Allemagne : et maintenant ? « Au travail ! »

Allemagne : et maintenant ? « Au travail ! »

Les sociaux-démocrates doivent se partager six maroquins ministériels. La guerre des rivalités fait rage. Le gouvernement sera nommé avant Pâques.

La voie est libre. Les sociaux-démocrates viennent de voter à une confortable majorité. Ils participeront à la prochaine grande coalition, la troisième, sous la houlette d’Angela Merkel. Jamais les négociations de coalition n’auront pris autant de temps en Allemagne. Un record. Après cinq mois de paralysie, de retournements d’alliances et de suspens, voilà Angela Merkel enfin sortie d’affaire. Elle aura un gouvernement avant Pâques et l’Allemagne sera de nouveau présente et capable d’agir sur la scène internationale.

Angela Merkel a déjà abattu ses cartes et désigné ses ministres : plus de jeunes, plus de femmes, plus de catholiques et plus de conservateurs. Sur les six ministres que le Contrat de coalition a réservés à l’Union CDU/CSU, il y a quatre nouveaux visages – dont Jens Spahn, 37 ans, le principal opposant à la chancelière au sein de la CDU, nommé à la Santé. En l’invitant au gouvernement, Angela Merkel le force à respecter la discipline ministérielle. Il ne pourra plus l’attaquer aussi librement. Horst Seehofer, 68 ans, le chef de la CSU bavaroise, hérite du super ministère de l’Intérieur responsable en particulier des questions d’immigration. Une grande concession de la part de la CDU.

Scholz, ministre des Finances

C’est au SPD maintenant de présenter son équipe. Une chose est sûre : Olaf Scholz, 59 ans, maire de Hambourg depuis 2011 et président par intérim du parti, sera le prochain ministre des Finances et le vice-chancelier de l’Allemagne. Un poste-clef occupé jusqu’à présent par Wolfgang Schäuble. Les sociaux-démocrates l’ont arraché à la CDU durant les négociations de coalition C’est leur plus beau butin. Reste cinq postes à pourvoir. Le nom des autres ministres devrait être annoncé cette semaine, au plus tard le 12 mars.

La grande inconnue : qui sera le prochain ministre des Affaires étrangères de l’Allemagne ? Martin Schulz, qui reluquait ce poste, s’est discrédité. Lui qui avait claironné au lendemain de la défaite électorale du SPD le 24 septembre que jamais il ne serait ministre au sein d’un gouvernement dirigé par Angela Merkel s’est dépêché de s’attribuer le portefeuille des Affaires étrangères. Avant que le tenant du titre, Sigmar Gabriel, ne crie à la trahison…

Le navrant spectacle des rivalités

Ce spectacle des rivalités internes ne contribue pas à redorer l’image déjà abîmée du SPD. Les chances de Sigmar Gabriel, très critiqué au sein de son parti, sont très minces. Mais d’autres noms circulent : Heiko Maas, 51 ans, ministre de la Justice par intérim. Katarina Barley, 49 ans, ministre du Travail par intérim et ancienne ministre de la Famille. Michael Roth, 47 ans, secrétaire d’État chargé des Affaires européennes au sein du gouvernement Merkel III. Il s’occupe tout particulièrement de la relation franco-allemande. Ou encore Thomas Oppermann, 63 ans, président du groupe SPD au Bundestag.

Seule certitude : Olaf Scholz a annoncé qu’il y aurait autant de femmes que d’hommes au sein de son équipe. Trois postes pour chaque sexe. Angela Merkel devra ensuite être élue chancelière par le Bundestag, le Parlement allemand. Date prévue pour cette session très particulière : le 14 mars. Ce sont les députés qui ont le dernier mot. Si Angela Merkel décroche la majorité absolue appelée « Majorité du chancelier », ce qui ne fait aucun doute, elle peut proposer le nom de l’ensemble de ses ministres au président allemand Frank- Walter Steinmeier. C’est lui qui nomme officiellement les ministres de la prochaine grande coalition.

355 voix pour la majorité absolue

Pour être élue à la majorité absolue, Angela Merkel a besoin de 355 voix. Or l’Union CDU/CSU et le SPD comptent à elles trois 399 sièges au Bundestag. Le vote est donc assuré. La chancelière et ses ministres prêteront ensuite serment devant le Bundestag. Une cérémonie solennelle, mais sobre. La chancelière s’engage sur la Constitution et sur la Bible à servir son pays. Et ensuite ? Les Allemands n’ont qu’un mot à la bouche depuis l’annonce du « Oui GroKo » du SPD : « Au travail ! »

Categories: INTERNATIONAL
Tags: Allemagne

About Author