Youssou Doumbia alias Y Dee animateur radio et initiateur de Galsen Hip Hop Awards: « Ceux qui veulent participer doivent correspondre aux critères de sélection »

Youssou Doumbia alias Y Dee animateur radio et initiateur de Galsen Hip Hop Awards:  « Ceux qui veulent participer doivent correspondre aux critères de sélection »

Sa voix est connue de tous les amoureux de la musique rap au Sénégal à travers des émissions qu’il anime dans différentes radios e la place et dans les chaînes de télévision. Aujourd’hui, en plus de continuer dans carrière d’animateur à la radio Nfm, Youssou Doumbia plus connu sous le nom de Y Dee s’est mu en promoteur. Il est l’initiateur de Galsen Hip Hop Awards qui récompense les meilleurs artistes de l’année. La troisième édition va se dérouler au Théâtre Daniel Sorano le 10 décembre. Pour cette troisième édition, l’initiateur et ses partenaires comptent récompenser 10 catégories. Dans cet entretien, il est aussi revenu sur la vague de jeunes rappeurs qui ne cessent d’affoler le public.

Parlez nous de Galsen Hip Hop Awards ?

Galsen Hip Hop Awards est une cérémonie qu’on organise chaque année pour récompenser les meilleurs talents qui se sont distingués au courant de l’année selon des critères bien définis. La première édition a eu lieu en 2015 où nous avions récompensé six catégories, en 2016 huit et pour cette édition, on compte en donner dix. Il y aura également des trophées de reconnaissance qu’on va décerner à des personnes qui soutiennent le mouvement hip hop, mais qui ne sont pas forcément des rappeurs de même que des acteurs culturels et à des pionniers. Ces récompenses dépendront des secteurs du rap comme le DJ, les graffiti, les B-Boys. Pour ce côté, on choisit le groupe qui a été le plus présent dans l’année et qui a fait plus d’accomplissement. Par rapport aux prestations, on récompense le groupe qui va avoir l’opportunité d’aller représenter le Sénégal en Allemagne lors du Battle of the Year.

Comment est né Galsen Hip Hop Awards ?

Ce festival est né en fin 2013 début 2014, mais la première réalisation s’est faite en 2015, car à l’époque où nous l’avions créé n’était pas le moment idéal. J’étais à la RDV et on venait de perdre notre PDG, Ben Bass Diagne et il fallait que je me replie parce que c’est un événement qui nécessite une télévision qui pourra le passer en direct. Je me voyais vraiment mal en l’amenant ailleurs. C’est pourquoi nous avions préféré patienter le temps de monter le dossier, d’étudier certains critères et de mettre les choses en place. Ce qui nous a fait perdre presque un an et demi, mais en 2015 on était déjà prêt pour le lancement de la première édition. On a vu que cela a été un succès phénoménal de même que l’année dernière. Maintenant on voit que l’événement s’agrandit avec la troisième édition qu’on va organiser le 10 décembre au Théâtre National Daniel Sorano.

Vous vous êtes inspirés de qui exactement ? Au Sénégal on connaissait Hip Hop Awards de Safouane Pedra.

Je voue un maximum de respect à Safouane qui a pu organiser dix éditions de Hip Hop Awards de 2000 à 2010. Il ma sollicité pendant les sept dernières éditions comme animateur des concerts. On est restés quatre à cinq ans sans que cet événement ne soit organisé et les gens se sont mis à demander et à réclamer un événement de ce genre. De mon côté, je me voyais mal à l’aise d’évoluer dans un milieu où la compétition était inexistante. Chaque Mc peut venir faire ce qu’il veut, les rappeurs aussi la même chose. Sans être la police du Hip Hop, mais c’est bien de travailler dans un milieu où il y a la compétition, parce que cela motive, ouvre d’autres perspectives et encourage aussi. Le fait de les saluer et de les récompenser reste la meilleure chose à faire. Safouane Pendra je l’ai vu en janvier 2015 au centre Culturel Français où je lui ai annoncé que je veux mettre en place un événement qui va récompenser les meilleurs rappeurs du pays dans le cadre de Galsen Hip Hop Awards, il m’a donné sa bénédiction. Même si après il a dit quelque part que je lui ai volé son concept je pense que c’est incompréhensible. Pour moi, le Hip Hop Awards il est universel tout le monde l’organise en France comme aux Etats-Unis. Le contenu de ce qu’il faisait et celui que je fais n’est pas pareil. Je pense que tous les pionniers qui sont là depuis les années 90 ont certifié qu’il n’a jamais fait Galsen hip Hop comme l’appellation de mon événement. Je n’ai pas envie de le contredire, mais c’est que j’ai une façon de la faire. Si c’était un voleur je n’allais pas m’approcher de lui pour lui parler de mon projet. En tout les choses marchent bien pour nous, l’événement n’a que trois ans et la crédibilité ne se pose plus, car tout le monde le connaît maintenant. L’année prochaine cela va s’agrandir avec l’ouverture d’une brèche pour l’Afrique de l’Ouest. On a même cette année un sifer ouest africain qui concerne huit dont pays qui seront représentés par chaque Mc.

Comment se fait la sélection ?

Elle se fait sur des critères bien définis. C’est-à-dire tout produit sortant entre juin 2016 et juin 2017 et qui ont eu une forte présence radio et télé et dont les artistes ont beaucoup tourné. Pour les vidéos, nous allons nous limiter sur ce que nous disent des professionnels dans ce secteur comme Jellongal, Mass de Balck Diamonds. Ils vont se focaliser sur la qualité, l’originalité de l’image et le scénario. Le téléspectateur doit être en mesure de comprendre ce qui se dit dans le clip en mutant même le son. Dans la catégorie meilleur artiste de l’année, on se base sur la présence médiatique et le nombre de concerts c’est-à-dire avoir beaucoup tourné. Tout cela est coordonné par une équipe avec un comité, les membres du jury, les animateurs qui nous prodiguent des conseils et nous soutiennent. Pour les sélectionnés, il y a une quarantaine d’artistes issus de Dakar, mais aussi des régions. Sur ce point, j’informe que nous allons créer une catégorie spéciale pour les régions. Pour nous, c’est difficile de les faire participer avec des concurrents qui sont à Dakar. Ils sont souvent mécontents si c’est un artiste de Dakar qui gagne en disant que cela ne doit pas seulement se limiter à Dakar. Je leur dis toujours qu’il faut correspondre aux critères s’ils veulent participer. Cela se passe de cette manière partout au monde, on peut sortir le meilleur produit sans correspondre aux critères de l’organisation. Je donne juste l’exemple de Jay-Z qui a perdu des prix devant de grands noms du rap américain, mais cela n’a rien changé dans la suite de sa carrière. Il faut que les gars soient fair play et comprennent que c’est une manifestation qui est faite pour les artistes qu’ils soient nominés ou pas.

Comment se passe l’organisation de cet événement ?

Nous avons des partenaires qui nous soutiennent depuis toujours comme des opérateurs de téléphonies et de sociétés évoluant dans le secteur de la boisson. Des labels aussi nous permis d’enregistrer les vidéos et audios des sifer avec plus d’une trentaine de Mc. ils ont également filmé les témoignages d’artistes que nous avons prévus de récompenser cette année en surprise.

Actuellement comment se porte le mouvement hip hop sénégalais ?

Il se porte bien, du point de vue où, même si cela marche pour certains et non pour d’autres, en général le mouvement respire la bonne santé. Aujourd’hui, on a des opérateurs de téléphonie qui sollicitent des artistes en solo pour des campagnes de publicité et des tournées. On a de grands partenaires qui viennent soutenir des organisations culturelles et aider les artistes. Il y a des rappeurs qui ont la capacité de remplir une salle de spectacle, de sortir leurs propres produits et d’organiser leurs propres tournées. Nous avons également de grands labels qui cherchent à signer des artistes sénégalais. Il y a en a un venu de la France et qui s’est installé en Afrique, il a signé avec des artistes sénégalais qui sont même en compétition.

Comment parvenez-vous à comparer les deux générations, celles d’aujourd’hui de celle qui était là avec des rappeurs qui sont presque tous partis à l’étranger ?

Je respecte les deux et surtout je comprends le changement. La nouvelle génération a ce que l’ancienne n’avait pas. Par exemple aujourd’hui tu peux te créer ton homme studio sans problème, alors qu’à l’époque il n y avait pas cela. Il n’existait qu’une seule radio et pour y passer il fallait se bousculer. Dans les boîtes également c’était dur d’avoir cinq minutes de prestation. Aujourd’hui, ce sont ces mêmes personnes qui courent après les rappeurs de la nouvelle génération pour des prestations. Les choses ont changé parce que pour décrocher des artistes comme Dip Dund Guiss, Omzo Dollard, Canebass, Ahlou Brick ou autres il faut casquer fort Car, c’est une vague qui a occupé la mass qui arrive à mobiliser des foules dans les concerts et les réseaux sociaux. Pour être honnête, il y a des artistes de la nouvelle génération qui n’ont pas de repère. Quand j’entends parler de punchline, mais il faut qu’ils comprennent que le rap n’est pas seulement basé sur cela, il y a aussi des thèmes, de l’égrotip. C’est comme aux Etas-Unis où chaque quatre cinq ans il y a une vague qui arrive et il faut l’accepter ainsi.

Que pensez-vous des thèmes qui laissent souvent place à de l’égo trip ?

On peut en faire un d’une très bonne qualité avec un thème. Mais, il y a une manière de la faire en respectant la technique d’écriture, la diction, le flow, la façon de poser. Un Mc doit être authentique et ne pas suivre la mass.

Mamadou Dia

Categories: SHOW-BIZ SÉNÉGAL

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