PROCEDURE EN DIFFAMATION CONTRE «LES ECHOS» : Me Baboucar Cissé descend en flammes Kabirou Mbodje

PROCEDURE EN DIFFAMATION CONTRE «LES ECHOS» : Me Baboucar Cissé descend en flammes Kabirou Mbodje
Poursuivis pour diffamation par le  patron de Wari, Cheikh Oumar Ndaw, Gérant et directeur de publication du journal «Les Echos» et le journaliste chroniqueur judiciaire Alassane Dramé, ont comparu, hier, devant la Chambre correctionnelle de Dakar. Les journalistes ont nié vigoureusement les faits. Dans cette affaire, Kabirou Mbodje reproche aux journalistes d’avoir écrit qu’il est poursuivi pour viol par sa nièce et que le dossier est pendant devant le juge d’instruction du deuxième cabinet. Il a réclamé 50 millions pour laver son honneur. De leur côté, les journalistes ont confirmé les propos tenus dans le journal. Ils ont aussi réclamé le même montant au patron de Wari, pour procédure abusive, via un de leurs avocats, Me Baboucar Cissé qui, avocat aussi de la nièce de Kabirou Mbodje, a juré que la procédure existe. Avant d’y aller de ses révélations.

Après plusieurs renvois, cette affaire de diffamation qui oppose le patron de Wari, Kabirou Mbodje et le journal «Les Echos», a été finalement appelée devant le Tribunal correctionnel de Dakar, hier. En effet, le sieur Kabirou Mbodje a initié une procédure en justice contre le Directeur de publication de «Les Echos» Cheikh Omar Ndaw et le journaliste chroniqueur judiciaire et chef du Desk Société de «Les Echos» Alassane Dramé, suite aux parutions de deux articles. L’un intitulé : «Kabirou Mbodje trainé en justice par sa propre nièce devant le juge du 2e cabinet pour tentative de viol» et l’autre «Accusation de viol contre le patron de Wari, les témoignages qui l’accablent». Selon le plaignant, c’est le fait d’écrire «traîné» en gros caractères qui porte atteinte à son honneur et qui le présente sous un aspect hideux. Pour lui, les journalistes font des commentaires lorsqu’ils parlent de «témoignages qui l’accablent». Hier, face au juge Magatte Diop, les deux journalistes ont contesté les faits de diffamation qu’on leur reproche. S‘expliquant, Cheikh Oumar Ndaw soutient : «comme cela se fait dans le cadre de l’exercice quotidien de notre profession, nous avons reçu un procès-verbal que nous avons exploité. Le Pv a été exploité sans commentaire. Et nous avons tenu à écrire une Note de l’éditeur pour expliquer pourquoi nous avons traité l’affaire quelques semaines après l’annonce de l’acquisition de Tigo par Kabirou Mbodje. Rien n’a été inventé dans l’article. On n’a pas estimé nécessaire de prendre sa version des faits, car elle figure dans le PV».

Me Babacar Camara : «les titres des articles valent des commentaires. Ils sont coupables»

Répondant à la question du Procureur Cheikh Faye, le patron du journal «Les Echos» d’ajouter que «sa profession ne lui permet pas de révéler sa source concernant le procès-verbal sur l’audition de Kabirou et des différentes parties, qui a transité entre ses mains».

Me Boubacar Wade : «Ils ont publié des informations légères. Ces faits portent atteinte à l’autorité de Kabirou et à son honneur»

En l’absence de leur client Kabirou Mbodje, ses avocats ont demandé de déclarer les journalistes coupables. Premier avocat de Kabirou Mbodj à prendre la parole, Me Boubacar Wade a tenté de démonter les accusations de viol contenues dans le Pv en s’appesantissant sur les déclarations de l’amie de la femme violée. Selon Me Boubacar Wade, la scène décrite est invraisemblable. «Voici d’éminents journalistes réunis en conseil de rédaction, tout en publiant les informations sans recueillir l’avis de Kabirou. Ils ne peuvent pas publier des informations aussi légères. Ces faits portent atteinte à l’autorité de Kabirou et à son honneur», a-t-il affirmé. Et à propos de la Note de l’éditeur, Me Wade estime que c’est encore plus pernicieux puisque, selon lui, elle a été écrite pour dire que Kabirou Mbodje est certes un capitaine d’industrie audacieux et prospère, «mais c’est un violeur».

Me Serigne Babacar Camara : «après la publication de l’article, Kabirou Mbodj a reçu une demande d’explication de grandes institutions financières»

Le deuxième avocat de Kabirou Mbodje, Me Serigne Babacar Camara, qui a réclamé 50.000.000 F pour le préjudice d’embrayer dans le même sens: «qui s’excuse, s’accuse et c’est ce que le rédacteur a fait dans l’article. Ils ont reconnu n’avoir pas recueilli l’avis de Kabirou. Mêmes les titres de l’article valent des commentaires. Les journalistes ont jugé Kabirou Mbodje dans cet article. Ils sont allés plus loin que le procureur de la République. Il y avait une intention de nuire, de détruire une entreprise pour le bien de la société. Derrière cet article, il y a des gens tapis dans l’ombre et qui tirent les ficelles. Les conséquences de cet article sont graves, car, après sa publication, les choses se sont retardées, bloquées pour Kabirou Mbodje qui était en train de négocier avec les banques. Et ces structures financières ont demandé des explications auprès de Kabirou Mbodje ainsi que sa famille», a souligné le conseil.

Me Baboucar Cissé,  avocat de la défense : «chers confrères, je vous regarde les yeux dans les yeux, cette affaire de viol existe bel et bien. Je suis l’avocat de sa nièce»

Le Procureur Cheikh Faye a requis une application de la loi. Du côté de la défense, le pool d’avocats dont Mes Boubacar Dramé, Baba Diop, Cheikh Ahmadou Ndiaye, Ndéné Ndiaye et Baboucar Cissé ont plaidé la relaxe pure et simple des prévenus. Me Baboucar Cissé a demandé 50.000.000 F pour procédure abusive. Devant la barre, il a levé un coin du voile  dans la procédure de viol dont Kabirou Mbodje est accusé. «Chers confrères, je vous regarde les yeux dans les yeux, cette affaire de viol dont Kabirou Mbodje est poursuivi est bel et bien avérée. C’est vrai ! Il est poursuivi et c’est moi qui suis l’avocat de la plaignante qui a subi un viol pur et non une tentative de viol, dans la nuit du 24 au 25 décembre 2014, dans la maison de Kabirou Mbodje. Dans un premier temps, il a nié connaître la fille, alors qu’elle est sa nièce. C’est ainsi que les agents lui ont demandé de faire la description des lieux qui correspondait au constat qu’ils ont faits une fois là-bas. Et le témoin, qui se trouve être le gardien de l’immeuble, a confirmé les avoir vus monter à l’étage».
Selon Me Baboucar Cissé, le juge du 2e cabinet avait voulu inculper Kabirou Mbodje, mais, puisqu’il l’avait déjà inculpé dans une affaire avec ses co-actionnaires de Wari, Yakham Lèye ne voulait pas que les gens pensent qu’il était en train de s’acharner sur lui. «C’est la raison pour laquelle il ne l’a pas inculpé», crie-t-il de rage.
Mieux, Me Baboucar Cissé a révélé hier à la barre qu’il y a une semaine, la fille violée lui a envoyé un courriel dans lequel elle se plaignait du traitement judiciaire de son cas. Et en tant qu’avocat, il a envoyé le document au juge Yakham Lèye avec une décharge qu’il a brandie au Tribunal. «J’ai transmis un mail au juge d’instruction du 2e cabinet Yakham Lèye pour que Kabirou Mbodje soit inculpé. C’est un cri du cœur que je lance. Kabirou Mbodje tente de noyer le poisson dans l’eau», a décrié Me Cissé.
Auparavant Me Boubacar Dramé, Baba Diop, Cheikh Ahmadou Ndiaye, Ndéné Ndiaye ont démonté point par point les plaidoiries des avocats de la partie civile et le contenu de la citation directe.
Délibéré le 25 janvier prochain.

Les Echos
APRÈS AVOIR ÉTÉ ACCUSE D’AVOIR VIOLE SA NIÈCE

Le patron de Wari, Kabirou Mbodj, réclame 50 millions au journal les Échos

Le patron de la société de transfert d’argent Wari a trainé à la barre les journalistes du quotidien «Les Échos» pour diffamation. Ces derniers avaient écrit que Kabirou Mbodji avait violé sa nièce du nom de Malaika Aïssata Cissokho. D’ailleurs, une plainte celle-ci est toujours pendante au niveau de la justice. Les avocats de Kabirou Mbodji ont réclamé la somme de 50 millions en guise de dommages et intérêts. Les journalistes ont plaidé non coupables et l’affaire a été mise en délibéré pour le 25 janvier prochain.

Le Témoin

Kabirou…

Si Kabirou Mbodj savait que l’avocat de sa supposée victime faisait partie de la défense des journalistes du canard « Les Echos », il n’aurait sûrement jamais introduit cette procédure de diffamation. Me Baboucar Cissé ne l’a pas raté. Pour défendre les journalistes Cheikh Oumar Ndao et Alassane Dramé, poursuivi de diffamation par le patron de Wari, l’avocat est passé de la diffamation au viol supposé que le partie civile aurait fait subir à sa nièce. Au canard qui avait expliqué que le dossier a été transmis au juge du 2e Cabinet d’instruction et que les témoins ont enfoncé le suspect, l’avocat donne raison. Et de quelle manière ! Il a tout déballé. 3C’est moi l’avocat de la dame en question. Les faits se sont déroulés durant Noël. C’était dans la nuit du 24 au 25 décembre 2015 à 3H du matin. Kabirou Mbodj a été entendu à la Dic (Division des investigations criminelles) et il avait nié avoir connu la victime qui est en réalité sa nièce. C’est pourquoi les enquêteurs avaient demandé à la plaignante de faire une description détaillée des lieux et cela correspondait à leur transport. »

… Mbodj

Il ajoute que les éléments du dossier ont été transmis au Parquet. « Bizarrement, on a mis le coude sur le dossier. Il a fallu que je fasse des démarches pour qu’il soit transmis devant le juge du 2e Cabinet. Le juge Yakham Lèye a repoussé l’inculpation pour ne pas donner l’impression d’un acharnement, car il venait de l’inculper dans le cadre de la procédure contre ses associés. » Et de cracher, mercredi, qu’il a transmis au magistrat instructeur un mail dans lequel la victime dénonce le non-avancement de sa procédure ainsi que l’impunité dont jouit son présumé violeur; « Le slip et la robe que portaient ma cliente sont sous scellés », rage-t-il encore. Interrompu par le juge, Magatte Diop, il glisse : « Il tente de noyer le poisson. C’est le dossier qui a été exhumé et non les faits. » Quant aux avocats de Kabirou Mbodj, ils ont fustigé le fait que les articles soient publiés après l’acquisition de la licence de la licence de Tigo par Wari. « Les faites datent de 2014, mais ils n’ont été publiés après qu’en 2017. Les journalistes auraient pu avoir la perspicacité de savoir qu’une tentative de viol ne peut pas se dérouler dans ces conditions, car la scène décrite paraît invraisemblable », peste Me Boubacar Wade. Pour lui : il fallait casser Kabirou Mbodj en disant : « Il a acheté Tigo, mais c’est un violeur. » « Ils ont porté atteinte à son honneur », a martelé la robe noire. Les deux parties réclament chacun 50  millions, le délibéré est pour le 25 janvier.

L’Obs

Tags: Kabirou, Mbdoje

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