L’HOMOSENEGALENSIS

L’HOMOSENEGALENSIS

Le mec qui a failli charcuter sa très jeune épouse à Touba doit vite se trouver le meilleur avocat du monde pour ne pas finir ses jours au gnouf. Il est déjà condamné par la vindicte populaire. En tout cas, sa bien-aimée, qui lui a fait l’affront de ne pas introduire sa tête à l’intérieur de la moustiquaire pour certainement quelques câlins, a reçu une correction qui a fait « disjoncter » les réseaux sociaux avec leur chœur de pleureurs si bien que le ministre de l’Intérieur s’est impliqué et le coupable vite arrêté comme un grand bandit. Les organisations des droits de l’homme et autres activistes ont sauté sur l’occasion pour se faire entendre et demander à ce que le salaud soit sévèrement puni. L’homosénégalensis serait ainsi un macho, une brute, il ne saurait pas aimer et ne serait pas non plus attentionné pour bien câliner sa douce moitié. Bref, les mecs de ce charmant pays ne savent pas faire vivre à leur partenaire la vraie passion de l’amour. Tout le contraire certainement des Toubabs qui vous offrent fleurs, bijoux, voyages et plein de pognon pour faire la fête. Sans compter de si doux câlins ! C’est du moins ce que prétendent certaines de nos sœurs. Eux, ils ne battent jamais leurs meufs, ils ne les charcutent pas avant de tout mettre au frigo, ils ne violentent pas, ne tuent pas, ni ne violent. Tout attentionné qu’est le Toubab, il fait tout sans brusquerie. Image d’Épinal de l’amour à la « Toubab ». L’affaire dite « Ndèye Coumba Diop » n’est pas une nouveauté sous nos cieux et ailleurs. Ce n’est pas une invention des hommes sénégalais. Partout dans le monde, des femmes sont battues alors que d’autres corrigent leur époux. Souvent même la violence verbale est plus violente que celle physique. Il ne faut pas jeter l’opprobre sur le Sénégalais qui est à l’image de tous les hommes. Il peut aimer tendrement, goulument, comme il peut devenir une brute tout autant que les femmes. On se calme ?

Kaccoor Bi (Le Témoin)
Categories: CHRONIQUE

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