PROFIL / JUGE MAGUETTE DIOP : La nouvelle terreur des hommes politiques

PROFIL / JUGE MAGUETTE DIOP : La nouvelle terreur des hommes politiques
Après le dossier Karim Wade jugé et condamné par la Crei, voilà que pour la deuxième fois que Maguette Diop prend part à un procès politico-judiciaire impliquant un homme politique d’envergure en la personne du député-maire Khalifa Sall.

Il est passé de l’ombre à la lumière: Maguette Diop. Depuis que le dossier Khalifa Sall et Cie a été renvoyé devant la Deuxième Chambre correctionnelle du Tribunal de Grande instance de Dakar dont il est le président, son nom est sur toutes les lèvres. Les questions ne manquent pas sur le choix porté sur cette chambre et sur ce juge du siège qui n’est plus à présenter, puisque dans un passé récent,  il était juge-assesseur à la Cour de répression de l’enrichissement illicite (Crei) qui a eu à juger et condamner l’ancien ministre d’État Karim Wade à six ans de prison ferme et 138 milliards d’amende. C’était le 23 mars 2015 dernier. Pourquoi Maguette Diop et pas un autre juge parmi la centaine du siège? Mystère et boule gomme? Après la condamnation de Karim Wade à une très lourde peine, les partisans de Khalifa Sall ne sont pas rassuré sur le choix porté sur l’ancien président de la puissante Union des magistrats du Sénégal (Ums). Ces derniers ne manquent pas d’arguments. Loin s’en faut. Les partisans de Khalifa Sall reprochent au juge Maguette Diop, ni plus ni moins d’être un «proche du chef Macky Sall», celui-là qu’ils accusent de vouloir écarter leur leader de la course à la présidentielle de 2019.

A preuve, ils brossent un portrait-rebot qui se résume ainsi: «Proche du pouvoir. Un des bourreaux de Karim Wade à la Crei, ancien président du Tribunal de Grande instance de Fatick, ville du président de la République, ancien président de l’Ums et demandeur de voiture, avec insistance, au Président Macky Sall, pour les magistrats».

C’est dire donc qu’au delà des aspects techniques et juridiques, les défis qui attendent Maguette Diop et ses juges assesseurs dans ce procès politico-médiatique sont nombreux. Le moindre de ces défis est celui de «l’indépendance et de l’équité» des juges tout au long de l’audience. Déjà que le déclenchement de la procédure jusqu’au bouclage du dossier a été ponctué par des batailles de procédures et des recours incessants des avocats de la défense pour qui «les droits de Khalifa Sall n’ont pas été respectés».

Avec l’ouverture, ce jeudi 14 décembre du procès, on aura une idée très claire de la suite. En tout état de cause, celui qui aimait répéter lorsqu’il était président de l’Ums que: «le temps de la justice n’est pas le temps de la presse. Nous ne connaissons pas le buzz. Nous avons un chronogramme», sera sous les feux de l’actualité avant et après ce procès historique et hors norme au regard du nombre et de la qualité des prévenus. Dans une de ses interventions restée célèbre, le président de la Deuxième Chambre correctionnelle disait également que: «Le juge, il ne cherche pas à plaire à qui que ce soit. Il ne cherche pas non plus à nuire à qui que ce soit. Il applique la loi dans toute sa rigueur. Celui qui n’est pas d’accord, il peut user de voies de recours qui lui sont ouvertes».

Mamadou Sarr (L’As)

Categories: POLITIQUE, PORTRAIT

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