SEMINAIRE DES CADRES DE REWMI: Idrissa Seck dévoile son programme et séduit à travers un discours historique et une mise en scène originale

SEMINAIRE DES CADRES DE REWMI: Idrissa Seck dévoile son programme et séduit à travers un discours historique et une mise en scène originale

À Saly pour présider le séminaire des cadres de son parti, portant sur le programme qu’ils entendent proposer aux Sénégalais lors de la prochaine présidentielle, Idrissa Seck a déclamé un discours élogieux qui a séduit plus d’un. À travers une alternance discours-prestations et une mise en scène digne des shows des hommes politiques américains, le patron de Rewmi a tenu son auditoire en haleine pendant plus de deux tours d’horloge, à travers un texte fait d’un mélange de versets coraniques et de citations de grands penseurs de l’histoire.

Communicant hors-pair, Idrissa Seck est revenu sur le refus à la dernière minute de l’hôtel Palm Beach d’accueillir la manifestation des cadres de Rewmi. Et pour lui, c’est clair que Macky Sall est derrière ce sabotage. «Ils ont tenté d’empêcher cette réunion, ils ont exercé des pressions sur les réceptifs hôteliers de Saly, y compris sur des propriétaires de domiciles privés que nous avions réservés pour accueillir nos hôtes étrangers», a d’emblée déploré le patron de Rewmi qui, convoquant des versets du saint Coran, appelle Macky Sall à revenir à la raison.

Education : ni ministre ni Pm, mais un Conseil supérieur de l’éducation
Cette précision close, Idrissa Seck a insisté sur l’éducation dans son programme. Révélant que l’éducation est le secteur prioritaire de son programme, Idrissa Seck note qu’il ne la confierait ni à un ministre, ni à un Premier ministre. «Je mettrai en place un Conseil supérieur de l’éducation. Il sera présidé par le président de la République et inclura les meilleurs recteurs d’universités, les meilleurs proviseurs de lycées, les meilleurs directeurs de collèges, les meilleurs directeurs d’écoles élémentaires et les meilleurs directeurs d’écoles maternelles ou de cases des tout-petits», indique Idrissa Seck, précisant qu’il est inadmissible que quiconque soit mieux payé que les enseignants.

«L’ère d’une gestion juste, efficace et ambitieuse»
Sur le plan institutionnel, Idrissa Seck est revenu sur plusieurs points, dont sa décision de changer l’hymne national du Sénégal, mais aussi l’amélioration des conditions de vie des militaires. «Dans ma vision du Sénégal 2019-2024-2029, je souhaite inaugurer dans notre pays et en Afrique l’ère d’une gestion juste, efficace et ambitieuse», dit-il. Pour lui en effet, les notions de gouvernance sobre et vertueuse sont vagues. «Nous devons être justes, ne pas donner à la fourmi la part de l’éléphant. Parce que la fourmi sera écrasée et l’éléphant sera fâché et cassera la porcelaine», dit-il. Avant d’énumérer une liste de mesures qui seront prises à propos de l’armée. «J’augmenterai en conséquence les pensions des anciens combattants. J’augmenterai le traitement médical de nos blessés de guerre. Que nos soldats sachent que quand je passerai en revue les troupes et que mon regard croisera le leur et que je leur demanderai d’aller défendre l’honneur du Sénégal sur les théâtres d’opération, à l’intérieur du pays, du continent ou du reste du monde, je veillerai personnellement à ce qu’ils soient dans les conditions convenables», a déclaré le patron de Rewmi.

Les contrats pas catholiques seront regardés de très près…
Sur le plan économique, Idrissa Seck s’est dit favorable au Franc Cfa, tout en émettant des réserves sur certains points. Mais trois secteurs lui semblent clés sur l’économie. D’abord l’électricité. Sur ce point, l’ancien Premier ministre note : «je voudrais qu’en 2029 que plus personne au Sénégal ne demande de l’électricité et que l’accès soit universel». Ensuite, sur les contrats privés, il note qu’«il y a beaucoup de contrats qui se négocient et beaucoup de choses pas catholiques s’y passent. Macky Sall m’entend et il sait ce que je dis. D’abord, c’est dangereux d’allouer des Ppp à un même groupe qui fait un peu n’importe quoi. Et j’informe les groupes en question que je regarderai de très près ce qu’ils auront signé. Et si ça ne respecte pas les standards internationaux, il y aura un léger souci», dit-il. Et de terminer avec le secteur de l’économie numérique, notant qu’il va alléger les taxes vis à vis des acteurs du secteur.

«Les juges qui se détourneront de la loi dans le cadre leur travail devront être sanctionnés»
Sur la justice, Idrissa Seck a révélé qu’il a voulu projeter le discours du grand juge Kéba Mbaye sur l’éthique. Mais, regrette-t-il, Macky Sall a un peu gâché la fête en exerçant une pression sur le Palm Beach qui, à la dernière minute, a retiré la salle. «J’ai décidé de ne plus présider le Conseil supérieur de la magistrature, s’il advenait que les Sénégalais me confient la gestion du pays. Mais, je ne veux pas d’un gouvernement des juges. Je veux un Conseil supérieur de la magistrature dont la composition sera remaniée. Les juges ne seront plus seuls entre eux, parce que j’ai fait un constat. ’’En dehors d’une seule greffière, aucun magistrat n’est sanctionné. Il y a pourtant 32 dossiers de l’Ige ou des corps de contrôle… il faut associer à l’indépendance de la magistrature leur responsabilité… les juges qui se détourneront de la loi dans le cadre leur travail devront être sanctionnés», dit-il, ajoutant que le Conseil supérieur de la magistrature devra aussi inclure tous les autres corps de la justice, la société civile, les journalistes…

«Si Macky Sall viole la constitution du Sénégal, nous le dégagerons de là»
Concluant sa déclaration par de la politique, Idrissa Seck a bandé les muscles en direction de la manifestation que l’opposition compte organiser, au cas où le pouvoir maintenait son projet de loi sur le parrainage. «Je voudrais dire à Macky Sall que le 19 prochain…nous n’allons pas lui permettre de brûler notre pays. Je lui lance un appel solennel et je veux lancer le même appel solennel à la société civile, qui cherche à renouer les fils d’un dialogue rompu. Moi, en tout cas, je ne dialoguerai pas avec lui. Parce que sa parole n’est pas stable et il n’honore pas ses engagements. Le 19, nous sortirons tous, nombreux. Mais si Macky Sall viole la constitution du Sénégal, nous le dégagerons de là», assure-t-il.

Gawlo.net (Les Echos)

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