Emprunt obligataire : Senelec récolte plus de 3 milliards de F Cfa

Emprunt obligataire :  Senelec récolte plus de 3 milliards de F Cfa

 

Au total 3,250 milliards de francs Cfa ont été collectés par Senelec sur le marché financier de l’Union économique et monétaire ouest africaine (Uemoa) à la clôture de l’emprunt obligataire, lancé le 20 mars dernier. L’annonce a été faite à l’occasion d’une conférence de presse.

 

«Banaliser» la fourniture d’électricité au Sénégal, c’est l’objectif que s’est fixé le directeur général de la Senelec, Mouhamadou Makhtar Cissé, à travers son plan stratégique «Yessal Senelec 2020». «Elle doit être un service banalisé. Au-delà de la disponibilité de l’électricité pour les ménages et pour les entreprises, l’élément le plus déterminant pour nous, aujourd’hui, qui est notre perspective, c’est de faire de l’électricité un facteur de compétitivité de l’économie nationale», a-t-il dit, lors d’une conférence de presse à l’occasion de la cérémonie de clôture de l’emprunt obligataire de Senelec.

Ainsi, M. Cissé s’est lancé sur le marché financier à la recherche de fonds pour matérialiser cette vision. Et sa structure a bénéficié d’un emprunt obligataire d’une valeur de 38,250 milliards de francs Cfa. «L’opération a connu un franc succès et a été souscrite, dans les délais prévus, à hauteur de 127,5%, soit un montant global collecté de 38,250 milliards de francs Cfa pour un montant recherché de 30 milliards de francs», a expliqué Ababacar Diaw, directeur général de Impaxis Securities, lors de la présentation des résultats de Senelec.

En réalité, il s’agit d’un emprunt obligataire par appel public à l’épargne, une opportunité de placement qui offre une rémunération de 6,5% par an, net d’impôt pour les résidents au Sénégal. La durée de l’emprunt est de 7 ans dont 2 ans de différé. Pour les intérêts, M. Diaw a indiqué qu’ils sont payés semestriellement à partir de la date de jouissance des titres fixée au 27 mars 2018. «Le remboursement du capital sera aussi semestriel à raison du paiement du dixième du capital. Les deux membres du consortium (CGF Bourse et Impaxis Securities) ont  assuré 81,66% du placement de l’opération, soit une collecte totale de 31 234 950 000 sur 38,250 milliards», a-t-il fait savoir. Sur ce, le patron de Impaxis a précisé que les personnes physiques ont souscrit à l’opération pour un montant total de 3 377 50 000 francs, soit 8,83% du montant collecté. Ce qui signifie, selon le Dg de Senelec, que «les Sénégalais font confiance à Senelec pour lui prêter de l’argent». En effet, plus de 600 Sénégalais ont participé à cette opération et 78,09% des souscripteurs résident au Sénégal. Concernant les banques, elles y ont aussi souscrit à hauteur de 28,76%, soit 11 milliards de francs.

1 389,245 milliards de F Cfa de fonds levés en 2017

Il faut noter que le marché financier de l’Union économique et monétaire ouest africaine (Uemoa) a payé, sur la seule année 2017, des intérêts sur obligations, cotées et non-cotées, qui s’élèvent, selon la Dg de CGF Bourse, Marie Odile Sène Kantoussan, à un montant total de 158,115 milliards de francs Cfa, au bénéfice des investisseurs institutionnels et des particuliers. «Sans compter les dividendes distribués, à travers les 45 sociétés cotées sur notre bourse, pour un montant global de 101 milliards de francs Cfa sur la même année. C’est pour dire qu’au-delà des possibilités de lever des ressources longues pour financer des investissements,  notre marché financier offre de réelles opportunités en termes de rémunération de l’épargne et de diversification des placements. Au titre des émissions, un montant global de 1 389,245 milliards de F Cfa a été levé en 2017 sur notre marché financier», a-t-elle annoncé.

Ce pendant, malgré les efforts consentis pour la promotion du marché financier régional, aussi bien par les autorités du marché que par les intermédiaires commerciaux, Mme Kantoussan a relevé que les entreprises publiques comme privées «hésitent encore» à s’adresser à ce marché pour financer leurs investissements. «Et pourtant, un potentiel d’épargne de près de 500 milliards de francs Cfa est disponible dans la sous-région, chaque année, et ne demande qu’à être mobilisé. Les investisseurs étrangers s’intéressent de plus en plus à notre marché, compte tenu des rémunérations offertes», a-t-elle souligné. Avant d’ajouter que, depuis son démarrage en 1998, le marché financier régional a permis de mobiliser plus de 5 573 milliards de francs Cfa, rien que sur le segment des émissions obligataires. «Il s’avère que nos sociétés n’en profitent pas assez. Elles devraient s’intéresser davantage à ce type de financement, à l’image de Senelec qui offre de réels avantages en termes de mobilisation de ressources longues et de maîtrise de plans de financement des investissements», a préconisé la Dg de CGF Bourse

Les avancées du programme Scaling Solar Sénégal

La cérémonie de clôture de l’emprunt obligataire de Senelec a aussi été le moment saisi par son Dg pour revenir sur les autres projets de sa société. A cette occasion, Mouhamadou Makhtar Cissé s’est prononcé sur l’état d’avancement du programme Scaling Solar Sénégal pour le développement de projets d’énergie solaire photovoltaïque d’une capacité de 100 Mw initié par la Banque mondiale. «Trois sites avaient été choisis pour abriter les centrales, mais la Société financière internationale a finalement récusé le site de Niakhar. Ainsi, seuls les sites de Kael et Kahone sont retenus, pour le moment. Par ailleurs, Senelec est en train de rechercher d’autres sites pouvant remplacer Niakhar», renseigne M. Cissé. Ainsi, selon lui, grâce à l’adoption d’une approche en deux phases, le ministre du Pétrole et de l’Énergie a décidé de lancer un appel d’offre pour 60 Mw à installer à Kael et Kahone. Les offres finales des entreprises pré-qualifiées ont été ouvertes, le 12 mars 2018. A l’issue de l’évaluation des offres, le Groupement Engi-Meridiam est attributaire provisoire du marché avec les prix du Kwh suivants. Pour Kahone, c’est 24,9749 F Cfa/Kwh et Touba, 26,9749 F Cfa/Kwh.

Sur les attentes de ces ouvrages, le Dg de Senelec a signalé que le projet devra permettre la fourniture d’énergie propre à des coûts compétitifs et d’avoir une base de référence claire sur ces types de projet. «En outre, avec la baisse des coûts constatée, il serait intéressant de le combiner avec les solutions qui faciliteraient son intégration au réseau et sa compétition avec les autres types d’énergies considérés comme base. Une approche combinée avec le stockage de l’énergie pourrait s’avérer intéressante et même nécessaire. Et le Programme d’appui au secteur de l’électricité (Pase) est déjà saisi pour une étude», a-t-il dit.

Il faut cependant préciser que le promoteur n’aura pratiquement pas de frais significatifs de développement à supporter, puisque le site est mis à sa disposition gratuitement par Senelec et qu’il ne prendra pas non plus en charge le paiement des impenses.

Gawlo.net (source  Enquête)

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