hiérarchisation des normes juridiques, on ne peut pas imposer l’arrêté Ousmane Ngom erga omnes en faisant fi des dispositions de la Constitution. L’arrêté est illégal en soi parce que la Constitution est très claire sur le droit des citoyens de manifester. Car, il n’a jamais été question de limiter ce droit à manifester sur un quelconque périmètre. En plus, il y a des décisions liberticides qui sont encouragées par le régime en place qui font que l’arrêté Ousmane Ngom est juste un prétexte. La logique d’interdiction va toujours s’appliquer parce que nous avons un gouvernement qui ne respecte pas les droits des citoyens. Pour preuve, en dehors de l’arrêté, tout le monde a vu que des manifestations de l’opposition ont été interdites même dans les régions comme à Thiès et un peu partout. L’arrêté Ousmane Ngom est un faux problème, il n’a absolument rien à voir avec les interdictions systématiques de manifestation qui sont une stratégie du pouvoir pour mater les opposants et empêcher les Sénégalais de s’exprimer librement».
 
Zahra Iyane Thiam, ministre Conseillère, membre du Secrétariat exécutif de l’Apr : «Le plus important c’est le maintien de l’ordre et (…)»
Le débat ne devait pas se poser sur le maintien de cet arrêté. On a des lois en vigueur et qui pourtant datent des années 1960. Lorsqu’une loi ou tout simplement un acte administratif a besoin d’être amélioré ou corrigé, les pouvoirs publics le font en se basant sur plusieurs éléments. Car, les textes et les actes que les pouvoirs publics prennent sont impersonnels et concourent à préserver les acquis dont les effets et les impacts sur les populations transcendent le temporel. De ce point de vue, je pense que ce qui est important aujourd’hui, ce n’est pas de revenir sur l’arrêté Ousmane Ngom mais de voir l’impact de cette disposition sur le maintien de l’ordre et la protection des personnes et de leurs biens. Car, nous savons tous, aujourd’hui, que l’opposition cherche à créer une instabilité et pas autre chose et dans ces conditions, il y a que les textes qui peuvent départager les gens et l’État à l’obligation de veiller à la sécurité des personnes et de leurs biens. Je tiens aussi à préciser à l’endroit de ceux qui nous accusent d’avoir changé de position vis-à-vis de cet arrêté, nous, on n’a pas combattu des textes mais on avait mené un combat pour des principes.
Gawlo.net (Sud Quotidien)
Categories: POLITIQUE
Tags: Decroix

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