Macron au 20 heures : les critiques fusent à droite et à gauche

Macron au 20 heures : les critiques fusent à droite et à gauche

VIDÉO. Accoyer, Le Pen et Quatennens n’ont pas aimé sa prestation dimanche soir sur TF1 et LCI. Ils déplorent notamment un manque de clarté dans ses réformes.

Pendant plus d’une heure dimanche soir, Emmanuel Macron a justifié l’action de son gouvernement au cours de sa première interview télévisée depuis son arrivée au pouvoir. Sur TF1 et LCI, le président de la République s’est surtout attaché à faire de la pédagogie sur les décisions prises depuis son élection, sans faire de nouvelles grandes annonces. « Sur tout, je fais ce que je dis. C’est en effet assez nouveau, a-t-il affirmé. Je ne suis pas là pour gérer. Je suis là pour transformer la France et je continuerai au même rythme et avec la même détermination. »

Sa prestation a suscité de nombreux commentaires, sur le fond et sur la forme, de la part de ses opposants, dont la plupart ont dénoncé le manque de perspective de son action. À l’inverse, ses partisans ont vu une « une parole juste, claire et franche au service d’un projet ambitieux », comme l’a souligné le Premier ministre Édouard Philippe sur son compte Twitter. Ou encore « un discours clair, un cap ambitieux, une vision précise », comme le porte-parole du gouvernement Christophe Castaner.

« Laborieuse justification »

Du côté des Républicains, Bernard Accoyer, secrétaire général du parti, a regretté dans Le Parisien un « déséquilibre flagrant ». « Après cinq mois d’image et de communication, nous avons eu droit à une heure d’une laborieuse justification. En somme, Emmanuel Macron a beaucoup parlé de lui, moins des Français », a-t-il insisté. « Ce fut un exercice d’autosatisfaction bien loin des préoccupations quotidiennes des Français et du projet ambitieux dont la France a besoin », a souligné Bruno Retailleau, chef de file des sénateurs LR, dans un communiqué. « S’il a été clair sur la justification des mesures prises sur l’ISF, sur la formation, à l’inverse, il y a des réponses qui sont soit absentes, soit inquiétantes », a déclaré Bernard Accoyer sur RTL, citant la hausse de la CSG et la réforme de l’assurance chômage.

« Vulcain ! »

« On attendait Jupiter. Mais on a eu Vulcain ! Emmanuel Macron a passé plus de temps à expliquer son action qu’à tracer les perspectives d’avenir, a fustigé Jean-Christophe Cambadélis, ex-premier secrétaire du Parti socialiste, dans Le Parisien. Il est convaincu, mais est-il vraiment convaincant ? Je ne le crois pas. Car on a un président plus que jamais libéral. Et le pire, c’est qu’il l’assume ! » Interrogé lundi matin sur France 2, Olivier Faure, président du groupe Nouvelle Gauche à l’Assemblée, a « vu un président bulle, un président qui vit avec les siens et qui ne comprend visiblement pas ce que sont les Français et qui ne les connaît pas ».

La première interview télévisée d’Emmanuel Macron a aussi déçu Adrien Quatennens, député de La France insoumise. « C’était juste une clarification, notamment sur le fait qu’il est bien le président des riches. On a bien compris qu’il favorisait les intérêts d’une petite partie de la population, avec une vraie préférence pour le capital », a regretté dans Le Parisien ce proche de Jean-Luc Mélenchon.

« Tunnels technocratiques », selon Marine Le Pen

Dans un communiqué, Marine Le Pen, présidente du Front national, dit avoir vu « une intervention ponctuée de tunnels technocratiques du niveau d’un Premier ministre », et « un président qui tente laborieusement de s’expliquer sur son style jugé presque unanimement méprisant ou suffisant et sur des systèmes qui apparaissent au fil des explications comme des usines à gaz ». Pour Nicolas Dupont-Aignan, président de Debout de la France, l’entretien s’est résumé à « de la com, toujours de la com et encore de la com ». « Seule certitude qu’il en ressort, les réformes mises en place et à venir ne vont pas dans le sens de l’intérêt général », a ajouté le député.

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