Carles Puigdemont a été arrêté en Allemagne. La fin de la cavale du leader catalan va-t-elle mettre un coup d’arrêt au processus d’indépendance ?

Des milliers de manifestants sécessionnistes dans les rues de Barcelone – trois arrestations, une dizaine de blessés –, la sous-préfecture de Gérone peinte en jaune (couleur de la rébellion anti-Madrid) par des citoyens en colère, la demeure du juge en charge de l’affaire catalane taguée du mot « fasciste »… Ce sont quelques exemples des premières conséquences de l’arrestation de Carles Puigdemont, l’ancien chef de l’exécutif de Catalogne réfugié en Belgique depuis cinq mois pour éviter la prison espagnole. Le 1er octobre 2017, l’homme avait organisé un référendum d’autodétermination puni par Madrid avant, une semaine plus tard, de déclarer symboliquement l’indépendance de la « République de Catalogne ».

Ce dimanche, il a été détenu par des policiers allemands, à 35 kilomètres de la frontière danoise, alors qu’il se dirigeait en voiture jusqu’à Waterloo, en Belgique, sa résidence provisoire. Cet événement constitue certainement un tournant dans le « procès », nom donné au processus via lequel des leaders catalanistes entendent rompre avec l’Espagne et obtenir l’indépendance de façon unilatérale. Madrid, de son côté, estime que cette dynamique viole la Constitution et qu’elle doit être punie. En effet, même si les sécessionnistes ont emporté les législatives régionales de décembre dernier, leur camp est fortement affaibli : 22 leaders sont poursuivis par le Tribunal suprême, parmi lesquels 7 se trouvent réfugiés à l’étranger, et le restant en liberté conditionnelle ou en détention préventive. Pour l’heure, les candidats présentés pour prendre la tête de l’exécutif de Catalogne font partie de cette liste, ce qui explique qu’ils n’ont pu s’imposer.