La diplomatie de l’indignation n’effacera pas la politique de l’humiliation (par Ibrahima Silla)

La diplomatie de l’indignation n’effacera pas la politique de l’humiliation (par Ibrahima Silla)

La diplomatie de l’indignation n’effacera pas la politique de l’humiliation

Ibrahima Silla UGB Saint-Louis

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J’entends les gens s’indigner des propos de Donald Trump. Ce dernier vient en effet de récidiver dans sa déconsidération de l’Afrique et des Africains en les traitant de “pays de merde”, après que la firme H&M ait infligé un irrespectueux bras d’honneur à notre humanité.

 

C’est aujourd’hui le thème principal de l’actualité dans les médias américains qui analysent l’impact d’un tel délire présidentiel. Pestilentiel devrais-je dire. Hilary Clinton y voit la manifestation d’une ignorance et d’un racisme dangereux, à condamner avec force. L’impact ne dépassera pas le seuil de l’indignation de façade, en attendant la prochaine insulte.

 

Certains dirigeants africains osent aujourd’hui manifester leur indignation comme s’ils ignoraient le mépris de celui-ci à leur égard. N’est-ce pas le même Donald Trump qui disait en décembre 2016 qu’ : “Il n’y a pas de raccourci vers la maturité. L’Afrique doit être recolonisée”. Ce mépris n’a pas empêché nos dirigeants de chercher à s’afficher avec lui lors du dernier sommet de l’ONU. Certaines délégations ont été humiliées avec une telle violence qui défie la raison d’Etat et la diplomatie.

La moralité et l’utilité de tels propos se trouvent toutefois dans la lucidité et la maturité ainsi interpellées. Elles ne sont donc pas dans les convocations inutiles des ambassadeurs accrédités dans les pays africains.  Elles ne serviront à rien. Et ils le savent bien. Elles ne sont que l’expression d’une imitation inutile d’un pays africain à l’autre, pour faire semblant de s’indigner. Tous les jours, des actes, pires que ces insultes, sont pris par les mêmes dirigeants qui bradent les intérêts fondamentaux et supérieurs de leurs pays. Et d’ailleurs Donald Trump rend quelques services à nos pays en confisquant les biens volés aux Africains et investi en Amérique notamment sous forme de biens immobiliers. N’est-ce pas ce même Donald qui a décidé de mettre la main de la justice sur les biens de certains de nos dirigeants en Amérique ?  La justice américaine ne vient-elle pas de mettre la main sur la résidence de Yaya Jammeh aux USA ? Qu’elle soit félicitée, en espérant que la revente de cette résidence, ainsi que celles qui ne manqueront pas de l’être dans les années à venir soient rapatriés. Ils serviront à freiner la pauvreté, l’immigration clandestine, les maladies et les conflits en Afrique.

 

Nous ne devons pas nous en prendre qu’à Donald Trump, mais bien à nos dirigeants successifs qui n’ont cessé de trahir leurs pays. Ils ne sont que les seuls et exclusifs responsables de la déconsidération politique, diplomatique, géopolitique et humaine dont nous sommes l’objet.

 

Il est grand temps que la jeunesse africaine se réveille pour rebâtir le continent, les humanités, les civilités, les communautés et individualités sur de nouvelles bases éthiques. Quelqu’un m’a parlé de « rupture civilisationnelle ». J’y réfléchis sérieusement…

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