Électricité et élection présidentielle : Quand Me Wade faisait les frais des délestages


Le Conseil constitutionnel sénégalais a confirmé lundi sa décision d'autoriser le président sortant Abdoulaye Wade à briguer un troisième mandat à la tête du pays lors de la présidentielle du 26 février. /Photo d'archives/REUTERS/Denis Balibouse
Les émeutes de l’électricité ont fortement terni le bilan de Me Abdoulaye Wade, qui a fini par céder la place à Macky Sall
C’était à la même période. A quelques mois d’une élection présidentielle. Celle de 2012, où Me Abdoulaye Wade était candidat à sa propre succession. Le Sénégal sombre dans le noir. Des journées sans électricité. Les coupures de courant, de plus en plus longues et de plus en plus fréquentes commencent à agacer les Sénégalais qui ne savent plus où donner de la tête. Déjà, le pays était sous tension, avec la fameuse journée du 23 juin 2011, où les populations sont sorties massivement pour protester contre le projet de loi instituant l’élection simultanée, au suffrage universel direct, d’un président et d’un vice-président et la possibilité d’être élu dès le premier tour avec 25% seulement des suffrages. Quatre jours après, le 27 juin, bis repetita ! Dakar et sa banlieue sont le théâtre de manifestations violentes, voire de scènes d’émeutes. Le peuple exige de la lumière, il veut voir le bout du tunnel. Dans presque tous les quartiers de Dakar, des jeunes sont dans la rue pour exprimer leur ras-le-bol. Les barrages de fortune faits de pierres ou de pneus enflammées se sont vite répandus dans la ville. Une éruption brutale à la mesure de la frustration des Sénégalais pris, durant des semaines, dans une nouvelle vague de coupures d’électricité. Plusieurs bâtiments publics sont saccagés ou incendiés, notamment des agences de la compagnie nationale d’électricité (Senelec).
Des éléments anti-émeute sont déployés par l’État. Des policiers se livrent à des courses-poursuites avec des manifestants. Plus les heures passent, plus les foyers de tension deviennent de plus en plus nombreux. Ça brulait de partout. L’explosion de colère de la population devient de plus en plus virulente. Les forces de l’ordre sont dépassées. L’État aussi. Dans la foulée, Karim Wade, ministre d’État, ministre de la Coopération internationale, de l’Aménagement du territoire, des Transports aériens et des Infrastructures, fils du Président Wade, appelle Robert Bourgi pour solliciter son aide. Selon Bourgi, Karim Wade lui aurait dit: «Tonton, Dakar et le Sénégal sont dans une situation quasi insurrectionnelle. Les immeubles administratifs brûlent, ça brûle de tous les côtés. Il y a des milliers de manifestants et on ne sait jamais, des intérêts français peuvent être touchés. On ne sait jamais, l’Armée française est là pour quelque chose». Des mots que le Palais, par la voix de Serigne Mbacké Ndiaye, avait démentis. Mais la constante est que  l’État a véritablement tremblé avec ces émeutes, qui ont même occasionné l’arrestation de cinq jeunes à Yembeul.
Un jour qui a aussi été déterminant dans le départ de Wade. Sa candidature tant controversée devenait de plus en plus hypothétique. Le peuple ne voulait plus de lui. Le changement tant réclamé est arrivé en mars 2012, avec la chute de Me Wade et l’avènement de Macky Sall. Six ans plus tard, les Sénégalais sont loin de voir le bout du tunnel. Avec Wade, c’était l’électricité, cette fois-ci, les Sénégalais ont soif. Le liquide précieux se fait rare. Macky Sall et son régime peinent à assurer une distribution correcte en eau. Même si des émeutes de l’eau n’ont pas encore eu lieu, les robinets ne coulent plus depuis plusieurs mois. Tout cela, à quelques mois de la Présidentielle de 2019. Dans plusieurs localités de Dakar, on passe des nuits blanches pour attendre les précieuses gouttes d’eau de robinet. La pression de l’eau, assez faible, ne favorise pas un accès optimal à l’eau pour ceux qui habitent en hauteur. A cette rareté, s’ajoute aussi le déficit de qualité. Dans certaines localités, l’eau qui coule du robinet est souvent de couleur ocre. Mais le pire n’est pas encore arrivé, à en croire le Secrétaire général du Syndicat autonome des travailleurs de l’électricité (Satel), les délestages peuvent reprendre sous peu, puisque l’État et ses différents démembrements doivent plus de 235 milliards de FCfa à la Senelec. Une situation qui risque de nous ramener six an en arrière, ou un certain Me Wade avait été poussé jusque dans ses derniers retranchements. Un syndrome qui guette Macky Sall, candidat à sa propre succession, qui jusque-là n’a pas encore fait face à un véritable mouvement de révolte, même si la patience du peuple est mise à rude épreuve. La question que l’on se pose est la suivante: jusqu’à quand le peuple fera-t-il preuve de patience?
Gawlo.net (L’Obs)

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