Autre conséquence de la folie dépensière de nos deux présidents politiciens : le gonflement inquiétant de la masse salariale

Autre conséquence de la folie dépensière de nos deux présidents politiciens : le gonflement inquiétant de la masse salariale

n conclusion de ma précédente contribution (SenePlus le 5 février 2018, ‘’Walfadjri’’ et ‘’ Sud quotidien’’ du mardi 6 février 2018), je mettais l’accent sur une conséquence grave de la ‘’générosité’’ politicienne et irréfléchie du vieux président-politicien et de son digne successeur : le gonflement inquiétant de la masse salariale, qui fera l’objet de cette contribution. La prolifération des agences nationales que j’avais déjà annoncée, sera passée en revue dans la toute prochaine.

Donc, nos deux politiciens ne se sont jamais souciés des conséquences désastreuses de leur folle ‘’générosité’’, notamment sur la masse salariale. Pourtant, des alertes ont été toujours données et, parfois, par les gouvernants eux-mêmes, évidemment sans conviction. Déjà, lors du vote du budget (2014) du Ministère de la Fonction publique, du Travail, du Dialogue social et des Organisations professionnelles, le Ministre titulaire, M. Mansour Sy, attirait l’attention sur les risques de l’explosion de la Fonction publique, du fait d’une masse salariale que l’État avait de plus en plus de peine à supporter. Il rappelait que nous n’étions pas loin des critères de convergence de l’UEMOA (35%), puisque nous étions presque à 33%, malgré « les plus de 100 milliards de masse salariale qui sont camouflés dans le budget matériel », pour payer les volontaires et vacataires de l’Education. Nos gouvernants trichent donc sans état d’âme. Un secret de Polichinelle. Le courageux Ministre ajoutait que, « si l’Etat avait joué la carte de la transparence, nous serions à près de 42% ». Ce qui signifierait, précisait-il, qu’ « on prendrait des recettes (budgétaires) pour payer des salaires (…), et ce serait difficile pour les partenaires qui viendraient investir » (‘’Le Quotidien’’ du lundi 2 décembre 2013, page 3).

Le Ministre de l’Économie, des Finances et du Plan (Amadou Ba), n’était pas indifférent au gonflement continu de la masse salariale, du moins dans ses déclarations d’intention. A l’occasion du ‘’Mémorandum sur les réformes économiques pour 2015’’ (‘’L’AS’’ du mardi 2 septembre 2014, page 6), il déclarait : « En 2014, nous sommes 100 450 fonctionnaires, soit moins de 1% de la population. Les dépenses de salaires et autres indemnités que nous payons à l’ensemble des agents de L’état font 717 milliards pour 2014, soit 43,3% des recettes budgétaires de la même année (1548 milliards). Je pense que cela n’est pas soutenable ». Il lançait alors l’avertissement qu’on ne pouvait pas continuer de prendre près de la moitié des recettes de l’État pour les donner à moins de 1% de la population et vouloir l’émergence et une société solidaire. A côté de cette masse salariale considérée comme budgétivore, il pointait du doigt les subventions, notamment celles à la Senelec et à la Sar et avertit : « Aujourd’hui, les marges de manœuvre budgétaires sont très limitées. Après ces trois postes, il ne reste des recettes budgétaires que 559 milliards pour faire face aux besoins de fonctionnement de l’administration et aux besoins d’investissement dans tous les secteurs. » « Une telle situation, regrettait-il donc, ne permet pas une mise en œuvre du PSE ».

Cette situation est donc grave, pour des gens qui font du succès du PSE leur principal cheval de bataille. Ils devraient donc réagir rapidement par des mesures correctives vigoureuses. Nous verrons si leurs pratiques ultérieures sont en accord avec leurs déclarations d’intention. En tous les cas, le Ministre de l’Économie, des Finances et du Plan poursuit ses alertes, en pointant du doigt, cette fois-ci, le régime indemnitaire, un très gros morceau. Sans mettre de gants, il passe à l’offensive : «Ce qu’il y a, c’est qu’il faut revoir le régime indemnitaire. Ce n’est pas la masse salariale en soi qui pose problème, ce sont les indemnités. La masse salariale tourne autour de 492 milliards pour cette année (2014) ; ça veut dire qu’il y a des indemnités d’égal montant à peu près aux salaires. C’est sur les 300 milliards d’indemnités qu’il faut voir, discuter avec l’ensemble des acteurs sociaux, avoir une politique de réallocation de ces ressources.»

Les choses sont claires pour le lecteur qui s’attend à des mesures vigoureuses mais surtout justes, après ce diagnostic sans équivoque. Malheureusement, la suite fait déjà douter. Le Ministre pense que « la solidarité doit commencer par une nouvelle réorientation des ressources de l’État ». Nous sommes tous d’accord, mais il ajoute : « C’est pour cela que mes services ont procédé à un audit des dépenses de l’État tout en travaillant sur les recettes pour améliorer les capacités ». Un audit des dépenses de l’État ! Des audits, il y en a tellement pour la galerie ! Ici, le diagnostic est déjà très clair : « Il faut revoir le régime indemnitaire ». L’esquive du Ministre ne nous fera pas oublier nos attentes : des mesures correctives, notamment une réallocation juste et solidaire des ressources de l’État. En tout cas l’ancien Ministre de la Fonction publique, du Renouveau du Service public et de la Rationalisation des effectifs, Mme Viviane Bampassy, visait dans la même direction que nous et, apparemment, elle était sincère. Et peut-être, c’est ce qui allait la perdre.

Elle déclarait fermement : « Le Chef de l’État sait qu’il y a un problème et aujourd’hui, nous travaillons à trouver des solutions avec nos collègues des Finances pour avoir à terme, un nouveau système de rémunération des agents de l’État qui sera juste et équitable. » Un nouveau système de rémunération des agents de l’État, c’est cela que nous attendons. Et l’étude qui a été commanditée dans ce sens a déposé depuis plusieurs mois ses conclusions. Selon Mme Bampassy, cette étude menée sur le système de rémunération des agents de l’État a révélé « un système désarticulé et à plusieurs vitesses avec des disparités en termes de traitement salarial ». Elle poursuit : « La question des rémunérations est une question récurrente, et le ‘’Forum sur l’Administration’’ a été un débat ouvert entre le Président et les Directeurs nationaux sur plusieurs questions, notamment sur cette question cruciale. » Elle ne s’arrête pas en si bon chemin.

 

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Tags: Mody, Niang

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