CONCERTATION SUR LE PÉTROLE ET LE GAZ : Macky a eu sa concertation «nationale»

CONCERTATION SUR LE PÉTROLE ET LE GAZ : Macky a eu sa concertation «nationale»

Le président de la République a réussi son dialogue. en présence de toutes les couches sociales notamment les familles religieuses, les chefs coutumiers, le patron de l’Église Monseigneur Benjamin Ndiaye, une partie de la société civile, la totalité du patronat, la quasi-totalité des centrales syndicales mais hélas une infime partie de l’opposition, le président de la République a lancé hier les travaux de concertation nationale sur la gestion des recettes issues de l’exploitation du pétrole et du gaz. Même si l’opposition représentative et une partie de la société civile n’ont pas ré- pondu à son appel, l’essentiel des forces vives de la nation notamment des religieux, chefs coutumiers, des responsables poli- tiques de l’opposition, des membres de la société civile entre autres ont répondu pré- sent à l’appel du président de la République pour se concerter sur la gestion des recettes issues de l’exploitation du pétrole et du gaz. visiblement satisfait, Macky Sall a déclaré que cette journée de concertation nationale sur la gestion des revenus du pétrole et du gaz marque une étape importante dans le processus de l’exploitation des hydrocarbures du Sénégal. elle s’inscrit, selon le président de la République, dans son ambition renouvelée de garantir une gestion durable, inclusive de nos ressources pétrolières et gazières et d’en maitriser les énormes en- jeux géostratégiques qui sont d’ordre sécuritaire, socio-économique et écologique. venu répondre à l’appel du chef de l’État, Me Mame Adama Guèye, contrairement à la majorité écrasante des opposants qui ont décliné l’invitation de Macky Sall, estime qu’il est important de construire un consensus national autour des questions liées à la gestion de nos ressources pétrolières et gazières. « J’espère en effet que cette concertation n’est que le premier jalon de la construction d’un consensus national. Aujourd’hui, c’est une première réunion mais nous n’avons pas encore le consensus complet. Il faut s’inscrire dans une logique collective », a soutenu le candidat du mouvement Senegal Bou Bess à la présidentielle. L’avocat a demandé que cette concertation sorte de la salle pour aller sur toute l’étendue du territoire national. A l’image de l’opposant Mame Adama Guèye, le Pr Malick Ndiaye, activiste membre de la société civile qui a lui aussi ré- pondu présent, a critiqué vertement l’attitude d’une partie de l’opposition qui a boycotté la Concertation sur la gestion des recettes du pétrole et du gaz. selon lui, ceux qui ont opté pour la politique de la chaise vide ont tort. « Ils devaient participer aux débats afin d’y apporter leurs idées, suggestions et propositions. Et le premier principe quand on vous appelle au dialogue, c’est de venir répondre », a indiqué le Pr Malick Ndiaye lors de son intervention. et d’avertir : « nous devons éviter que la Malédiction du Pétrole n’entrave la Bénédiction du Pétrole ». avant de finir, le Pr Malick Ndiaye a encore une fois regretté le fait que l’opposition ne soit pas présente. Le grand Serigne de Dakar d’une partie de la collectivité lébou, Papa Ibrahima Diagne, lui, pense que les partis politiques ne sont pas majoritaires dans ce pays. ils seraient même minoritaires, selon lui. « Vous ne représentez qu’une infime partie », a-t-il soutenu avant de dire qu’aujourd’hui, même les vendeurs d’arachides sont devenus des spécialistes des questions pétrolières. tout le monde parle, selon lui, de pétrole alors que « tout le monde n’est pas expert dans ce domaine. » « Certains ne font que braire alors qu’ils ne maitrisent absolument rien du pétrole. J’entends certains dire que le pays va brûler. Je dis non. Le pays ne va pas brûler, je dis bien », a assuré Papa Ibrahima Diagne. Réagissant aux interpellations de Me Mame Adama Guèye et du professeur Malick Ndiaye, le président de la République a invité à faire la part des choses entre les questions d’intérêt national et les considérations poli- tiques. D’après Macky Sall, toute discussion doit se faire dans les règles de l’art, même si l’organisateur est censé appartenir à un camp politique.
« Ce pays est régi par des règles et tout le monde doit s’y conformer », a estimé le chef de l’état qui souligne qu’être citoyen, c’est avant tout respecter les chartes fondamentales du pays. il ne faut pas, selon le président de la République, mélanger les choses. « Cette rencontre est pour tout le monde. C’est un débat national et non un débat unique- ment dédié aux politiciens. Toute personne qui veut venir n’a qu’à venir ou écrire. Mais même si vous devez écrire, vous allez adresser cette contribution à quelqu’un parce qu’il y a quelqu’un qui dirige ce pays. Il n’y a aucun problème pour la transparence. Je n’ai aucune difficulté pour discuter avec tout le monde. Je suis ouvert pour que la société civile intègre le comité d’organisation stratégique du pétrole et du gaz (Cos Pétrogaz). Nous sommes totalement ouverts pour toute proposition », a assuré Macky Sall.

Le projet de loi d’orientation sur la répartition des ressources issues du pétrole et du gaz présenté à l’assemblée nationale avant le mois d’octobre prochain
Quant à Me Ousmane Ngom, il a soutenu la théorie selon laquelle, dès qu’un pays a l’opportunité d’avoir du pétrole et du gaz, on y assiste à un choc des tensions. L’ancien ministre de l’intérieur cite ainsi les exemples du Biafra, au Nigéria, le conflit entre ce dernier pays et le Cameroun, la guerre entre l’iran et irak etc. « Quand on parle de pétrole, il y a des risques graves et des dangers. Donc, il faut qu’on réfléchisse sur des politiques de géostratégie et de géopolitique afin d’éviter des tensions pour notre pays », conseille Me Ousmane Ngom. Réagissant aux propos de Me Ngom et de ceux qui pensent que le pétrole est une malédiction, le président de la République demande qu’on évite d’utiliser le terme malédiction. a l’en croire, en effet, il n’y a de malédiction que pour ceux qui n’utilisent pas à bon échéant leur pétrole ou leur gaz. Macky Sall reconnait qu’il y a des risques avec le pétrole mais estime qu’il faut les prévenir. « Nous devons être optimistes puisque nous avons posé le débat au moment opportun. Et nous n’avons pas laissé que le pétrole sorte pour discuter », explique Macky Sall qui affirme qu’il n’y a aucun problème entre la Mauritanie et le Sénégal et il ne faudrait pas, demande-t-il, qu’on en crée. Les deux pays ont, selon lui, décidé de partager à parts égales le gaz qui sera extrait parce que les blocs qui le contiennent se trouvent juste à leur frontière.

« Et au lieu de créer des problèmes (…), nous avons décidé de trouver une solution ». a l’en croire, chacun des deux pays a l’opportunité de revoir le contrat conclu tous les 5ans. « Le Cos Pétrogaz ouvert à la société ci- vile. J’engage le gouvernement à engager des réflexions pour la protection de l’environne- ment. Par rapport au projet de loi d’orientation concernant la répartition des ressources issues du pétrole et du gaz, je préfère que cette loi soit présentée d’ici le mois d’octobre et qu’elle soit votée avant la session budgétaire » a encore concédé le président de la République.
MACKY INTERPELLE SES ADVERSAIRES SANS LES CITER
«Nous devons avoir la capacité à dépasser nos divergences »
sans les citer, le président de la République a demandé hier, au cours de la concertation nationale sur la répartition des ressources tirées du pétrole et du gaz, à ses opposants d’avoir la capacité à dépasser les divergences « qui constituent autant d’entraves pour notre pays et même causant le risque de voir s’évanouir notre rêve commun de prospérité durable. » Selon, le président de la République la journée de concertation tenue hier sera pour notre pays une étape capitale vers la voie de l’émergence. C’est uniquement dans une dé- marche constructive, responsable et respectueuse de la cohésion sociale que nous pouvons, selon Macky Sall, relever les défis majeurs qui nous attendent. L’intransigeance et notre capacité à dépasser les divergences seraient, pour le président Macky Sall, autant d’entraves pour notre pays causant le risque de voir s’évanouir notre rêve commun de prospérité durable. « Le pétrole
suscite d’énormes espoirs pour les générations futures en particulier. Et rien n’est plus dévastateur qu’un espoir déçu. Je for- mule donc ce vœu pour que cette journée soit placée sous le signe du dépassement de soi et marquée d’une volonté de travailler tous ensemble avec humilité et dé- nouement pour bâtir un Sénégal émergent », a imploré Macky Sall qui souligne que quand on parle de fonds pour les générations futures, cela veut juste dire que la génération présente ne doit pas utiliser tout l’argent et oublier la génération future.
« Et le fonds pour les générations futures, ce n’est pas simplement de l’argent que l’on met sur place mais c’est aussi le fait de construire des écoles, des édifices publics, des hôpitaux, entre autres. Il ne s’agit pas alors de laisser intact l’argent. Mais, plutôt développer le pays pour que

la génération future puisse trouver un pays développé à son arrivée », a tenté de convaincre Macky Sall.
« Chaque dollar qui devra revenir au Sénégal devra être judicieusement utilisé »
Par ailleurs, le développement du secteur pétrolier au Sénégal requiert, selon Macky Sall, des ressources humaines hautement qualifiées, compétentes, rigoureuses et imprégnées des valeurs de vertus, de transparence et de bonne gouvernance. C’est le sens, dit-il, de l’adhésion du Sénégal dès 2013 à l’initiative pour la transparence dans les industries extractives. « C’est également le sens des nouvelles dispositions constitutionnelles qui garantissent désormais la souveraineté du peuple Sénégal sur les ressources naturelles du pays. C’est aussi le sens de la création de l’Institut national du pétrole et du gaz qui devrait nous permettre de disposer de compétences spécialisées indispensables à une gestion réussie de projet pétrolier. C’est enfin, le sens de la mise en place du comité d’orientation stratégique (Cospétrogaz) qui a entre autres la mission de coordonner les initiatives et de proposer une stratégie nationale des hydrocarbures. Je constate pour m’en réjouir que ces mécanismes de gestion nous aient valu des résultats probants avec notamment la définition d’une feuille de route et d’un projet de loi de répartition. Je voudrais saisir cette occasion pour soumettre le projet de loi à la sagesse collective de cette honorable assemblée puisée dans nos nobles valeurs en cette salle de dia- logue », a dit le président de la République. il a rappelé que « le pétrole n’est pas une ressource renouvelable. Les barils qui seront produits ne seront jamais récupérés. Chaque dollar qui devra revenir au Sénégal devra être judicieusement utilisé », a-t-il conclu.

Gawlo.net (Le Témoin)

CONCERTATIONS NATIONALES SUR LE PÉTROLE ET LE GAZ : L’opposition boycotte, Macky Sall solde ses comptes avec Abdoul Mbaye et Ousmane Sonko
Le président de la République a présidé, hier, les concertations nationales sur la gestion des revenus issus de l’exploitation du pétrole et du gaz. La rencontre, boycottée par l’opposition dans son écrasante majorité, a été l’occasion pour le chef de l’État de dire à qui veut l’entendre qu’il est le seul maître à bord du bateau Sénégal. Sur un autre registre, Macky Sall a décidé de l’ouverture du CosPétroGaz à la société civile.
Gawlo.net (Les Echos)

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