Les mots d’un rebelle…

Les mots d’un rebelle…
Dans un pays en crise morale avancée, la démission sou-tendue sur des principes est rarement constatée. L’acte du Magistrat Ibrahima Dème est de haute portée. Abandonner les privilèges et des positions pour s’opposer à des injustices banalisées de jour en jour, n’est pas chose aisée. Et il est difficile de faire des reproches à cet homme qui a annoncé la couleur de la vertu depuis un an, en quittant de son propre gré, le Conseil Supérieur de la Magistrature pour dénoncer l’instrumentalisation de cette institution par l’exécutif », rappelle-t-il. Aujourd’hui, s’il montre le dos à la Magistrature, c’est une suite logique. La situation n’a pas changé. Pire elle s’est exacerbée : « la magistrature est de plus en plus fragilisée, voire malmenée de l’intérieur comme de l’extérieur. Il en est une crise sans précédent de la justice qui a perdu sa crédibilité et son autorité ». Jugement sans appel. Dès lors qu’il « démissionne d’une magistrature qui a démissionné », il lui est loisible de perdre son destin en main afin de faire face à cet état des choses exécrable. Car, à ses yeux, « la politique politicienne et les intérêts privés, ont désormais pris le dessus sur les intérêts supérieurs de la nation, de sorte que ceux qui décident ne savent pas et ceux qui savent ne décident pas ». Un engagement certain. Une tournure dans la carrière d’un homme qui ne veut plus rester silencieux face à « notre médiocre sort » et qui appelle impérativement à reprendre « notre destin en main » pour vaincre « les calculs et manœuvres des politiciens professionnels ». La lettre « Magistrat rebelle », libéré de toutes les contingences que lui imposait son statut, n’est pas improvisée. Elle a été bien mûrie par un homme qui a pris ses responsabilités et a bien mesuré la teneur de ses actes.

 

 

 

Gawlo.net : Buurba (La Cloche)

Categories: CHRONIQUE
Tags: Dème, Juge

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