*TCHEY Li ci SÉNÉGAL 2019 !* : *Le jeu d’équilibrisme dangereux de Père OuZA !*

*TCHEY Li ci SÉNÉGAL 2019 !* :  *Le jeu d’équilibrisme dangereux de Père OuZA !*

J’ai longtemps hésité à coucher ces mots-ci pour donner mon appréciation sur le nouveau tube diffusé par l’artiste musicien de renommée, Père Ouza, et dans lequel, en récidiviste « désintéressé », il prend l’opinion publique à temoin et donne date aux autorités étatiques à props du procès de Monsieur Khalifa Sall.. Comme dans les années 80 quand il s’adressait à Abdou Diouf, et dans les années 2000 quand il tirait à boulets rouges sur Wade pour prendre la défense d’un Idrissa Seck au summum de sa popularité du fait des bisbilles qu’il avait eues avec son mentor politique. Comme si par hasard, notre José Bové artistique était un renifleur hors pair qui sait sentir les bons coups pour se donner une image d’héros, de chevalier preux prêt à marcher sur des braises pour porter très haut le flambeau des grandes causes. Oui, Père Ouza est très fort ! Je ne reviens pas sur son passé, sa riche carriere musicale et sur les opus aux couleurs fondamentalement politiciennes ayant ponctué son parcours durant ces 25 dernières années. Le peuple au nom de qui il parle souvent (et parfois abusivement) n’est pas amnésique. De Amath Dansokho (Ministre de l’Habitat -Sicap, HLM, et Foncier), à Idy en passant par Wade, Niasse et aujourd’hui Khalifa Sall, le chanteur a flirté avec finesse  avec ces grands noms politiques. A sa manière toujours déclinée avec un désintéressement quelque peu suspect. Les faits sont têtus. Sa sympathique fille Adiouza a chanté les louanges de Mareme Faye Sall et Gaël Samb Sall (épouse du Maire de Dakar) dans un même tube, pendant que le père fusillait le Président Macky Sall, accusé d’avoir fait  emprisonner injustement Karim Wade et Khalifa Sall. Pour qui connaît la générosité de la Première Dame et la rapidité avec laquelle elle gère les urgences sociales portées à sa connaissance, on ne devrait pas s’étonner que les mélodies soient conçues sur des notes… sonnantes et trébuchantes. Honni soit qui mal y pense ! Après avoir fini  d’écouter avec beaucoup d’attention les paroles de cette chanson, une seule question me vient à l’esprit. Et je la pose à Père Ouza : *Et toi aussi, ndakh diarnako !* La même qu’il a adressée au président Macky SALL, l’interpellant sans retenue comme si nous avons une justice aux ordres dans notre pays. Comme si, pour parodier l’irrévérencieux député Cheikh Bamba Dièye, nous avons des juges absolument corrompus. Je me résouds à l’évidence : le chanteur Ouza Diallo n’a aucune considération pour le Président Macky Sall. Autrement, il ne s’exprimerait pas de cette façon si incitative et révoltante. Pour lui, la sentence est sans équivoque : le président Macky a un droit de vie et de mort sur tous les acteurs politiques du Sénégal. Ce n’est pas tout. Il va jusqu’à dire que Me Wade est le meilleur président de la République de Senghor à aujourd’hui tout en sachant que le président Macky Sall a fait en si peu de temps ce qu’aucun de ses prédécesseurs n’ait réussi.. Les yeux doux faits à la Première Dame rajoutent à l’incohérence suprême. Nous ne sommes pas dupes. Mareme FAYE SALL n’est pas la justice pour libérer les prisonniers. Et je ne crois pas que dans la nomenclature institutionnelle du pays, il y a un POUVOIR qui porte le nom de Première Dame. La dichotomie volontairement entretenue par Père Ouza  dans cette diatribe musicale laissé supposer une bipolarisation au sommet de notre État. Ouza, duo ne signifie pas dualité ! Le président de la République est la première Institution mais elle n’est pas la justice. D’aucuns vont certainement dire que c’est une très belle chanson à l’honneur de Madame et que peut-être je suis une mauvaise langue. Tant pis pour moi ! Mais je l’assume : ce tube est une oeuvre musicalo-politicienne qui revêt le caractère d’un piège infernal. L’indifférence totale est la seule réponse qu’elle mérite de la part des pouvoirs publics. Les oeuvres sociales de la Première Dame sont suffisamment connues que tout chanteur qui veut l’accompagner peut y trouver une source d’inspiration et de créativité afin d’aider son mari de président à rempiler en 2019 pour achever les ambitieux chantiers ouverts sur la route de l’émergence 2035. Une gamme de trop dénature la mise en musique d’une composition et rend soporifiques les arrangements. Père Ouza est trop expérimenté pour ne pas le comprendre. Halte donc à ce jeu d’équilibrisme dangereux. Les temps ont changé. Wassalam !
 *Iboundoye Diender*
Tags: Ouza, père

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