DÉPENSES DE PERSONNEL: Pourquoi la masse salariale a augmenté de 47 milliards FCfa

DÉPENSES DE PERSONNEL: Pourquoi la masse salariale a augmenté de 47 milliards FCfa
Les agents de l’État ne se plaindront pas en 2018. En sus de l’augmentation du nombre du personnel, il est intégré dans le budget le paiement des heures supplémentaires, qui sera étendu à d’autres corps qui n’en bénéficiaient pas.

A ce rythme, l’État ne perdra jamais sa place de premier employeur du pays. On peut même dire que la logique de la puissance publique n’est pas celle des entreprises, surtout en matière de Personnel. Car, au moment où la tendance globale est à la maîtrise des charges de personnel, celles de l’État connaissent un accroissement inquiétant. Le document de la Loi de finances adopté hier en Conseil des ministres, révèle qu’en 2018, les projections faites sur la masse salariale des fonctionnaires et agents de l’État portent sur 633 milliards FCfa. Un poste qui a connu une hausse considérable par rapport à 2017, qui était de 586 milliards FCfa. Soit une augmentation de 47 milliards FCfa en  valeur absolue et 8% en valeur relative.

Les services du ministre des finances Amadou Bâ reconnaissent que « c’est une progression importante, voire spectaculaire, mais qui s’explique par des facteurs essentiels dans une société ». Par cette optique, l’État cherche à assurer d’une part la sécurité des citoyens, avec le recrutement annoncé de 3 990 agents supplémentaires de forces de défense et de sécurité.
D’autre part, l’impératif qui se reflète dans la masse salariale, c’est la justice sociale. Car, l’on explique dans le document produit par les services de Amadou Bâ que « la décision annoncée par le président de la république dans son discours à la Nation du 31 décembre 2015 d’intégrer chaque année dans cette masse salariale 10 000 professeurs et maîtres contractuels, constitue une mesure de haute justice sociale ». L’État fera mieux pour les enseignants, avec l’enveloppe de « 29,4 milliards FCfa pour le paiement des rappels d’intégration, de validation et d’avancement des enseignants ». La mise en œuvre de l’accord avec  les syndicats de la santé portant sur la revalorisation des indemnités pour heures supplémentaires dites « heures de nuit », est aussi une des causes explicatives de l’augmentation de la masse salariale en 2018.

Extension des heures supplémentaires dites « heure de nuit » à la Défense et la Justice

D’ailleurs, l’exposé des motifs de la Loi de finances 2018 soumis aux députés pour examen, révélé que « par souci de justice sociale, le Gouvernement a décidé d’étendre la même mesure aux Forces de défense et de sécurité, de même qu’au secteur de la Justice, dans la mesure où ces corps affrontent les même sujétions vespérales que leurs homologues de la santé ». Seulement, le document précise que ces privilèges n’ont pas d’indices négatives sur les procédures de gestion. Car, « malgré toutes ces mesures, l’État réussira en 2018 à maintenir le ratio masse salariale sur recettes fiscales sous la barre des 35% fixée par le Pacte de convergence, de stabilité et de solidarité de l’Uemoa. Ce ratio sera exactement de 29,1% », rassure-t-on.

La rémunération par l’État s’étend aussi à d’autres travailleurs à qui il est lié non pas par des contrats de travail au sens strict du terme, mais par des conventions (de droit privé) qui sont davantage proches, du point de vue de leur substance économique, de contrats de prestation de services. Il s’agit notamment des professeurs et maîtres contractuels, dont la rémunération globale en 2018 atteindra 67,3 milliards FCfa. « Le secteur de l’éducation n’est pas le seul d’ailleurs à employer des contractuels pour pallier les déficits d’agent de la fonction publiques: ils sont aussi très fréquents dans la Santé et l’Environnement », éclaire le document.

NDIAGA NDIAYE (L’Obs)

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