Finances publiques : Amadou Ba s’explique sur la «tension »

Finances publiques : Amadou Ba s’explique sur la «tension »

L’argentier de l’État, Amadou Bâ, a fait le point sur la situation actuelle des finances publiques. En visite dans les locaux du Trésor ce vendredi, il a assuré que notre pays n’a «pas, aujourd’hui, de problème de trésorerie». «À la date d’aujourd’hui, nous avons au niveau du Trésor au moins 700 milliards», indique-t-il. Expliquant que la mise en œuvre du Pse produit des résultats, le ministre des Finances souligne cependant que cela ne voudrait aucunement dire «qu’il n’y a pas de difficulté.»

Le problème, c’est au niveau du Budget

«En termes de trésorerie on n’a pas de difficultés majeures. A la date d’aujourd’hui, on a 700 milliards. C’est peut être au niveau du budget où effectivement nous avons quelques contraintes. Lorsqu’on a de la trésorerie et qu’au niveau du budget on est un peu contraint, on peut laisser déraper», a expliqué le ministre des Finances. Pour mieux se faire comprendre, il indique que le budget de 2017 a été bâti sur des hypothèses, une croissance, un déficit budgétaire, un niveau de recette projeté et un niveau de dépenses exécuté. Cependant, souligne l’argentier de l’État, l’environnement international a un peu changé dans le courant de l’année 2017 notamment sur le second semestre. Ce qui a occasionné des moins-values de recettes ».

«Le baril du pétrole a beaucoup  augmenté et le pétrole c’est 20% à peu près des recettes fiscales. En fin d’année, on s’est retrouvé avec une moins-value sur les recettes d’à peu près 160 milliards. Des services ont fait des efforts importants. In fine, on s’est retrouvé avec une moins value de près de 130 milliards », explique Amadou Bâ.

«Puis, l’État qui s’était engagé sur un déficit budgétaire de 337 milliards, s’est employé à respecter la cible de déficit et «reporter certaines dépenses sur 2018». Ce, du fait de la moins –value de recettes. «Nous l’avons fait. Parce que le président de la République n’a pas voulu qu’on tire les conséquences de cette évolution sur le prix à la pompe et sur les prix de l’électricité », a indiqué le ministre des Finances.

«L’économie sénégalaise se porte bien, mais… »

Mais, le report des dépenses de 2017 sur 2018 a coïncidé avec un environnement international compliqué, souligne le ministre. Pis, le baril du pétrole a atteint, il y a quelques jours, 80 dollars et le prix du dollar a renchéri. «Mais le président a souhaité que cette politique de soutien au consommateur soit maintenue. Ou bien on dépense l’ensemble de notre trésorerie et après demain on va faire face à des difficultés beaucoup plus graves, ou on avance avec méthode, avec prudence pour maintenir les bases actuelles de la stabilité économique. C’est cette option qui a été décidée», a indiqué Amadou Bâ.

Il rappellera, comme le Dg de la Comptabilité et du Trésor, que 2194 milliards ont été mobilisés en trésorerie, et 1510 milliards injectés dans l’économie, contre 1326 milliards durant la même période de l’année dernière. «Nous avons payé aux entreprises 652 milliards contre 475 milliards soit 177 milliards de plus. Nous avons payé au service de la dette 391milliards contre 382 milliards soit 8,5milliards de plus (…). En bourses, nous avons  payé 30 milliards, 15.4 milliards pour le Pudc, 37 milliards pour les collectivités locales. Ce sont des dépenses qui peuvent être prouvées et qui peuvent être vérifiées à la banque centrale. Donc, aujourd’hui l’économie sénégalaise se porte bien, par contre nous sommes dans un environnement incertain qui nous oblige à faire preuve de prudence. Parce qu’un budget est une programmation annuelle », a détaillé Amadou Ba.

 

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