LOI DE FINANCES 2018: Focus sur le budget «le plus social» de l’histoire du Sénégal

LOI DE FINANCES 2018: Focus sur le budget «le plus social» de l’histoire du Sénégal
A cheval sur le bilan à mi-parcours et la fin du mandat du chef de l’État Macky Sall, l’année 2018 devrait «purement et simplement» constituer «le marqueur social» du septennat, selon le gouvernement. De ce fait, l’État veut faire du budget «la plénitude des ambitions du chef de l’État» et ce pour améliorer «de manière significatif» le quotidien des Sénégalais.

Social. Ce mot de deux syllabes a inspiré et servi de boussole à l’État pour donner un cachet particulier au budget 2018, celui de l’année à venir. Un budget que les députés s’apprêtent à examiner avant de le voter dans son intégralité fin décembre prochain. Un budget résolument social même si les autres rubriques ne sont pas oubliées: 330,5 milliards de francs Cfa de dépenses d’investissement et 95,5 milliards de francs Cfa de dépenses de fonctionnement, pour un cumul de 426 milliards francs Cfa directement affectés à des priorités sociales, selon le document sur la Loi de finances rectificative (Lfr), en perspective de l’année 2018. Et on comprend alors pourquoi l’État se bombe le torse pour dire qu’il s’agit «ni plus ni moins» que du budget «le plus social» de l’histoire du Sénégal. Pas moins ! Et donc pour l’année à venir, explique-t-on, l’État entend promouvoir un modèle de protection dans lequel les prestations sont fournies aux individus qui en ont besoin, indépendamment de leur propre contribution au financement du système, conformément aux valeurs de solidarité et de partage qui cimentent la société sénégalaise.

De ce fait, l’année 2018 va être particulièrement marquée par la consolidation des acquis, le renforcement des programmes sociaux et le lancement de nouvelles initiatives dans les domaines de la santé, de l’éducation et de la formation professionnelle, de l’agriculture, de la pêche, de l’artisanat et du financement des Pme/Pmi, des femmes et des jeunes, annonce-t-on dans la Loi de finance. «Toutes ces nouvelles initiatives permettront d’amplifier la création d’emplois et la réduction de la pauvreté», selon le gouvernement. Ce qui fait que, pour l’année 2018, le dynamisme de l’économie sénégalaise devrait se renforcer avec un taux de croissance du Produit intérieur brut (Pib) réel projeté à 7% contre 6,8% en 2017.

Sans compter le fait que la gestion des finances publiques sera marquée par la poursuite de l’accroissement des recettes budgétaires, la maîtrise des dépenses de fonctionnement et l’amélioration de la qualité des dépenses d’investissement. Au total, en 2018, le déficit budgétaire devrait être réduit à 3,5% après 3,7% en 2017, annonce la Lfr. Dans le même sillage, la situation des échanges avec le reste du monde devrait être caractérisée par une réduction progressive du ratio «déficit du compte des transactions courantes sur PIB», qui se situerait à 5%, à la faveur notamment du développement des exportations, en liaison avec la montée en puissance des secteurs moteurs d’exportations retenus dans le Pse, explique-t-on encore dans le même document parvenu au Témoin. Un choix dicté moins par des considérations morales que par une rationalité économique se trouvant au cœur du Plan Sénégal émergent (Pse).

«Le budget le plus social de l’histoire du Sénégal»

Et d’après le gouvernement, la loi de finances 2018 -quatrième budget de mise en œuvre en année pleine du Pse- constitue un tournant décisif puisque l’amélioration du bien-être des citoyens est érigée «en super priorité». D’autant que le président de la République Macky Sall a voulu, après les budgets de redressement de la période 2012-2014, les budgets de consolidations de la période 2015-2017, que le budget 2018 ouvre un nouveau cycle: celui de la protection. «Mais loin de constituer un changement de paradigme, il faut plutôt voir dans cette volonté présidentielle l’impulsion d’un double mouvement: intensification et accélération», avertit-on.

Le Projet de loi de finances (Plf) pour l’année 2018 est arrêté à 3 709,10 milliards de francs Cfa, contre 3 360 milliards de francs Cfa pour la Loi de finances initiale 2017, soit une hausse de 349,2 milliards de francs Cfa en valeur absolue et 10,4% en valeur relative. Ces montants se répartissent entre le budget général et les comptes spéciaux du Trésor. Le budget général pour l’année 2018 passe à 3597,8 milliards de francs Cfa, soit un accroissement en valeur relative de 10,8% ou en valeur absolu de 349,7 milliards de francs Cfa par rapport à la loi de finances initiale 2017, dans laquelle le budget général était arrêté à 3248,1 milliards de francs Cfa.

Maguette Sèye (Le Témoin)

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