Mal barrés…

Mal barrés…

La loi est passée, comme prévu. La majorité a dicté sa loi. Au propre comme au figuré. C’est au détriment des Sénégalais. Il a fallu au pouvoir de gros moyens pour parvenir à sa fin. Une capitale en état de siège, des arrestations musclées de manifestants et d’opposants de premiers rangs, probables futurs candidats à la présidentielle de 2019, des pierres contre des matraques net des grenades lacrymogènes si féroces, les transports en commun quasi-inexistants. Bref, Dakar était ville morte hier. En ce temps-là, le président Macky Sall a préféré fuir… le débat pour aller chez Macron. Ce climat tendu risque de se prolonger encore. L’économie déjà moribonde va en prendre un sacré coup. Tout cela pour le bien de la démocratie ? Assurément non. Cette réforme constitutionnelle qui demande autant d’énergie et d’engouement cache mal des considérations purement politiciennes. La précipitation avec laquelle elle est drivée illustre autre chose qu’une volonté d’éliminer des candidatures fantaisistes. C’est très peu élégant de changer les règles du jeu de façon unilatérale. Ironie du sort, au même moment, le président  Kaboré du Bourkina reçoit le chef de l’opposition Zéphirin Diabré. Au menu : le projet de nouvelle Constitution et le droit de vote des Burkinabé de l’étranger. La vitrine sénégalaise se craquelle de jour en jour. Nous sommes mal barrés…

Gawlo.net : Buurba (Les Echos)

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