TCHEY Adouna !

TCHEY Adouna !

Depuis mercredi 25 avril, au petit matin de cette journée de douleur et de consternation générale, marquée par la disparition de l’artiste de renommée internationale Habib FAYE, j’ai un peu perdu mes repères sur la scène de cette vie terrestre au point de rater mon slap. Le Sénégal perd l’un de ses plus valeureux fils, l’excellence faite en chair et os dans son domaine de prédilection. On a tout dit sur Habib FAYE, je ne peux donc prétendre ajouter une corde de trop à la guitare qui dégage les notes mélodieuses des éloges. Juste ceci : Habib incarnait l’élégance ! Sur la scène de spectacles, dans les studios, ou tout simplement dans ses rapports à autrui. Il n’y en avait pas deux pour égayer l’atmosphère de travail de ses collègues. C’était un Luis Funes à l’humour sarcastique qui savait raconter des anecdotes burlesques dont il détenait le secret de l’imagination. Avec Habib, par la force du sérieux dont il faisait preuve (aussi bien sur scène que dans la vie), il était difficile pour son vis à vis de se tenir raide. Il faisait rigoler même un sourd muet tellement sa propension à apporter un tant soit peu une lueur de joie de vivre était débordante. Il me collait invariablement le sobriquet de « SYNONYME » pour me rappeler l’histoire (merveilleusement inventée) de son oncle Babacar qui, vêtu de son joli (premier) costume, de retour de son premier boulot obtenu à presque l’âge de la retraite, taquinait le jeune Babacar du quartier en l’appelant ainsi (« Synonyme !). N’ayant pas fait d’études scolaires poussées, il avait fini de dévorer le dictionnaire quelques jours auparavant. Une manière à lui de prouver à ses neveux qu’il est fashion comme eux. Sur le plan musical, les témoignages de Youssou Ndour et Patrick Bruel font office de vérité prophétique. Son ami Eric Cerra (qui a fait un des films James Bond) m’a parlé du génie Habib il y a 22.ans à Gorée. Il y a deux choses pires que la mort : vivre sans Honneur et mourir sans raison. Lors de la visite surprise qu’il a effectuée chez moi, il me confit son envie d’intégrer une Institution publique comme le… Conseil économique, social et environnemental pour mettre en musique ses idées sur l’avenir qu’il rêve de donner à l’environnement artistique du pays pour un épanouissement encore plus éclatant des jeunes. Hélas ! C’est avec Habib que j’ai compris Merleau Ponty : l’art a la capacité de réveiller dans la vision ordinaire des puissantes dormantes, le secret de préexistence… Son immense et prodigieuse œuvre lui survivra. Chapeau bas SYNONYME !

 

 

 

Gawlo.net (Iboundoye Diender)

 

 

 

 

Tags: Faye, Habib

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