QUAND LA PRESSE ESPAGNOLE EST FRIANDE DE SENSATIONNEL !

QUAND LA PRESSE ESPAGNOLE EST FRIANDE DE SENSATIONNEL !

Quelle Première Dame la presse espagnole voulait-elle peindre ? Celle habitant au Palais de la République ou celle logée dans leur subconscient ? Quelle condescendance  que cette vision  pour le moins paternaliste de cette presse espagnole ! Ces confrères qui ont accompagné la Reine d’Espagne lors de  sa dernière visite au Sénégal sont sans doute à leur première découverte du continent africain. En tout cas, le regard qu’ils portent  sur le  Sénégal est pour le moins suspect.  Ces hôtes  s’attendaient-ils à nous voir descendre d’un arbre pour accueillir leur Souveraine ?  Ou encore  espéraient-ils voir la Première Dame  du Sénégal à la coupée de l’avion de Doña Letizia  en haillons pour montrer notre misérabilisme ? La  visite de cette dernière  a beau être placée dans le cadre d’une coopération, cela ne devrait pas être une raison de montrer notre pauvreté – puisque c’est l’idée que se font ces confrères – . Le regard de cette presse peut se lire sous le prisme de la méconnaissance d’un pays qui se nomme Sénégal, terre du bon goût  et de l’élégance comme aurait dit Ousmane Socé Diop pour les habitants de l’ancienne capitale du Sénégal et surtout si l’on sait que la Première Dame du Sénégal est fille de cette ville si chantée et reconnue  par  l’élégance de ses habitants.  Et d’ailleurs, chez nous, il est de bon ton de se mettre en valeur pour accueill ir un hôte fut-il un pauvre. C’est signe de respect ! Mais quand dans le cadre d’une visite de coopération plutôt que de s’intéresser à la raison de la visite de leur Reine, la presse espagnole pousse le voyeurisme jusqu’à « déshabiller », comme l’a interprété une partie de la presse nationale, la Première Dame. Marième Faye Sall. C’est pour le moins  irrespectueux ! Si la reine a jugé utile de garder ses parures en diamant et autres pierres précieuses, elle ne devrait pas s’attendre à voir notre Première Dame en guenilles. Elle ne s’est pas habillée d’un luxe tapageur ni insolent. C’est  à la limite de son statut de Première Dame. Et aucun de ses concitoyens n’aurait voulu ou aimé  la voir porter de la pacotille. Elle s’était  habillée, comme elle le fait de façon quotidienne, à l’instar de la majeure partie des femmes de ce  pays, connues pour leur grâce et leur art de paraitre. Et on peut se demander comment, à travers des clichés, des confrères censés avoir l’habitude de vérifier l’info ont pu se faire une idée de la facture salée  de l’habillement de la Première Dame. Si ce n’est pas pour faire dans le sensationnel, ça lui ressemble beaucoup. L’idée n’était pas de livrer la bonne information, mais plutôt de faire du «  Fake news » et porter atteinte  à une honorable dame connue de sa population par sa discrétion, laquelle ne s’est jamais faite à l’idée que sa Première Dame fait dans l’exagération dans son port.  En tout cas, la presse espagnole a été la première  à nous faire découvrir son « luxe » comme si on était aveugles.  Bref,  les confrères cherchaient certainement du mordant pour leurs lecteurs. Ceci s’est révélé tellement vrai que de nigauds d’ opposants ont sauté sur l’occasion pour s’exercer à leur jeu favori : le lynchage médiatique systématique et sans raison. Et surtout  venant  d’une presse occidentale qui a l’habitude de nous regarder du haut de leur échelle, pensant que nous sommes toujours des  sauvages, on s’attendait à l’effet inverse. C’est-à-dire prendre la défense de la première Dame ! Et c’est troublant que depuis ce lynchage aucune structure de la Présidence  n’ait eu le réflexe de remettre à leur place cette presse  au goût pour le moins douteux.  A la presse espagnole, nous sommes tentés de leur dire que ce pays  est certes moins développé que l’Espagne, mais ses habitants n’ont jamais été, et cela depuis des siècles, dans le misérabilisme quand il s’agit de paraitre.  Pauvres, mais jamais en guenilles ! Et notre Première Dame nous a habitués de sa sobriété coutumière sans faire dans l’exagération. On l’aime comme elle est  et parait. Même si ça coûte des milliards, on souffrirait de la voir avec de la pacotille. Il faut que la presse occidentale cesse de considérer l’Afrique comme une terre conquise et sa population ne devant pas avoir accès au luxe. Quand on a les moyens, on ne peut pas se priver de s’en offrir et en faire aussi profiter à sa population que la Première Dame assiste selon ses moyens.

Tags: Dame, première

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