DÉLINQUANCE SEXUELLE A KEDOUGOU : Un réseau de proxénètes nigérians démantelé

DÉLINQUANCE SEXUELLE A KEDOUGOU : Un réseau de proxénètes nigérians démantelé
Les agents du commissariat de police de Kédougou ont mis aux arrêts, hier, le Nigérian Lucky et sa compatriote Ch. A, pour des pratiques de proxénétisme, de traite de personnes et de tentative de corruption à agents de la force publique dans l’exercice de leurs fonctions.

 Quatre filles nigérianes ont échappé de justesse à un «enrôlement» forcé par des compatriotes proxénètes, dont une fille, dans un vaste réseau de prostitution clandestine dans une maison close, établie au quartier Bantaco de Kédougou. L’opération-miroir aux alouettes  de la bande de proxénètes a en effet piqué du nez, grâce à la vigilance chevillée au corps des limiers du commissariat de la localité.

Les proxénètes convoient les filles du Nigeria et se proposent de les rendre riches dans la coiffure à Kédougou

Les policiers ont été auparavant alertés par un tuyau anonyme de la venue discrète dans le quartier d’un groupe de filles nigérianes, la nuit du mercredi 6 juin 2018. Une forte communauté nigériane est installée dans la localité. Ces ressortissants du Nigérian s’adonnent à toutes sortes d’activités génératrices de revenus, notamment la coiffure, la prostitution clandestine et surtout le proxénétisme. Ces pratiques de délinquance ou de vagabondage sexuel sont devenues monnaie courante dans le secteur. Ainsi, soupçonnant les nouvelles arrivantes dans le quartier d’intégrer les différents réseaux mafieux, signalent nos informateurs, les limiers prennent les devants, localisent le point de chute des filles et leur convoyeuse et installent un dispositif discret de surveillance dans les parages du coin.

Après quelques instants de planque, rapportent nos interlocuteurs, les policiers embusqués aperçoivent l’apparition de la bande de suspectes, quadrillent le secteur et guettent le moment opportun pour passer à l’action. Soudain, ils voient un individu, qui surgit brusquement d’un coin, promène le regard autour de lui et identifie les demoiselles. Il se présente alors à elles comme étant celui qui est chargé de les transporter et conduire jusqu’auprès du nommé Lucky. Mais, au moment où les filles montent avec leurs valises dans le véhicule immobilisé, les éléments de la brigade de recherches du commissariat sortent du bois, les appréhendent et les conduisent au commissariat de police pour les besoins d’un interrogatoire devant les enquêteurs.

Ils confisquent les pièces des Nigérianes au Mali et leur réclament chacune 1,5 million Cfa pour les libérer
Cuisiné à la police, souffle nos sources, le chauffeur nigérian affirme être innocent et indique ignorer tout de l’affaire de proxénétisme. Il ajoute avoir été juste envoyé par le nommé Lucky pour aller chercher les filles, puis les conduire à bonne destination. Quant aux filles, elles ont réfuté les allégations de prostitution et soutiennent avoir été menées en bateau par leur compatriote nigériane Ch. A. D’après toujours elles, la demoiselle les a trouvées au Nigeria et les a fait venir à Kédougou pour les aider à trouver du boulot dans le secteur de la coiffure. Mais, à l’étape malienne de leur voyage, déclarent-elles, leur compatriote a changé de discours et confisqué toutes leurs pièces administratives. Aussi, leur crache-t-elle à la figure ceci : «je vous emmène à Kédougou pour vous prostituer et non pour travailler dans les salons de coiffure. Quiconque veut maintenant être libérée devra verser séance tenante la somme d’1,5 million Cfa», ont rapporté les filles.

Interpellée au quartier Bantaco, la Nigériane convoyeuse de filles tergiverse, craque et rend les armes. Elle reconnait les faits, confirme les dépositions des victimes et dit avoir été sollicitée par son compatriote proxénète Lucky, aux fins d’aller au pays pour appâter des demoiselles avec un boulot de coiffeuse à Kédougou. «C’est lui qui a financé toute l’opération, notamment, mon voyage au Nigeria et le transport des quatre filles à Kédougou. Mais, à notre arrivée à Bamako, il m’a dit de réclamer 1,5 million à chaque fille qui souhaiterait être libre. Il m’a demandé d’indiquer aux demoiselles que le voyage était destiné à les recruter dans les salons de coiffure. Mais tout cela n’était que de la ruse pour les faire venir et les intégrer de force dans son réseau de prostitution dans le quartier», a confié la convoyeuse de prostituées nigérianes à nos informateurs.

Le proxénète nigérian Lucky débourse 300.000 et tente de corrompre les policiers
Piégé au quartier Tenkoto, le proxénète nigérian Lucky a été cueilli par les policiers. Mais, à peine gardé à vue, il téléphone à sa copine qui débarque au commissariat avec 300 mille francs ; une somme d’argent que Lucky pose sur la table des enquêteurs pour tenter de les soudoyer et du coup recouvrer sa liberté. Il a été cependant maintenu au violon pour le délit de tentative de corruption, proxénétisme et traite de personnes avec sa collaboratrice convoyeuse de filles, Ch. A. Cette dernière a été interpellée à plusieurs reprises par les services de la police pour défaut de carnet de santé et non inscription au fichier sanitaire et social.

Gawlo.net (Les Echos)
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