Les enfants de cœur n’ont pas leur place dans le milieu des travailleuses du sexe. Celles-ci sont capables de se chamailler comme des chiffonnières pour défendre crânement leurs intérêts. Ainsi, deux amies exerçant le plus vieux métier du monde, se sont affrontées nuitamment dans la rue pour vendre leurs charmes à un client. La nommée Khadidiatou S. a été pourtant la première à avoir conclu avec l’adepte de sensations fortes.
Cette nuit-là, un client arrive au lieu de détente dénommé «Saf bar», sis sur la route des Niayes de Pikine rue 10, s’assoit seul sur une table et se met à siroter un verre de rafraîchissement. Habillée en tenue indécente, la prostituée Khadidiatou S. s’invite à la table du bonhomme, lui fait les yeux doux et lui propose ses services. Ainsi, tous les deux engagent une discussion autour du prix de la passe et tombent d’accord. Ils sortent alors du bar, affrètent un taxi et s’apprêtent à embarquer pour aller s’envoyer en l’air dans une chambre d’hôtel de la banlieue dakaroise.
Une autre travailleuse du sexe nommée Ndèye D. surgit de nulle part et s’engouffre en premier dans le taxi. Aussi, fait-elle semblant d’être avec le client et demande au chauffeur de taxi de démarrer. Sa collègue Khadidiatou intervient et tente de lui faire entendre raison. Elle affirme avoir déjà conclu un accord avec le client et demande gentiment à la fille de joie de descendre du taxi. En vain. Elle se plie au refus de son amie, se retire avec son partenaire sur le bas-côté de la chaussée et guette l’arrivée d’un autre taxi.

Elle traite sa collègue belle de nuit de voleuse de client et lui cause de graves blessures

Ndèye revient à la charge, trouve la belle de nuit sur place et l’abreuve de propos discourtois. Elle prend en filature celle-ci avec son client à bord d’un autre véhicule et se retrouve avec eux sur le parvis d’un hôtel de la place. L’insulte à la bouche, elle se met à taxer sa collègue de voleuse de client, entrave son chemin et refuse de lui céder le passage avec son client. Elle se jette alors sur elle et engage la bagarre. Elle hurle sa rage de vengeance, occasionne de graves blessures à son amie du milieu interlope, l’abandonne sur les lieux et disparait dans la nature.
Très mal en point, Khadidiatou se traîne jusque dans une structure sanitaire, se fait prodiguer des soins médicaux et se procure un certificat médical. Elle se rend au commissariat de police, avec le document médical attestant ses blessures corporelles et dépose une plainte pour coups et blessures volontaires contre sa collègue péripatéticienne Ndèye D. Les limiers convoquent la mise en cause et l’interrogent. Cette dernière verse dans des dénégations sans convaincre et charge son accusatrice. Elle soutient mordicus avoir été provoquée par la plaignante qui, selon elle, aurait profité de ses moments d’inattention pour lui chiper son client avec qui elle aurait conclu en premier un accord sur le prix d’une passe dans une chambre d’hôtel payée au frais du bonhomme. Elle a été malgré tout déférée au parquet pour coups et blessures volontaires.

 

 

 

 

 

Gawlo.net : Vieux Père Ndiaye (Les Echos)