COULEUVRES

COULEUVRES

Marabouts et hommes politiques, même combat. C’est une lapalissade au Sénégal, du moins depuis la pacification du territoire par le colon français. De Blaise à Macky, en passant par Ngalandou, Lamine, Senghor, Diouf, Wade, le pouvoir politique s’est toujours appuyé sur le pouvoir maraboutique, pour faire avaler des couleuvres aux populations. On raconte que pour recruter des soldats afin d’aller défendre la métropole lors de la Grande Guerre, le premier député du Sénégal a eu l’appui des marabouts dont certains lui ont même donné leurs fils. Senghor, lors de la bourrasque de Mai 1968, a reçu le soutien des Khalifes des principales confréries dont les « ndigël » ont cassé la grève. C’est vrai que les citoyens, depuis 2000, se sont libérés de ce diktat des marabouts pour élire les dirigeants de leur choix, mais, jusqu’à présent, chefs religieux et dirigeants politiques jouent le jeu, chacun essayant de grappiller auprès de l’autre, qui des voix, qui des millions ou des infrastructures. En tout cas, la tournure que prennent les rapports de Macky d’une part, Wade d’autre part, avec les principales familles religieuses, porte les germes de fractures graves au sein de ces entités, au grand dam des talibés.

 

 

Waa Ji (Les Echos)

Categories: LE DOIGT SUR LA PLAIE

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